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samedi 19 novembre 2011

Boîte à outils : Créer des services innovants


Le 23e volume de la collection La boîte à outils des Presses de l'ENSSIB vient de paraître. Il propose des stratégies et un répertoire d'actions pour la création de services innovants en bibliothèque.
J'y ai apporté une modeste contribution avec un compte-rendu d'expérience sur le blog et la page Facebook de la BU Robert de Sorbon de Reims.
Bien évidemment, c'est ici même (notamment , et ) que les premiers partages d'expérience sur ces deux projets ont eu lieu. La rédaction est simplement plus différente et plus synthétique dans le livre.
A noter également pour la Champagne-Ardenne l'article d'Emilie Dauphin, Construire et évaluer les services avec les usagers, à propos de la médiathèque-centre social Yves Coppens de Signy-L'Abbaye.

Créer des services innovants : Stratégies et répertoire d’actions pour les bibliothèques, sous la direction de Marie-Christine Jacquinet (Presses de l'ENSSIB, 2011)

samedi 12 novembre 2011

Du nouveau pour les nouveautés


Ça fait un moment que je m'intéresse à la question de l'information du public sur nos nouvelles acquisitions. A Nancy, en 2007, nous avions lancé un blog de SéleCtion D Nouveautés, qui vit toujours, même s'il a changé de titre et d'adresse.
D'autres BU font des choses très bien et très élaborées dans ce domaine. Je ne me suis pas lancé dans une enquête approfondie, mais rien que ces derniers jours des collègues m'ont signalé la belle étagère de nos voisins picards et les listes thématiques de Franche-Comté avec déroulant des couvertures.
A Reims, il se trouve que notre grande et belle bibliothèque fonctionnelle a été organisée depuis son ouverture en 2006 sans présentoirs de livres. Il y a juste une ou des tables, suivant la période, où nous présentons les sélections thématiques réalisées très régulièrement.
Cet été, les collègues ont mis en place pour la première fois, au niveau de l'entrée dans les espaces de travail de la bibliothèque, un meuble de présentation d'une sélection de nouveautés, avec en amont une organisation pour sélectionner et renouveler ces documents au moment du catalogage et de l'équipement.
Du coup, ça m'a incité à lancer un projet qui me trottait depuis longtemps dans la tête, celui de produire  automatiquement une liste de nos nouvelles acquisitions (les solutions proposées "de série" avec notre OPAC Horizon Information Portal n'ont pas été retenues à Reims, probablement pour les mêmes raisons qu'à Nancy 1, c'est à dire leur manque d'ergonomie. On peut voir ce que ça donne à Nancy 2, avec l'obligation de naviguer dans le plan de classement, de cocher et de valider...).
Mon idée de départ était d'avoir une liste extraite de notre SIGB Horizon, qu'on pourrait mettre en ligne, sur une page fixe de notre blog par exemple, en l'agrémentant d'un fil RSS dédié. Nous y sommes parvenus, on va le voir et le schéma ci-dessus en donne une idée, au prix d'une succession de bricolages et de bidouillages.
  1. L'extraction des données du SIGB

    Une condition essentielle de mise en oeuvre du projet. Là, je me suis adressé à ma collègue magicienne du SIGB et je lui ai lancé un défi pour l'été. Pourrait-elle en interrogeant les entrailles de la bête produire chaque mois une liste de documents dont la notice a été créée depuis une date donnée et dont au moins un exemplaire est disponible pour le prêt, en récoltant à la fois des données concernant la notice bibliographique (Titre, Auteur, Editeur, Année de parution , et surtout le numéro interne de la notice, qui permet de construire l'URI et ainsi de faire un lien internet direct vers le document) et des données d'exemplaire (Localisation, Cote).
    Une magicienne c'est magique, et ma collègue est très vite parvenue au résultat espéré, en utilisant plusieurs requêtes successives et en tambouillant les résultats obtenus dans sa marmite-tableur. Par la suite, des réglages complémentaires ont été nécessaires quand nous nous sommes rendus compte que les exemplaires "en traitement" écartés d'une liste un mois donné passaient au travers des mailles du filet le mois suivant car la date de création de leur notice était trop ancienne.
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  2. La mise en ligne des informations
    Là, ce fut presque trop simple. En arrangeant bien le fichier du tableur avec les colonnes dans le bon ordre et la création par formule du lien vers la notice, un simple copier-coller en mode HTML depuis le tableur vers la nouvelle page statique de présentation des nouveautés sur le blog nous a permis d'aboutir au résultat escompté. Sauf que nous avons découvert avec horreur que, si nous collions plus de 100 nouveautés, Wordpress effaçait tout le contenu de la page. Il n'y aura donc que 100 nouveautés sur la page générale, et aussi 100 sur chacune des pages thématiques (il y en a rarement autant que ça d'acquises chaque mois pour un thème donné) car, au fil du projet, un collègue m'a judicieusement fait remarquer que, comme nous disposions de la localisation des nouveautés (un code collection lié à un pôle thématique), il nous était facile de produire des sous-listes par pôle. Ce qui fut fait et qui, au passage, nous a permis de répondre positivement à une demande émise par des enseignants lors d'un récent conseil de la documentation !
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  3. La création de flux RSS

    C'est là que les choses ont commencé à se compliquer. Alors que tout était en place un vendredi cet été au moment où je suis parti en week-end pour créer les flux RSS la semaine suivante avec Ponyfish (les tests avaient été positifs), j'ai reçu le dimanche un message du créateur de ce service indiquant que, pour diverses raisons, il allait l'arrêter définitivement le 15 août !
    Il a donc fallu que je me mette en quête d'un service de remplacement (gratuit). Après quelques tatonnements, mon choix s'est porté sur Dapper, un service du groupe Yahoo! qui propose de créer, à partir d'une source d'information définie, des flux d'information ou gadgets sous différents formats, du XML à l'email, en passant par le Google Gadget ou le module Netvibes, en incluant le RSS.
    Le service est performant, avec des possibilités de paramétrer finement son flux en entrée et en sortie. Seul bémol : les serveurs de Dapper semblent parfois un peu lents à répondre ce qui rend impatients les agrégateurs qui peuvent indiquer une erreur de lecture de contenu.
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  4. La publication des nouveautés sur la page Facebook de la BU
     

    Le projet original s'arrêtait à l'étape 3 : produire des listes de nouveautés et y associer des flux RSS. Mais quelque chose me gênait : ces flux allaient être dormants pendant un mois entier avant d'être alimentés d'un seul coup de plusieurs dizaines de nouveautés. Pas gênant pour quelqu'un qui veut juste être informé de l'ensemble de la liste des nouveautés mais pénible si on voulait, comme on en a l'habitude, afficher un extrait du flux avec un gadget Javascript (3 à 5 éléments) sur notre blog, notre page Facebook ou le site du SCD.
    Je n'ai pas trouvé (ni cherché) de solution pour le blog et le site, mais pour la page Facebook je me suis souvenu d'avoir remarqué que l'application RSS Graffiti que nous utilisons pour diffuser automatiquement nos billets de blog sur Facebook comporte un onglet permettant de programmer la publication du flux (nombre d'infos publiées à la fois, délais, enchaînement des infos...).
    Je me suis donc lancé dans l'aventure et en fait c'est ce qui a pris le plus de temps dans tout le projet ! Car pour ce faire, RSS Graffiti m'a demandé une date de publication pour chaque élément du flux, ce que nous n'avions évidemment pas inclus. Retour au tableur, donc, puis à la page du blog (la date y est incluse mais en blanc sur fond blanc car elle n'est pas significative), puis à Dapper pour ajouter un champ date au flux RSS, etc.
    Et malheureusement il y a eu un grand nombre d'allers-retours car RSS Graffiti refusait de publier les infos ou en publiait une puis s'arrêtait (nous avons choisi un rythme de publication d'une nouveauté par jour sur la page Facebook). Au bout du compte, ce sont les messages d'erreur de RSS Graffiti qui nous ont fait comprendre qu'l suffisait de respecter la norme de présentation des dates (du style Wed, 02 Nov 2011 00:00:36 GMT) pour que ça fonctionne...
Il est clair que l'échafaudage que nous avons construit est complexe et fragile, mais au bout du compte nous avons réalisé nos objectifs. Désormais, au prix d'environ 2h de travail par mois (1h pour les extractions du SIGB et 1h pour la mise en ligne des informations), nous proposons à nos usagers des listes thématiques de nouveautés, avec des flux RSS associés, et nous enrichissons chaque jour notre page Facebook avec la mise en valeur d'une nouveauté (sans l'image de la couverture, malheureusement).

    mercredi 6 juillet 2011

    En quête de services (Le retour)


    Dans le cadre de notre travail sur la qualité de l'accueil, nous avons mené ce printemps une enquête sur l'accueil et les services. La précédente enquête remontait à 2008.
    Les résultats de l'enquête sont présentés sur le site du SCD. On peut notamment consulter les données chiffrées de l'enquête et une analyse de ces résultats.
    La qualité de l'accueil est globalement jugée très positivement (à 91%) et même les horaires d'ouverture sont jugés adaptés (82 %). Evidemment, les propositions des 20% des répondants qui suggèrent une modification de ces horaires d'ouverture couvrent tout le spectre possible, les 24h d'une journée, les 7 jours de la semaine et les 365 jours de l'année.
    Ce qui m'a le plus surpris, c'est le classement prioritaire des huit propositions de nouveaux services que nous avions faites. Nous avions établi cette liste en la limitant à des services pour lesquels nous nous sentions prêts à entamer un travail si jamais ils étaient jugés prioritaires. Instinctivement, j'imaginais notamment que la proposition d'installer des distributeurs de boissons et/ou de friandises figurerait assez haut dans le classement. Eh bien je me trompais !
    Les deux propositions qui figurent largement en tête, à peu près à égalité, ont comme point commun de concerner les conditions de travail sur place dans les bibliothèques. D'un côté, il s'agirait de disposer de salles de travail en "silence absolu" (d'assez nombreuses remarques en commentaire libre pointaient par ailleurs le manque de silence dans les salles ou le manque d'action des bibliothécaires pour faire respecter la discipline) et de l'autre de pouvoir réserver en ligne les salles de travail en groupe. J'ai donné les résultats pour l'ensemble du SCD. Pour la bibliothèque Robert de Sorbon, où les sept salles de travail en groupe sont très utilisées et où il faut se déplacer au bureau de renseignement pour réserver une salle, cette proposition est arrivée largement en tête du classement.
    Nos premiers engagements suite à cette enquête ont été annoncés en même temps que les résultats.

    mercredi 15 juin 2011

    Bientôt, l'antivol intelligent ?


    L'autre jour, alors qu'elle s'apprêtait à passer le portique antivol pour entrer dans les salles de lecture de la bibliothèque, une étudiante a fait demi-tour et est venue m'interroger à l'accueil : "Monsieur, j'ai des livres à rendre aujourd'hui au plus tard mais j'ai encore besoin de travailler avec, ça ne va pas sonner ?".
    Sur le coup, j'ai été interloqué ! Je me suis vite repris et j'ai expliqué qu'il n'y avait aucun lien entre la situation des livres sur son compte et le fonctionnement de l'antivol, mais par la suite ça m'a donné à réfléchir.
    Etant donné que nous sommes équipés d'un rustique système antivol magnétique, on ne risque pas de lui demander de faire autre chose que de sonner au passage d'un portique, mais avec toutes les possibilités offertes par une technique comme le RFID, on pourrait imaginer, si les cartes d'abonnés sont équipées tout comme les livres d'étiquettes de radio-identification, et comme le suggérait presque la lectrice, des choses, utiles ou non, amusantes ou pas, en affichant des informations sur des écrans dans la bibliothèque ou en envoyant ces informations sur les téléphones portables, si cette donnée est renseignée dans le compte lecteur. Outre justement des rappels, comme certains le font déjà par SMS avec le SIGB, on pourrait envoyer des suggestions d'emprunt ou signaler des nouveautés à l'approche d'un rayon. Le genre de choses qui peut encore ressembler à de l'anticipation, mais l'imagination et la technique sont au pouvoir et avancent vite, même si c'est souvent au détriment de la protection des données personnelles. C'est encore ce que je me disais ce week-end au supermarché quand j'ai posé mon sac de fruits sur une balance et que la machine a instantanément repéré qu'il contenait des cerises, grâce à un système de reconnaissance des formes je suppose.

    jeudi 30 septembre 2010

    Le prêt d'auteurs, finalement !


    Il y a des témoins... C'est une idée qui m'était venue lors d'une discussion avec des collègues à l'ENSSIB, début 2005, plutôt sur le ton de la plaisanterie ou du truc un peu délirant qu'on déroule mais qui finit par aboutir à un tout suffisamment cohérent pour que je le mémorise et le mette de côté dans un coin de ma tête.
    Cette'idée était simple. Elle consistait à dire que les projets de résidences d'écrivains mis en place par les bibliothèques pourraient changer de dimension si, en plus des conférences-rencontres, des ateliers d'écriture et de la création d'oeuvres par les auteurs eux-mêmes, on proposait aux usagers de la bibliothèque d'emprunter l'auteur en résidence pour une durée déterminée. Ainsi, au lieu de ne proposer au prêt que le produit fini, le livre, la bibliothèque proposerait à ses lecteurs d'accéder au gisement de matière première, l'auteur.
    A priori, l'emprunteur pourrait retirer de cette expérience la richesse d'un échange avec un créateur, sur place à la bibliothèque, dans un café ou à son domicile. Quant à l'auteur, ces échanges ne pourraient que qu'enrichir son expérience et nourrir sa création.

    L'idée était là, mais je n'ai jamais eu ni l'occasion ni vraiment l'envie de la concrétiser.
    Peu de temps après, on a entendu parler ces "catalogues vivants" en Hollande et dans le nord de l'Europe (en Turquie aussi, dernièrement), avec du "prêt" de personnes représentatives de minorités. Un concept qui ne me plaît pas trop.
    Pour ma part, j'ai quand même utilisé l'analogie avec le prêt de documents pour le projet de prêt de bibliothécaires, mais depuis tout ce temps je guettais sans succès des informations sur la réalisation d'un projet de prêt d'auteurs.
    Cette information, elle est finalement arrivée il y a deux jours, via une alerte Google : ce samedi 2 octobre, à la Maison de la Cour de la Bellone de Bruxelles, dans le cadre de la Nuit Blanche, Pierre-Philippe Fouret et 7 avril production vont faire une proposition artistique présentée comme suit : "Il faut considérer le projet comme une bibliothèque classique sauf qu'au lieu de louer un livre, on loue un auteur vivant pour une durée d'une heure. Les visiteurs viennent dans un local aménagé en bibliothèque et parcours les différentes étagères. Ces étagères constituent la bibliothèque. Sur la partie supérieure de l'étagère on trouve une fiche descriptive de « l'œuvre » tel que le titre et un bref résumé de l'histoire ou de la performance et « l'auteur » qui se trouve intégré dans l'étagère même.". 
    L'analogie avec les bibliothèques est poussée à fond, puisque la bibliothèque a un catalogue, des informations pratiques sur l'accès et les horaires, une politique d'acquisitions et un règlement de prêt !

    Alors, c'est sûr, ce projet qui finit par sortir n'est pas inclus dans l'offre de service d'une bibliothèque, mais le plus étonnant c'est que ce projet artistique est intitulé Bibliothèque public !!
    Je ne sais pas  si c'est un hasard complet, mais pour le coup l'idée du titre de ce blog, Bibliothèque = Public, ne n'est venue qu'au moment de le lancer, début 2007, et sans aucun lien avec l'idée du prêt d'auteurs.

    mardi 22 juin 2010

    Des petits trous, des petits trous... Encore un service qui marche tout seul !



    Il y a des services, de base ou non, qui fonctionnent très bien et presque tout seul, parce qu'ils répondent à un vrai besoin tout simplement.
    On a déjà évoqué ici par exemple le renouvellement des emprunts à distance ou le prêt de casques audio. On peut désormais ajouter en ajouter un nouveau à cette liste, que  nous avons mis en place il y a quelques mois, c'est la perforatrice-relieuse.
    Je ne l'avais pas évoqué ici car je n'avais rien de spécial à en dire, mais il se trouve que cette proposition rencontre un succès qui va au-delà des attentes. Comment je le sais ? Pas besoin de statistiques élaborées ou d'enquête de satisfaction pour une fois : il me suffit de vider régulièrement le réceptacle qui contient les confettis issus des perforations pour constater que cette machine est utilisée assez intensivement, même ces jours-ci, alors que la fréquentation de la bibliothèque a déjà très fortement baissé.
    Ce sont les collègues de retour du voyage de l'ABF au Danemark qui, parmi pas mal d'autres impressions et idées glanées à cette occasion, ont insisté pour qu'on mette rapidement un tel appareil à la disposition du public. Comme on avait une demande d'un lecteur en ce sens, on en a profité pour y adjoindre une agrafeuse au long bras.
    J'avais déjà eu plusieurs demandes d'usagers pour savoir où ils pourraient relier leurs documents et j'étais donc assez convaincu de l'utilité d'une telle proposition, d'autant plus qu'il n'y a aucune boutique de reprographie à proximité du campus (la plus proche est au centre-ville, à une vingtaine de minutes en bus...). Simplement, comme à chaque fois ceux qui m'en faisaient la demande venaient d'imprimer leur document qu'ils devaient rendre dans les minutes suivantes, et comme nous avons décidé de ne pas fournir les accessoires de reliures (couvertures, baguettes), je me disais que le fait d'avoir une relieuse à disposition n'arrangerait pas forcément les affaires de ces étudiants. Certes, mais le nombre de sachets de confetti que j'ai préparés pour le prochain carnaval prouve que les retardataires chroniques sont une minorité et que j'ai sous-estimé la capacité des étudiants à s'organiser suffisamment pour venir à la bibliothèque avec le matériel adéquat pour relier leurs documents avant de les rendre !

    mardi 27 avril 2010

    La bibliothèque c'est l'agence postale municipale (et vice-versa)


    Qu'est-ce que c'est qu'une agence postale communale ? En caricaturant à peine, on pourrait dire que c'est ce qui reste d'un bureau de poste après que La Poste a menacé de le fermer et obtenu de la commune concernée qu'elle prenne en charge la gestion des locaux et même les frais de personnel afin d'assurer la pérennité d'un "point de contact avec le public".
    Ce n'est pas une première (J'ai trouvé au moins un autre exemple, celui de Saint-Jean de Belleville en Savoie), mais le journal local de la Champagne, L'Union, nous apprend que la commune marnaise de Sompuis vient d'adjoindre une activité de bibliothèque à celle de son agence postale.
    Ça parait dans la logique des choses : une fois l'investissement fait pour mettre en place une permanence de service public, il parait judicieux de le valoriser et d'accroître la fréquentation du service en diversifiant l'offre proposée.
    D'un point de vue lecture publique, le service qui vient d'être mis en place est à une bibliothèque ce qu'un relais-colis est à une agence postale, juste un lieu où l'on peut prendre ou déposer des livres. Mais il est déjà prévu de l'étoffer, en partenariat bien sûr avec la bibliothèque départementale de prêt, qui pourra notamment j'imagine proposer une formation au personnel concerné.
    Si j'avais une suggestion à faire, qui demanderait certes un minimum d'investissement complémentaire, ce serait de mettre à disposition sur place un ordinateur avec accès à internet libre et gratuit. Voilà qui permettrait à cette micro-bibliothèque rurale, comme à toutes les autres, d'être un point d'accès citoyen à l'information.

    mercredi 7 avril 2010

    Le SCD de Toulouse 1 a libéralisé son service public !


    Si on parlait d'argent ?, c'est le thème du prochain congrès de l'ABF mais c'est aussi un sujet éminemment d'actualité dans les universités, en cette période de crise économique et de bouleversement institutionnel avec la loi L.R.U. On vit plus globalement une époque formidable où, même s'il faut pincer pour le croire, on a institué une bourse au mérite (d'un montant de 800 € par an)  pour les lycéens ayant de très bons résultats au brevet des collèges. Inutile de préciser, l'expérience le prouve, que cette mesure désoriente les élèves méritants qui n'ont pas la "chance" d'être boursiers et met potentiellement une énorme pression sur les résultats scolaires des boursiers.
    Côté universités, nous avons cru avec quelques collègues à un poisson d'avril quand nous avons appris les mesures mises en place par l'université de Toulouse 1 pour ce qui concerne les droits de bibliothèque. Malheureusement, il ne s'agissait pas d'une blague.
    Côté droits d'inscriptions, on sait que l'UNEF dénonce depuis plusieurs années certaines pratiques qu'elle estime non réglementaires. Je précise tout de suite que ce qui est mis en place à Toulouse 1 semble rentrer "dans les clous" de la réglementation.
    Le taux des droits de scolarité dans les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche est fixé chaque année par un arrêté. Le dernier en date, celui du 30 juillet 2009, stipule que dans son article 19 que "La part du droit de scolarité affectée au service commun de documentation est fixée par le conseil d'administration de l'établissement. Elle ne peut être inférieure à 30 €.".
    "Ne peut être inférieure", j'en conclus donc qu'un CA d'université qui souhaiterait augmenter les recettes de son SCD à la source, directement auprès de ses usagers, est tout à fait en droit de fixer de manière générale un taux supérieur à 30 €, sachant que les boursiers sont exemptés du paiement des droits d'inscription (exemption compensée par l'Etat).
    Ce n'est pas la voie qui a été choisie par Toulouse 1, si l'on en croit le Règlement des bibliothèques, tel qu'il a été adopté par le Conseil de la documentation le 19 juin 2009 : "Les étudiants de l'Université Toulouse 1 Capitole qui s'acquittent des droits facultatifs de bibliothèque bénéficient de droits de prêt étendus."
    Voilà, au moins c'est concis et en une phrase tout est dit : pour augmenter les ressources propres du SCD il a été décidé de "marchandiser" l'un de ses services de base, celui du prêt de document, et de vendre des "droits de prêt". Ce n'est pas précisé dans le règlement, mais je suppose, vu l'esprit de la chose, que les boursiers ne sont pas dispensés du paiement de ces droits facultatifs. Dans le règlement, il est précisé par contre que "Les prestations et les tarifs sont présentés dans le Guide du lecteur de chaque bibliothèque.". J'ai consulté tous ces guides et je n'y ai pas trouvé les tarifs d'inscription. Seule la page concernant le prêt de la bibliothèque de la Manufacture des Tabacs précise que le tarif pour les lecteurs extérieurs particuliers et de 42 € et de 500 € pour les entreprises.
    En fait, comme à Sciences Po Toulouse, qui pratique également les frais facultatifs pour sa bibliothèque, je crois que la somme demandée aux étudiants de Toulouse 1 qui le souhaitent est de 15 €, en sus donc des 30 € de base. Et qu'est-ce qu'on leur propose aux étudiants contre cette somme de 15 € ? Et bien, puisque qu'on n'achète rien sans rien, on leur propose tout simplement d'augmenter leurs droits à emprunter des documents. Grosso modo, à la bibliothèque de l'Arsenal, qui doit être la principale du réseau, les possibilités d'emprunt de document sont au minimum doublées pour ceux qui se sont acquittés des droits facultattifs. Sachant que pour les étudiants en Licence le service de base ne permet d'emprunter que deux documents à la fois, on comprend que de nombreux étudiants soient tentés d' "acheter" la possibilité d'en emprunter trois de plus.
    Franchement, avec une telle conception du service public, je trouve dommage que l'université de Toulouse 1 s'arrête en si bon chemin. Si elle veut continuer de renforcer les ressources propres de son SCD, voici quelques pistes, cumulables entre elles bien sûr, qui pourraient très vite rapporter beaucoup :
    • La dernière édition parue des manuels et autre ouvrages de référence est réservée aux étudiants s'acquittant de 20 € supplémentaires.
    • Pour 50 € par an, un fauteuil Pullman vous est réservé à votre nom dans la bibliothèque de votre choix.
    • Pour 200 € par an, l'accès à une salle de travail en groupe de 4 places maximum est garanti, avec autorisation de téléphoner et de se restaurer sur place.
    • Pour 400 € par an, vous êtes pris en charge dès l'entrée de la bibliothèque par un moniteur étudiant, qui porte vos sacs, va chercher les documents pour vous dans la bibliothèque et enregistre vos prêts, sert le café et vous évente en cas de besoin (J'ai cru comprendre qu'il arrive qu'il fasse chaud à Toulouse). Cette mesure a en outre l'avantage de développer l'emploi étudiant, permettant ainsi aux étudiants financièrement moins aisés de financer leurs droits de bibliothèque.
    • Pour 600 €, mais à ce tarif-là je ne suis pas sûr qu'il y aura beaucoup de clients, un numéro de téléphone vous est communiqué qui vous permettra 7 jours sur 7 et 24h/24 de joindre un bibliothécaire qui vous fournira toutes les informations dont vous avez besoin et rédigera vos devoirs.

    mercredi 17 mars 2010

    Le bureau de renseignement en ligne : point de contact essentiel, mais relativement peu fréquenté


    Notre service de renseignement en ligne Question ? Réponse !  a été lancé début 2007. Il est géré avec QuestionPoint d'OCLC, en commun avec les universités de technologie de Troyes et de Compiègne.
    Sur 2008 et 2009, on  nous a posé entre 350 et 370 questions, soit un peu moins d'une par jour calendaire (à Nancy, en 2007 et 2008, c'était un peu moins, soit une question par jour ouvrable en moyenne).
    Presque toutes ces questions (97 %) sont adressées à l'université de Reims. Elles sont traitées en majorité par la section Droit-Lettres (de la moitié aux deux-tiers),15 à 30% des réponses étant assurées par le service informatique documentaire, qui assure la coordination globale de ce service.Les sections Santé et Sciences répondent respectivement à 7 et 13% des questions.
    Plus de 75% des questions émanent d'étudiants, 10 à 15% d'enseignants et 10% d'autres publics
    La typologie des questions suit grosso modo une répartition 40%-20%-20% : 40% pour les questions autour du prêt, 20 % pour l'accès à la documentation électronique et 20% pour les recherches documentaires.
    Dans les 20% restant, on en compte 8 pour les conditions d'accès à la bilbiothèque, y compris les horaires d'ouverture.
    A partir du moment où une bibliothèque est présente en ligne, il me semble qu'elle ne peut pas ne pas proposer à ses usagers un service d'accueil, leur permettant de poser des questions et d'obtenir des informations et des services. Techniquement, ça peut être le plus simple possible : un formulaire en ligne voire même une simple adresse de courier électronique. Il "suffit" derrière de suffisamment bien s'organiser pour répondre efficacement et rapidement. Mais au bout du compte, s'agissant d'un guichet d'accueil généraliste (le service de référence documentaire en ligne ne représente que 20% de l'activité), je trouve que ces services restent sous-utilisés. Peut-être que nous ne les mettons pas assez en avant, pourtant chez nous ce service a déjà droit à un traitement particulier : le formulaire est accessible depuis chacune des pages du portail du SCD, il est mis en valeur dans la colonne latérale du Quotidien de Robert, il est présenté dans toutes les formations à la recherche documentaire et il a même droit à un marque-page spécifique, disponible dans toutes nos bibliothèques.

    lundi 22 février 2010

    La politique d'ouverture (suite)


    Comme je l'expliquais il y a un peu plus de deux ans dans un premier billet consacré à cette question, le problème avec la question des horaires d'ouverture des bibliothèques c'est que, comme il s'agit d'un sujet apparemment simple, quantifiable, qui concerne les usagers (donc les électeurs), les politiques, quand ils s'en emparent, ont tendance à réduire la question des bibliothèques à ce seul aspect.
    Dernier exemple en date, le "plan pour le renouveau des bibliothèques universitaires", présenté par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche à Bobigny le 17 février 2010, qui, sur le site du ministère lui-même mais aussi dans l'article paru en avant-première dans le-quotidien-du-soir-qui-parait-la-veille-à-midi, est réduit à cette seule accroche : "Des bibliothèques universitaires ouvertes plus longtemps", alors que le-dit plan aborde également des sujets tels que la licence globale pour la documentation électronique, la politique documentaire universitaire et la gouvernance des BU et même la promotion de nouveaux modèles de bibliothèques centrés sur les usagers. Mais ce qui est mis en avant, très largement, c'est bien la seule question des horaires d'ouverture.

    L'inspiration pour cet aspect du plan vient d'en haut. Concernant les bibliothèques, lors de son discours à l'occasion des vœux au monde de l’éducation et de la recherche le 11 janvier 2010 le Président de la République a répété, quasiment mot pour mot à trois ans d'écart et au même endroit, le plateau de Saclay, ce que le ministre-candidat Nicolas Sarkozy avait dit le 18 janvier 2007. La seule différence étant, cela n'a pas été suffisamment souligné, que cette fois-ci son propos était clairement restreint aux campus d'excellence susceptibles de bénéficier de mesures financées par le "grand emprunt" :  "l’emprunt permettra de financer l’émergence de pôles d’excellence, qui rassembleront universités, grandes écoles et organismes de recherche dans des campus de rang mondial, capables de rivaliser avec les meilleures universités étrangères, et ayant les mêmes standards d’excellence, notamment sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur : des bibliothèques universitaires modernes, ouvertes 7 jours sur 7, oserai-je le dire, de 8h à 22h. Franchement, je n’ai pas l’intention que l’on fasse des bibliothèques universitaires pour qu’elles soient fermées le week-end et pas ouvertes le soir."

    Alors, que nous propose le plan de rénovation pour ce qui concerne les heures d'ouverure des BU ?
    Deux choses, principalement :

    Outre les approximations inhérentes à l'exercice de l'état des lieux proposé (2 erreurs rien que pour Reims, dont les 3 BU Santé, Sciences et Droit-Lettres ouvrent respectivement au maximum 68h, 64h et 64h), la première grande innovation est la création d'un label "NoctamBU" pour les BU ouvrant 65h et plus.
    Le moins qu'on puisse dire c'est que l'ambition ainsi affichée est des plus modestes puisqu'une BU ouvrant de 8h à 20h du lundi au vendredi et 5 heures le samedi pourra l'obtenir.
    A mon sens, si l'on voulait vraiment parler d'ouverture tard en soirée ou de nuit, il faudrait ouvrir jusqu'à 22h en semaine, ce qui porterait le minimum pour l'obtention du label à 75h hebdomadaires, à moins qu'on envisage de sacrifier l'ouverture matinale pour les lève-tôt en n'ouvrant les BU qu'à partir de 10h...
    L'information fournie par le dossier de presse n'est pas très détaillée sur les modalités envisagées pour le soutien aux universités souhaitant étendre les horaires d'ouverture mais une chose positive est à souligner : contrairement aux annonces précédentes, qui n'évoquaient que l'emploi étudiant comme levier pour développer les ouvertures tardives, il est question ici d'un arrêté permettant de rémunérer le personnel en heures supplémentaires pour aider à la mise en place des horaires allongés. Soit. Il y aussi les réorganisations internes et les nouvelles répartitions de charges de travail, mais à un moment ou un autre il faudra bien admettre qu'on ne pourra étendre durablement et de façon conséquente les heures d'ouverture des bibliothèques sans créer des postes supplémentaires, permettant par exemple de créer deux équipes d'accueil, une du matin et une du soir.

    L'autre grande annonce concerne la "première urgence" décrétée pour les vacances de Pâques, l'idée étant de débloquer des crédits pour permettre à toutes les universités qui le souhaiteront d’ouvrir pendant toutes les vacances de Pâques 2010 au moins deux de leurs bibliothèques jusqu’à 20h au minimum, ceci afin de "répondre le plus rapidement possible aux besoins des étudiants et de leur permettre, en vue de leurs examens de mai et juin prochains, de bénéficier des meilleures conditions de travail possible".
    Soit, encore. La justification de l'urgence spécifiquement pour les vacances de Pâques, on serait bien en peine de la trouver si on ne se souvenait pas que la ministre est aussi une candidate en campagne pour les élections régionales et que cette mesure a pour avantage de lui permettre d'annoncer quelque chose d'apparemment concret dès maintenant.
    Pour le reste, cette mesure spécifique, en imaginant qu'elle soit appliquée sur tous les campus de France ce printemps, permettrait au moins de démontrer par l'absurde que, même si les bibliothèques sont par excellence un lieu de services et de sociabilité au sein des universités, elles ne sauraient être en mesure de faire vivre à elles toutes seules un campus mort par ailleurs pour cause de vacances.

    Voyons ce qui s'est passé à Reims la semaine dernière, car nous étions justement au moment où la ministre annonçait son plan en pleines vacances universitaires d'hiver .
    Pour cette semaine, comme pour toutes ces périodes où la BU reste ouverte pendant les vacances (nous fermons 4 semaines en été et 2 en fin d'année), nous étions ouverts en "horaires réduits" de 13h à 18h.
    Voici les conditions dans lesquelles la BU était ouverte :
    - Services administratifs et pédagogiques du campus fermés
    - Restaurant universitaire fermé
    - Pas de navette entre les campus et avec la Présidence (C'est les vacances)
    - Nécessité d'enjamber la barrière du campus (ou de faire un long détour) pour prendre son poste le matin car la conciergerie est aussi en horaires réduits (pas toujours respectés par rapport à l'affichage)
    - Accès non déneigés le lundi (C'est les vacances, et il n'y a plus de sel)
    - Personnnel absent non remplacé (Un système de mutualisation propre à l'université permet de remplacer à mi-temps les agents absents plus de deux semaines... mais pas pendant les vacances car l'université est fermée...)
    Dans ces conditions, et accessoirement vu l'état de certains bâtiments, on n'est pas surpris qu'un Papa qui a commis l'erreur d'amener son fils "repérer" l'université un lundi matin de vacances ait laissé échapper un "C'est Beyrouth !"...
    Et avec tout ça, nous avons enregistré en tout et pour tout 1223 entrées en une semaine, soit de 201 à 284 entrées par jour...

    J'ai pris l'exemple des vacances car c'est sur cette période que le plan annonce une "urgence", mais la situation est à peu près équivalente pour les semaines où nous proposons une "ouverture étendue" de 19h à 20h du lundi au jeudi. Sachant qu'il n'y a pas de résidence à proximité du campus et que le RU est fermé le soir, nous avons compté l'automne dernier et en 2008/2009 une moyenne de 12 personnes présentes dans  les 6000 m² publics de notre bibliothèque avant la fermeture à 19h55 (de 2 à 34), contre 15 à 108 présentes à 19h, avec en tout et pour tout une moyenne de 17 nouvelles personnes entrant dans la bibliothèque entre 19 et 20h.

    Je sais bien qu'il s'agit d'un campus d'une "petite" université de province, mais quel que soit le lieu il me semble clair que la réflexion sur les services offerts aux étudiants le soir et pendant les vacances ne peut pas se focaliser uniquement sur les horaires des BU, mais doit porter également sur les autres services essentiels et sur la mise en place de permanences administratives et pédagogiques (A quand un prof tuteur de permanence par matière pour permettre aux éudiants de bénéficier des meilleures conditions de travail possible pendant les vacances ?).

    samedi 13 février 2010

    Qui a BU, BUra ?


    Sans rentrer dans le détail complet des statistiques de notre activité, je me suis penché sur celles de l'an passé, ou du dernier automne plutôt, sachant que les enseignements sur notre campus ont été suspendus pendant de nombreuses semaines au printemps dernier, ce qui a eu un impact certain sur l'activité de la bibliothèque et vide de sens toute comparaison avec l'année précédente.
    Par contre, en 2009 aussi bien qu'en 2008 (en 2007 le campus avait été bloqué à l'automne, par contre), nous avons fonctionné "normalement" de septembre à décembre, période qui correspond généralement à celle de notre plus forte activité.
    Ce qui saute aux yeux quand on regarde les chiffres dont nous disposons, c'est que les principaux indicateurs sont en baisse, y compris le nombre d'étudiants inscrits aux UFR du campus, mais de manière assez faible (7 116 étudiants, en baisse de 1,47%).
    A la limite, on ne sera pas surpris de constater que le nombre de prêts soit en baisse assez conséquente (59 659, soit 6,57% de moins qu'en 2008), pourtant il s'agit d'une tendance récente pour cette BU : en 2008, le nombre de prêts à l'automne était en augmentation de 4% par rapport à 2006, année de l'ouverture de la bibliothèque Robert de Sorbon. Il est à noter cependant que, parallèlement, l'utilisation de la documentation électronique n'augmente pas très significativement, bien que celle-ci soit de plus en plus facilement accessible depuis l'extérieur de l'université, via le bureau virtuel.
    Ce que je trouve encore plus inquiétant, c'est que le nombre d'entrées soit encore en plus forte chute que le nombre de prêts : de 7,88% par rapport à 2008 à 194 086 passages enregistrés au portillon.
    Certes, il manque à notre BU de véritables espaces de convivialité, mais avec un bâtiment récent et fonctionnel dans un campus en phase avancé de délabrement, un bon équipement informatique, des collections adaptées, des formations à la recherche documentaire systématiques et une volonté continue de développer une politique de services aux usagers, on pourrait penser qu'on est dans des conditions correctes pour déveloper l'activité de la BU. Ce n'est visiblement pas le cas.
    Il est clair que, si cette tendance se confirme, il faudra très vite engager des chantiers pour faire évoluer et repenser le rôle et les missions de la BU (la question ne se pose pas qu'à Reims, tout récemment, Alain se la posait aussi dans Ma(g) BU), à moins qu'on se contente à terme tout simplement d'envisager leur disparition.
    Sans céder à un effet de mode, le rapprochement que le concept de learning center induit entre enseignants, spécialistes des TICE, informaticiens et bibliothécaires me semble une idée très intéressante. Si les BU ont une spécificité, c'est bien qu'elles sont des établissements universitaires (pour enfoncer une porte ouverte), et pour se forger un avenir elles devront trouver un moyen de continuer à faire ce qu'elles ont toujours fait : fournir un service d'information aux étudiants (et aux enseignants) qui complète l'information dispensée en cours et permette la réussite des études.
    Hors, les besoins constatés concrètement aux postes d'information ici sont clairs : les étudiants ont besoin de places de travail individuelles, de salles de travail en groupe, d'un accès aux services informatiques, de documents de base pour les études (manuels, codes),  d'une assistance pour l'utilisation de l'informatique et les services en ligne, notamment ceux proposés par l'université et les enseignants. Une BU est tout à fait en mesure de fournir ces services, mais on peut fort bien imaginer que d'autres structures, plus souples et plus proches des activités pédagogiques, le fasse aussi bien ou mieux.

    On n'en est pas là, mais qui sait, peut-être qu'à ma grande surprise je finirai par essayer de me reconvertir dans l'enseignement. Après tout, l'université de Rouen propose depuis peu une unité transversale sur l'histoire du rock dans les années 70 intitulée, "Rock, culture et politique, les seventies" et, il y a quelques semaines, j'ai été tout surpris de constater que la biographie du groupe new wave Magazine que je venais d'acheter avait été éditée par les éditions de l'université de Northumbria. A Reims, on n'en est pas encore là, que ce soit au département d'Histoire ou aux Presses universitaires, mais je vais quand même continuer à potasser mon histoire du rock...

    mardi 26 janvier 2010

    Emprunter un bibliothécaire, c'est possible !


    Lancer des idées, faire des propositions, c'est bien. Tenter de les mettre en oeuvre, c'est mieux !
    Il y a presque un an, j'ai lancé l'idée d'acclimater par chez nous le prêt de bibliothécaires. Aujourd'hui, et pour une expérimentation d'un semestre, nous proposons sur notre campus d'emprunter un bibliothécaire.

    Les conditions de l'expérience sont les suivantes :

    • Le service est réservé au personnel universitaire du campus
    • Les possibilités d’emprunt sont de 1 bibliothécaire par trimestre pour une durée de 2h renouvelable 1h immédiatement après.
    • L'emprunt peut se faire sur place à la bibliothèque ou dans un bureau ou un laboratoire du campus Croix-Rouge.
    • Les bibliothécaires concernés sont les quatre conservateurs de la section, tous volontaires.
    • Les personnes intéressées rempliront un formulaire avant l'emprunt, pour évaluer la demande et déterminer quel bibliothécaire y répondra, et après, pour contribuer à l'évaluation de l'expérimentation.

    La limitation au personnel universitaire - les enseignants sont le principal public visé - existe pour s'assurer d'être en mesure de répondre rapidement aux éventuelles demandes. La période, janvier à juin, a été choisie car c'est celle où nous sommes le moins pris par les sessions de formation à la recherche documentaire.

    Pour ce qui me concerne, l'enjeu principal de l'expérimentation est de voir si une demande pour ce type de service existe ou non parmi le public visé.
    Si c'est non, on retentera peut-être le coup en 2011 en visant cette fois-ci les doctorants et autres étudiants avancés.
    Si c'est oui, espérons que le bilan de l'expérience permettra alors de vaincre les réticences d'un bon nombre de nos collègues.
    En effet, si la proposition a fait l'unanimité sans soulever de problème particulier au sein de l'équipe de direction du SCD, elle a suscité une forte opposition au sein de la section. Pas tant sur la prestation de service proposée que sur l'analogie faite avec le prêt de documents pour la définir et la dénommer. Bien qu'ils ne soient pas amenés à participer directement au service, plusieurs collègues ont exprimé leur crainte d'être assimilés par extension à des objets et de voir ainsi se renforcer le manque de considération qu'ont certains enseignants pour les bibliothécaires. Ils craignent également que cette dénomination, par son manque de sérieux, dégrade l'image de marque de la bibliothèque. Pour ma part, en optimiste qui tente de rester lucide, je suis persuadé que mettre en avant nos compétences et nous rendre utile en rendant un réel service ne peut qu'améliorer nos relations avec les usagers...

    jeudi 17 décembre 2009

    Les casques en pointe !

    Street art de No Cents, probablement. Photo de Pugsums. Licence Creative Commons By 2.0.
    Voilà un service improvisé, presque clandestin (il n'est listé ou affiché nulle part) et qui est en forte progression d'un seul coup cet automne !
    Une fois les services de base fournis, on se creuse parfois les méninges pour proposer au public des services complémentaires, éventuellement innovants. Parfois, il suffit d'écouter ses usagers et de proposer quelque chose de simple mais d'utile pour que ça marche ! C'est le cas chez nous pour le prêt de casques audios.
    Lorsque notre bibliothèque a ouvert en 2006, les postes de consultation Images et Son étaient équipée de casques, mais il n'y en avait pas sur les ordinateurs, pourtant pourvus de cartes multimédia. Personne n'y avait pensé, ou personne n'en avait vu le besoin, jusqu'à ce qu'un usager s'adresse un jour à un bureau de renseignement pour demander si on avait un casque à lui prêter.
    Suite à cela, il a été décidé de mettre deux casques audios à la disposition du public à l'une des banques de renseignement, que nous prêtons contre le dépôt de la carte d'étudiant.
    Je le disais, pas d'affichage, pas de promotion pour ce service, mais il a toujours bien fonctionné, les usagers se présentant d'eux-mêmes au poste de renseignement ou se passant le mot, avec un ou deux habitués empruntant un casque très régulièrement. Au bout d'un moment, on a même doublé l'offre de casques en en proposant deux de plus à l'autre banque de renseignement.
    Pour ma part, j'ai émis l'avis à mon arrivée l'an dernier que ce service avait peu vocation à se développer, sachant que la majorité des étudiants ont sur eux des écouteurs (de lecteur multimédia ou de téléphone) qu'ils peuvent brancher sur les ordinateurs.
    Je me trompais lourdement ! Depuis cet automne, le nombre de prêts de casques explose : 25 en septembre, mois de rentrée, mais 75 en octobre et 135 en novembre, sachant que ces statistiques sont basées sur le nombre de bordereaux que nous remplissons quand nous prêtons un casque (c'est donc un minimum, le bordereau n'étant pas systématiquement rempli) et que, certains après-midi, il nous est arrivé de refuser 4 ou 5 prêts en une heure par manque de casques.
    Pourquoi cet engouement soudain pour les casques ? Parce que le son est meilleur qu'avec les oreillettes, bien sûr, et parce que ces casques isolent mieux des bruits ambiants, certes. Mais surtout parce que l'utilisation des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation se développe et nombre d'étudiants, qui n'ont peut-être pas d'ordinateur personnel, utilisent les postes informatiques de la bibliothèque pour regarder des vidéos mises en ligne par des enseignants, écouter des podcasts, travailler sur des partitions (il y a une formation de musicologie sur le campus) ou faire un exercice de compréhension orale en langue étrangère.
    Moralité ? On peut se planter dans ses pronostics, et surtout, nous venons de rajouter un casque à notre collection !

    mardi 1 décembre 2009

    Une bibliothèque où le téléphone a naturellement sa place

    Photo : BBC
    Il y a quelques temps, j'avais suggéré de recycler les cabines téléphoniques de France Télécom pour en faire des cabines insonorisées facilitant l'usage du téléphone portable en bibliothèque.
    La BBC nous apprend, et Actualitté aussi via le Bouillon du Bibliobsédé, que le village de Westbury-sub-Mendip, dans le sud-oust de l'Angleterre a fait mieux.
    Dans le cadre d'une opération nationale, la mairie a racheté une des célèbres cabines téléphonique rouges anglaises pour la somme de 1 £ et en a fait la plus petite bibliothèque d'Angleterre, ce qui lui a valu de gagner un prix dans un concours national d'idées originales de réutilisation des cabines organisé par British Telecom, cette idée étant venue à une habitante, Janet Fisher, suite à l'arrêt du passage du bibliobus.
    L'appellation de bibliothèque est quelque peu usurpée, puisque, comme le nom du service The Book Exchange (La Bourse aux Livres) l'indique, la cabine est avant tout utilisée comme mobilier urbain pour héberger une opération de bookcrossing à l'échelle de la commune.

    Mais cependant, certains tropismes des bibliothèques sont déjà notables :
    • On a d'ores et déjà à faire à une médiathèque, car spontanément les gens ont déposé des CD et des DVD en plus des livres.
    • La question des heures d'ouverture de ce service public est mise en avant puisque, en l'absence de personnel et les questions de sécurisation des collections ne se posant, le service étant libre et ouvert à tous, la mairie peut fièrement annoncer 168 h d'ouverture hebdomadaire (Ne cherchez pas, ça fait 24h/24 7 jours/7).
    • Il y a d'ores et déjà une spécialisation des espaces en fonction du type de document et du public visé puisque, presque naturellement, le rayon du rez-de-chaussée est réservé aux documents jeunesse.
    • Comme dans toute bibliothèque, on trouve déjà au moins un panneau d'interdiction (de fumer dans ce cas précis, voir ci-dessous). J'en ai vu jusqu'à 6 ou 7 à l'entrée de certaines bibliothèques. Ça donne envie de pousser la porte !

    mercredi 25 novembre 2009

    Un changement d'époque


    En circulant dans les espaces publics de la bibliothèque, je me suis fait plusieurs fois la remarque depuis la dernière rentrée universitaire que le nombre d'ordinateurs portables utilisés par les étudiants à la bibliothèque était en forte progression.
    Pour en avoir le coeur net, hier après-midi mardi 24 novembre, jour de fréquentation marquée mais pas exceptionnel (un peu plus de 3500 entrées), j'ai fait le tour de la bibliothèque à 15h.

    Voici le résultat de ce comptage ponctuel :

    • 104 ordinateurs personnels de toutes tailles (y compris un nombre non négligeable de netbooks) étaient en utilisation dans les grandes salles, mais aussi dans les salles de travail en groupe et dans la salle d'actualité.


    • 61 des 110 ordinateurs légers de la bibliothèque (navigation sur internet, visionnage et impression des documents mais pas d'outils de bureautique) étaient en cours d'utilisation, soit un taux d'occupation de 55 %.


    • 39 des 42 ordinateurs de bureau de la bibliothèque effectivement disponibles pour le public (d'autres sont réservés en ce moment aux formations), proposant les outils standards de bureautique, étaient en cours d'utilisation, soit un taux d'occupation de 92 %.
    On constate donc que les usagers "doublent" le parc informatique pourtant conséquent mis à leur disposition, sans que celui-ci soit pour autant négligé (Il était utilisé globalement à 65 %).
    Cela en dit long sur l'évolution des pratiques numériques des étudiants, sachant que nous sommes sur un campus de droit, lettres, économie et sciences sociales et humaines.
    Ces appareils sont moins facilement repérables, mais je suis sûr que l'usage des smartphones est également en train de se développer, y compris pour se connecter à internet.

    Quelle leçon tirer de ces constatations (que je renouvellerai de temps en temps, mais un premier essai la semaine précédente avait donné un nombre équivalent, 109, d'ordinateurs personnels utilisés dans la bibliothèque) ? Peut-être tout simplement que la possibilité d'utiliser l'informatique communicante fait bien partie des services de base que doit fournir une bibliothèque. Cela comprend la mise à disposition de postes informatiques, mais aussi la possibilité de brancher ses propres appareils et de se connecter à Internet.

    Concernant les branchements électriques, je pense qu'au moment de la rédaction du cahier des charges dans la première moitié des années 2000 et de l'ouverture de la bibliothèque en 2006, les collègues pensaient avoir vu très large en faisant installer 8 prises électriques pour le public sur la moitié des tables de 12 places de nos grandes salles. On va peut-être prochainement constater que ce n'était pas suffisant : les tables avec prises sont les premières occupées, et quand on voit des batteries de 5 à 7 portables branchés sur une même table on se dit qu'on risque d'atteindre rapidement un seuil de saturation.

    Par contre, ce qui n'est pas saturé, presque à mon étonnement, c'est le réseau wi-fi de l'université. Le nombre de bornes installées dans la bibliothèque n'est pas exceptionnel (4 je crois), et bien entendu tous les usagers qui utilisent un ordinateur ne sont pas constamment en train d'utiliser Internet, mais quand même, il est bon de constater qu'aucun problème d'accès au réseau ne vient à nos oreilles, même quand celui-ci est très sollicité.

    L'autocollant qui indique depuis peu les endroits où des prises électriques sont cachées sous les trappes des tables en salle.

    dimanche 1 novembre 2009

    Projet de ville numérique : Elle est où la bibliothèque ?


    En plus de faire le bilan de son action au bout d'un an, en mettant en avant l'image de la BU, la ville de Reims s'est lancée à l'échelle de l'agglomération dans un exercice de prospective destiné à élaborer un projet pour Reims 2020. Trois équipes d'urbanistes planchent sur ce projet, qui comprend une phase de concertation publique avec notamment l'organisation de rencontres-débats.
    Quatre de ces rencontres-débats se sont tenues en juin-juillet à la médiathèque centrale de Reims et il est bien dommage que la prochaine, prévue le 13 novembre, ait lieu ailleurs.
    En effet, le thème de ce prochain rendez-vous est La ville numérique : comment favoriser un accès démocratisé de chaque citoyen en apportant de nouveaux services ?.
    Sur l'invitation, ce titre est complété par l'argumentaire suivant :
    "Internet, wifi, haut débit : aujourd'hui ne pas accéder aux TIC est un véritable handicap social. Comment la métropole de demain peut-elle assurer à chaque citoyen un accès à ces outils du quotidien ? Comment faire avancer la démocratisation de l'accès à ce nouveau type de service urbain ? Comment lutter contre la "fracture numérique" ?".
    Certes, en réponse à ces interrogations il faut aborder la question des infrastructures et de nombreux aspects sociaux et économiques. Mais pour ma part, quand je lis ça, il ne me vient qu'une chose à l'esprit : le réseau de bibliothèques est là pour ça, à condition qu'il puisse s'adapter à temps à ces défis.
    Je vois là, tracé en creux, le projet d'une bibliothèque des années 2010, la bibliothèque citoyenne point d'accès à la société de l'information, celle que j'évoquais en anticipation des municipales de 2020.
    Ce qui m'inquiète un peu, c'est que la liste des intervenants pressentis n'indique aucunement que les organisateurs ont eux aussi pensé aux bibliothèques en le préparant...
    De toute façon, au-delà de l'exemple spécifique de Reims, les premiers à convaincre sont peut-être les bibliothécaires eux-mêmes.
    Oui, une bibliothèque c'est un lieu, des livres, des revues, de l'audiovisuel avec plein de services autour. Mais je vois mal aujourd'hui comment un projet de création de bibliothèque pourrait ne pas mettre en avant une offre numérique avec plein d'ordinateurs pour le public et du personnel pour l'accompagner et le former. Il est bien temps de rattraper l'erreur du tournant des années 2000, qui a vu les bibliothèques confier majoritairement ces missions à des agents non titulaires (en emploi-jeune le plus souvent) affectés à des "espaces" pas toujours intégrés au fonctionnement "normal" de la bibliothèque.
    Ces missions sont désormais au coeur du rôle des bibliothécaires. A eux de de s'organiser et de se former en conséquence, si nécessaire, pour les assurer. Sinon, gageons que d'autre services publics sauront les supplanter.

    samedi 17 octobre 2009

    Prise de conscience solennelle



    MOIS NATIONAL DE LA PRISE EN COMPTE DE LA MAITRISE DE L'INFORMATION, 2009

    PAR LE PRESIDENT DES ETATS-UNIS D'AMERIQUE

    UNE PROCLAMATION

    Chaque jour, nous sommes inondés de quantités énormes d'information. Un cycle continu d'actualités et des milliers de chaînes de télévision et de stations de radio dans le monde entier qui bousculent notre perception établie de longue date de la gestion de l'information. Plutôt que de simplement posséder l'information, nous devons également développer les compétences nécessaires pour acquérir, classer et évaluer l'information dans n'importe quelle situation. Ce nouveau type d'alphabétisation demande également des compétences en technologies de la communication, y compris les ordinateurs et les appareils mobiles qui peuvent faciliter nos prises de décision au quotidien. Le mois national de la prise en compte de la maîtrise de l'information souligne le besoin pour tous les américains de posséder les compétences nécessaires pour se diriger efficacement à l'Ere de l'Information.
    Même si nous savons comment trouver l'information dont nous avons besoin, nous devons aussi savoir comment l'évaluer. Ces dix dernières années, nous avons vu émerger une crise de l'authenticité. Nous vivons maintenant dans un monde où tout un chacun peut publier une opinion ou un point de vue, vrai ou non, et voir l'écho de cette opinion amplifié par le marché de l'information. Simultanément, les Américains ont un accès sans précédent aux sources d'information diverses et indépendantes, ainsi qu'aux institutions telles que les bibliothèques et les universités, qui aident à distinguer la vérité de la fiction et le signal du bruit.
    Les éducateurs de Notre Nation et les établissements d'enseignement doivent être conscients de - et s'ajuster à - ces nouvelles réalités. En plus des compétences de base, lecture, écriture, arithmétique, il est tout aussi important que les élèves soient dotés des outils nécessaires pour profiter de l'information à leur disposition. La capacité de chercher, trouver et décoder l'information peut être utile pour un nombre incalculable de décisions dans la vie, qu'elles relèvent des finances, de la santé, de l'éducation ou de la technique.
    Ce mois-ci, nous nous consacrons à augmenter la prise de conscience de la maîtrise de l'information afin que tous les citoyens comprennent son importance vitale. Une citoyenneté informée et éduquée est essentielle au fonctionnement de notre société démocratique moderne, et j'encourage les établissements pédagogiques et sociaux dans tout le pays à aider les Américains à trouver et évaluer l'information qu'ils recherchent, sous toutes ses formes.
    AINSI DONC, MOI, BARACK OBAMA, Président des Etats-Unis d'Amérique, en vertu de l'autorité qui m'est conférée par la Constitution et les lois des Etats-Unis, je proclame Octobre 2009 le Mois National de la Prise en Compte de la Maîtrise de l'Information. J'appelle le peuple des Etats-Unis à reconnaître le rôle important que l'information joue dans notre vie quotidienne et à apprécier la nécessité d'une meilleure compréhension de son impact.
    EN TEMOIGNAGE DE QUOI, j'ai apposé ici ma main en ce premier jour d'octobre, dans l'année deux mille neuf de Notre Seigneur, et deux cent trente-quatre de l'Indépendance des Etats-Unis.

    BARACK OBAMA

    (Le texte original se trouve sur le site de la Maison Blanche. Traduction à la volée, sans fignolage, par votre serviteur)

    Bon, hormis la référence religieuse, typique des américains, et qui me fait chaque fois me réjouir de travailler pour un état laïc, j'approuve et soutiens ce texte des deux mains. L'American Library Association aussi, évidemment, qui a publié dès le lendemain de cette déclaration un communiqué, en profitant de l'occasion pour demander que les bibliothèques bénéficient d'un plan de développement du haut-débit en préparation.
    En fait, il s'agit du texte officiel le plus enthousiasmant sur les bibliothèques que j'ai lu depuis la décision du conseil constitutionnel protégeant la liberté d'accès aux services de communication au public en ligne au titre de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
    A côté de ça, la situation actuelle en France pour ce qui concerne la politique publique d'accès à l'information est à pleurer. Le ministère de la culture en est à chercher un remplaçant à Lire en Fête pour 2010. Pour une fois, il serait bien avisé de s'inspirer de cet exemple américain, qui donne des pistes très similaires - ce n'est pas un hasard - à ce que lui suggérait récemment le Bibliobsédé.
    Pour le reste, faut pas rêver. Je ne parle même pas d'une éventuelle loi sur les bibliothèques, plus du tout à l'ordre du jour et dont je ne suis pas sûr qu'elle serait vraiment utile, mais si on s'en tient à l'accès et à la maîtrise de l'information, le seul message que font entendre les pouvoirs publics est répressif.
    Quant à la structure administrative en place pour appliquer cette non-politique, elle est évidemment à l'avenant, que ce soit du côté éducation nationale ou du côté culture. Il n'y quasiment plus de Direction, donc, au sens propre et au figuré, pas de grande Mission non plus, ne restent que des missions et sous-missions (qu'on peut entendre, au singulier comme démission et soumission...).
    Nos services publics sont souvent montrés en exemple par rapport à ceux des libéraux Etats-Unis, mais pour ce qui est de ceux chargés de l'accès à l'information, on va peut-être finir par devenir américanophile...

    samedi 10 octobre 2009

    Et à quelle température fondent les écrans LCD ?


    Je ne sais plus précisément quelles ont été les étapes du cheminement. Je me souviens juste qu'il y a eu l'affaire Amazon/Orwell, puis le livre publié aux Editions Allia reproduisant les minutes des Interrogatoires de Dashiell Hammett en pleine folie McCarthyste, interrogatoires qui ont abouti notamment au retrait provisoire de ses livres du réseau de bibliothèques à l'extérieur des Etats-Unis financé par le Département d'Etat américain.
    Toujours est-il qu'à un moment, au détour d'une référence ou par une association d'idées, je me suis dit qu'il faudrait que je lise Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Jusqu'à présent, je n'en avais jamais vraiment eu l'envie. Je savais que c'était un livre de science-fiction dans lequel les pompiers incendiaient des livres au lieu d'éteindre des feux et ça me suffisait. Mais évidemment, pour vraiment connaître un roman, il faut d'abord le lire et je viens seulement de le faire.
    Même après des décennies, la force d'une oeuvre d'anticipation réussie c'est qu'elle trouve des échos dans le présent des lecteurs, quelle que soit l'époque où ceux-ci la découvrent. Au début des années 1980, j'aurais associé les coquillages radio qui diffusent en continu à fort volume des sons qui empêchent de trop penser aux casques de Walkman. Aujourd'hui, il suffit d'observer ses congénères dans les transports en commun pour constater que l'analogie est encore plus forte avec les oreillettes des écouteurs des lecteurs multimédias, dont la forme se rapproche de celle des coquillages.
    A l'époque des télévision à écran plat géant, des systèmes de son Home Cinema et des émissions qui prétendent présenter au téléspectateur une pseudo-réalité filmée en vase clos, les murs-écrans du roman et leurs familles virtuelles sont presque terminés d'être installés.
    Mais l'un des passages qui m'a le plus donné le vertige, c'est quand le chef des pompiers Beatty retrace le processus qui a amené à la désaffection du livre puis à son interdiction, en le liant au développement des médias de masse dans un double mouvement de condensation et d'accélération. Pour aboutir à quoi ? à des "Condensés de condensés de condensés. La politique ? Une colonne, deux phrases, un gros titre ! Et tout se volatilise ! La tête finit par vous tourner à un tel rythme sous le matraquage des éditeurs, diffuseurs, présentateurs, que la force centrifuge fait s'envoler toute pensée, inutile et mangeuse de temps !".
    A l'heure où les oeuvres au format SMS (messages limités à 160 caractères) laissent la vedette à celles diffusées sur Twitter (140 caractères), ça parle...
    Finalement, je ne regrette pas d'avoir lu Fahrenheit 451 seulement maintenant et pas en 1984 comme j'aurais pu le faire. D'autant plus que des coïncidences troublantes en ont renforcé l'impact, comme lire le passage où est cité le poème Dover beach dans un hôtel situé le long de la plage de Douvres, ou lire le Coda au roman écrit par Bradbury en 1979 (titré par ailleurs There's more than one way to burn a book, traduit en français sous le titre Il y a plus d'une façon de brûler un livre), dans lequel il dénonce l'insidieuse censure du politiquement correct, le jour même ou la presse se fait l'écho des difficultés d'un duo de comiques avec la BBC à propos de l'utilisation du mot "gitan" dans un sketch.
    Et puis, la principale différence c'est que je suis aujourd'hui bibliothécaire, et plus seulement usager des bibliothèques. Or, si les autodafés nazis et la chasse aux sorcières communistes des McCartystes ont bien sûr marqué et influencé l'écriture du roman, Ray Bradbury a eu l'occasion à de nombreuses reprises d'expliquer que son objectif principal en écrivant Fahrenheit 451 était de s'attaquer à la télévision et de défendre les livres et les bibliothèques.
    Encore mieux, Ray Bradbury a souvent raconté que c'est un service fourni par une bibliothèque qui lui a permis d'écrire son roman ! Un service que je n'ai jamais vu fonctionner en France (Est-ce que ça aurait existé dans nos BU dans les années 1960 ou 1970, mesdames et messieurs nos aînés ?), la location de machines à écrire à 10 cents la demie-heure !
    Sur cette anecdote, on peut lire Fahrenheit 451 revisited, l'article de mai 2002 du magazine de l'UCLA, là même où Bradbury a écrit son roman, qui fut pré-publié en trois parties dans les tous premiers numéros du magazine Playboy, comme ce fut le cas au fil du temps pour de nombreuses autres oeuvres policières ou de science-fiction.
    Cette histoire donne d'ailleurs des idées aux bibliothécaires : la bibliothèque Hokin du Columbia College a organisé au printemps dernier des Olympiades de la machine à écrire, incitant les étudiants à écrire comme Ray.
    Mais nous sommes bien d'accord, un ordinateur c'est quand même plus pratique qu'une machine à écrire et pour ma part, si je m'efforce d'être conscient des risques liés au développement des nouvelles technologies, ça ne m'empêche pas d'apprécier à chaque instant le fantastique accès à l'information que me procure Internet et les possibilités de diffusion offertes par l'informatique, ce blog en étant une illustration.

    lundi 14 septembre 2009

    Prêt électronique de livres : l'expérience déprimante


    Depuis mars 2006, notre SCD propose un prêt électronique de livres , expérimenté à l'origine dans le cadre d’un projet national piloté par la Direction de la Technologie (sous-direction TICE) du Ministère de l’Education nationale. Nous mettons à disposition des lecteurs un catalogue de près d'un millier de titres via la "librairie numérique" Numilog. Les lecteurs peuvent emprunter 2 ouvrages pour une durée de 7 jours.
    A mon arrivée l'an dernier, je me suis réjoui d'apprendre que nous étions en mesure de diversifier notre offre avec une telle collection, incluse dans notre palette de services à distance.
    J'ai assez vite déchanté, et avec un an de recul je dresse un bilan plutôt négatif.
    Tout d'abord, j'ai été effaré quand je me suis rendu compte que le système mis en place était entièrement calqué sur le prêt de documents physiques : la bibliothèque est dotée de rayonnages virtuels en ligne contenant des exemplaires de livres électroniques qu'elle a acquis. Si un de ces livres est emprunté, il n'est plus disponible pour les autres lecteurs, exactement comme c'est le cas pour des documents physiques !
    Je suis le premier à taper sur les éditeurs de revues électroniques, dont la politique tarifaire s'assimile souvent à la pratique des bandits de grand chemin, le couteau sous la gorge, " la bourse ou la vie" et tutti quanti, mais au moins le système mis en place est généralement fonctionnel et efficace : je peux sans trop me tromper affirmer à un groupe d'étudiants en Droit que, lorsqu'ils sortent d'amphi avec une recherche de jurisprudence à faire, ils n'en sont plus à se battre pour consulter le seul exemplaire papier d'une revue qui contient un commentaire d'une décision, mais ils peuvent tranquillement, de la BU ou de chez eux la plupart du temps, consulter l'article concerné en version électronique, tous ensemble ou presque.
    Là non, le seul "plus produit" de Numilog par rapport à un livre imprimé c'est que l'emprunt se faire à distance. Sauf que l'ergonomie n'est pas au rendez-vous. Lorsque le service a été lancé, on pouvait consulter les livres empruntés avec le logiciel Acrobat Reader, ce qui ne posait pas de problème particulier puisque ce logiciel est déjà présent sur une très large majorité des ordinateurs. Depuis environ un an, afin je suppose de mieux gérer les "DRM" qui permettent de contrôler la durée du prêt et d'éviter le piratage des fichiers, Numilog demande à ses utilisateurs d'installer sur le poste un autre logiciel d'Adobe, Digital Editions.
    J'ai eu une fois ou deux l'occasion, au téléphone, d'aider un lecteur à installer Digital Editions. Le moins que je puisse dire c'est que ça n'a pas été simple, et que j'ai poussé un grand ouf quand au bout d'une demie-heure la personne avait réussi à emprunter son document !
    Mais l'autre problème que pose Adobe Digital Editions, c'est qu'il n'est pas installé sur nos postes publics, que les lecteurs n'ont pas les droits pour l'installer, et que de toute façon s'ils pouvaient le faire, ils ne pourraient consulter le document emprunté que sur la machine sur laquelle ils ont fait leur emprunt, par définition utilisée par de nombreuses personnes tout au long de la semaine. Bien sûr, ce service vise avant tout le prêt à distance, mais il y a quand même quelques références que nous avons uniquement en électronique et c'est quand même un comble de ne pas pouvoir proposer leur consultation sur place.
    Si nous avons persévéré dans l'expérience Numilog encore cette année, c'est parce que, pour les livres entrés au catalogue plus récemment, deux modes de consultation sont possibles : l'emprunt avec Digital Editions, avec toutes les difficultés que je viens d'évoquer, ou la consultation en ligne, qui permet de consulter le livre dans son intégralité, sans formalité(uniquement en s'identifiant si on est à l'extérieur du campus) et sans quitter son navigateur.
    Autant que je sache, il n'y a pas de limitation du nombre de consultations simultanées d'un livre, c'est donc un mode de lecture bien plus satisfaisant que l'emprunt proposé. Sauf que je me suis rendu compte avec horreur récemment que, l'analogie avec le document papier étant poussée jusqu'au bout, un livre électronique n'est consultable dans les rayons de notre bibliothèque virtuelle que si et seulement si il n'a pas été emprunté !
    On en viendrait presque à déconseiller aux lecteurs d'emprunter ces livres pour qu'ils profitent au plus grand nombre et, en l'état actuel des choses, si j'avais à donner mon avis, j'opterais pour un retour en arrière plutôt que de persister à proposer un service non satisfaisant, en attendant qu'une formule d'abonnement calquée sur ce qui se fait pour les revues soit disponible.
    Quand à mon lecteur qui n'avait pas d'ordinateur personnel et qui souhaitait consulter le livre Une approche de la problématique de l'identité : le Maghreb arabe contemporain de Mohamed Salah Hermassi (2004), la meilleure solution que j'ai eu à lui proposer, paradoxe des paradoxes, c'est de consulter les larges extrait du livre disponibles sur Google Books !!!

    mardi 7 juillet 2009

    Favoriser la réussite des étudiants


    Après six ans d'interruption, les Presses de l'ENSSIB ont relancé l'an dernier leur collection La boîte à outils et ce Favoriser la réussite des étudiants est le second volume paru depuis.
    Abordant des sujets tels que la formation des usagers, et particulièrement le C2i, ou l'amélioration de l'accueil dans les bibliothèques, il était clair que ce volume était susceptible de m'intéresser particulièrement. Comme en plus il se trouve que sa publication en a été coordonnée par ma directrice, Carine El Bekri-Dinoird, je me suis bien sûr précipité dessus et je l'ai dévoré !
    Les usagers des bibliothèques universitaires faisant de la recherche ont des besoins en matière de documentation et de services différents de ceux des étudiants. Sans privilégier l'un par rapport à l'autre et sans négliger les chercheurs, il est clair que les étudiants représentent la catégorie du public des BU la plus nombreuse et celle qui utilise la plus grande variété des services proposés. Je suis persuadé, sinon je ne ferais pas ce métier, que les BU ont un rôle essentiel à jouer pour apporter aux étudiants une information complémentaire à celle qui leur est fournie en cours et des conditons de travail adéquates pour les aider à se former. C'est d'autant plus vrai dans une université comme celle de Reims, avec une très forte proportion d'étudiants de 1er cycle et un fort taux d'échec ou d'abandon en Licence. L'implication forte du SCD dans le plan pour la réussite en Licence est tout à fait logique.
    Ce volume, comme tous ceux de la collection Boîte à outils, se veut un outil pratique à destination des professionnels. Il propose diverses pistes de travail, principalement à partir de compte-rendus d'expérience, rassemblés ici en trois grands thèmes : les innovations pédagogiques, la politique documentaire et la vie étudiante.
    M'étant déjà penché sur le sujet, j'ai été particulièrment intéressé par les deux textes d'Yves Goubatian et de Françoise Dailland sur le C2i. Cette certification ayant le mérite d'exister et comportant une partie sur la recherche documentaire, il me semble que les SCD développant des programmes de formation des usagers ont intérêt à tout faire pour y être associé, ce qui aura en plus l'avantage de faciliter les collaborations avec les enseignants et les informaticiens, souvent impliqués dans les C2i.
    Parmi les autres articles, j'ai été très intéressé par celui de Lucile Pellerin de la Vergne sur les common readings du la Guardia Community college, pour développer la lecture étudiante et créer des communautés. J'imagine encore mal comment on pourrait mettre en place un projet de cette ampleur par chez nous, mais si on avait dû le faire à la prochaine rentrée ce livre écrit justement par un enseignant de l'Université de Reims aurait parfaitement fait l'affaire.
    L'article d'Olivier Tacheau sur la culture en BU, en écho à un article de son blog d'il y a quelques mois, a d'abord eu le mérite de m'ouvrir les yeux sur le fait que les universités, et même plus particulièrement les SCD, ont de longue date une mission d'animation culturelle inscrite dans les textes.
    Je suis resté un peu sur ma faim avec l'article sur l'amélioration de l'accueil dans les bibliothèques, confié à Georges Perrin. En effet, M. Perrin, inspecteur général des bibliothèques, est l'auteur l'an dernier d'un rapport traitement justement de ce sujet, sous-titré "Propositions pour une extension des horaires d'ouverture". On ne lui reprochera de rester fidèle à ses idées et de proposer ici en fait une synthèse de son rapport, simplement j'aurais aimé que la question de l'amélioration de l'accueil ne soit pas ici réduite à celle des horaires d'ouverture, et surtout, je pense que le développement de l'emploi étudiant, largement abordé ici et objet d'un autre rapport de Georges Perrin en 2007, n'est que l'un des outils à la disposition des bibliothèques pour étendre leurs horaires d'ouverture. A mon sens et au vu de mon expérience, une réorganisation du fonctionnement interne, également évoquée ici, et un large recours à l'emploi étudiant ne suffiront pas pour augmenter significativement ces horaires : des moyens spécifiques seront nécessaires, notamment en personnel qualifié.