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mercredi 6 juillet 2011

En quête de services (Le retour)


Dans le cadre de notre travail sur la qualité de l'accueil, nous avons mené ce printemps une enquête sur l'accueil et les services. La précédente enquête remontait à 2008.
Les résultats de l'enquête sont présentés sur le site du SCD. On peut notamment consulter les données chiffrées de l'enquête et une analyse de ces résultats.
La qualité de l'accueil est globalement jugée très positivement (à 91%) et même les horaires d'ouverture sont jugés adaptés (82 %). Evidemment, les propositions des 20% des répondants qui suggèrent une modification de ces horaires d'ouverture couvrent tout le spectre possible, les 24h d'une journée, les 7 jours de la semaine et les 365 jours de l'année.
Ce qui m'a le plus surpris, c'est le classement prioritaire des huit propositions de nouveaux services que nous avions faites. Nous avions établi cette liste en la limitant à des services pour lesquels nous nous sentions prêts à entamer un travail si jamais ils étaient jugés prioritaires. Instinctivement, j'imaginais notamment que la proposition d'installer des distributeurs de boissons et/ou de friandises figurerait assez haut dans le classement. Eh bien je me trompais !
Les deux propositions qui figurent largement en tête, à peu près à égalité, ont comme point commun de concerner les conditions de travail sur place dans les bibliothèques. D'un côté, il s'agirait de disposer de salles de travail en "silence absolu" (d'assez nombreuses remarques en commentaire libre pointaient par ailleurs le manque de silence dans les salles ou le manque d'action des bibliothécaires pour faire respecter la discipline) et de l'autre de pouvoir réserver en ligne les salles de travail en groupe. J'ai donné les résultats pour l'ensemble du SCD. Pour la bibliothèque Robert de Sorbon, où les sept salles de travail en groupe sont très utilisées et où il faut se déplacer au bureau de renseignement pour réserver une salle, cette proposition est arrivée largement en tête du classement.
Nos premiers engagements suite à cette enquête ont été annoncés en même temps que les résultats.

mercredi 15 juin 2011

Bientôt, l'antivol intelligent ?


L'autre jour, alors qu'elle s'apprêtait à passer le portique antivol pour entrer dans les salles de lecture de la bibliothèque, une étudiante a fait demi-tour et est venue m'interroger à l'accueil : "Monsieur, j'ai des livres à rendre aujourd'hui au plus tard mais j'ai encore besoin de travailler avec, ça ne va pas sonner ?".
Sur le coup, j'ai été interloqué ! Je me suis vite repris et j'ai expliqué qu'il n'y avait aucun lien entre la situation des livres sur son compte et le fonctionnement de l'antivol, mais par la suite ça m'a donné à réfléchir.
Etant donné que nous sommes équipés d'un rustique système antivol magnétique, on ne risque pas de lui demander de faire autre chose que de sonner au passage d'un portique, mais avec toutes les possibilités offertes par une technique comme le RFID, on pourrait imaginer, si les cartes d'abonnés sont équipées tout comme les livres d'étiquettes de radio-identification, et comme le suggérait presque la lectrice, des choses, utiles ou non, amusantes ou pas, en affichant des informations sur des écrans dans la bibliothèque ou en envoyant ces informations sur les téléphones portables, si cette donnée est renseignée dans le compte lecteur. Outre justement des rappels, comme certains le font déjà par SMS avec le SIGB, on pourrait envoyer des suggestions d'emprunt ou signaler des nouveautés à l'approche d'un rayon. Le genre de choses qui peut encore ressembler à de l'anticipation, mais l'imagination et la technique sont au pouvoir et avancent vite, même si c'est souvent au détriment de la protection des données personnelles. C'est encore ce que je me disais ce week-end au supermarché quand j'ai posé mon sac de fruits sur une balance et que la machine a instantanément repéré qu'il contenait des cerises, grâce à un système de reconnaissance des formes je suppose.

jeudi 11 novembre 2010

Le bibliothécais avec peine !



Le titre de ce billet fait bien sûr référence au réjouissant bréviaire publié par Noëlle Balley dans le BBF en 2007.
Un jargon professionnel ne pose pas de problème en tant que tel. Le problème se pose bien sûr quand des non-initiés s'y retrouvent confrontés, ce qui arrive  évidemment plus souvent aux bibliothécaires qu'aux imprimeurs, par exemple.
En 2007 aussi, j'avais eu l'occasion de constater qu'un terme apparemment simple comme "Périodique" pouvait poser de gros problèmes de compéhension.

Autre exemple en début de semaine, avec cette requête inquiète d'un étudiant via notre service Question ? Réponse ! :

Question :
Pourquoi m'as t'on mis un blocage alors que j'avais reservé un livre et j'ai changé d'avis pour en prendre un autre, qu'est-ce que je risque avec un blocage ?

Ma réponse :
Vous ne risquez rien avec ce blocage, je vous rassure tout de suite !
Notre logiciel de gestion de la bibliothèque appelle "blocage" les suspensions qui peuvent intervenir sur votre compte, pour retard notamment, mais il utilise - à tort - la même formule pour simplement vous communiquer des messages d'information, comme prendre note que vous avez annulé une réservation.
Cette formulation est malencontreuse. Je vais me renseigner, mais je ne suis pas sûr que nous puissions la modifier.
Nous avons simplement précisé dans l'aperçu général que les blocages concernent les amendes, les blocages en tant que tels et les messages.

Comment peut-on en arriver là ?
Avant de répondre, je suis allé vérifier dans notre catalogue que les informations du compte utilisateur faisaient bien la différence entre les emprunts, les réservations et les blocages. Ouf, c'est bien le cas !
Oui mais, notre SIGB (Horizon) est conçu de telle façon qu'il associe que, pour communiquer avec un usager via son compte, il faut utiliser la même fonctionnalité que celle qui sert à mettre des suspensions et des amendes et "Ajouter un blocage" en choisissant l'option "Note à l'usager".
Une conception singulière de la communication d'une bibliothèque avec son public, qui n'est pas sans conséquence parce que, du coup, lorsqu'une information est communiquée automatiquement à un lecteur (par exemple pour laisser une trace après qu'une réservation a été annulée, ce qui était précisément le cas), celle-ci se retrouve dans les "blocages" et non pas dans une rubrique plus neutre.
Dans l'aperçu du compte, il est précisé que la rubrique Blocages concerne les amendes (pas implantées en fait chez nous), les blocages en tant que tels et les messages. Mais ce n'est pas suffisamment pour ne pas inquiéter un usager qui découvre qu'il a un blocage, on l'a constaté !

samedi 6 mars 2010

Franco et les métadonnées : 66 façons de le nommer, et plus


Il y a quelques semaines, mon ami et presque voisin Pol Dodu cherchait des informations sur un disque du chanteur Franco qu'il souhaitait chroniquer.  Il galérait pas mal et m'a demandé de l'aide.
Effectivement, ce n'était pas simple, sachant que, rien que sur le recto de la pochette, on trouvait au moins trois titres potentiels, "Mandola", "Keba na matraque" (un slogan, en fait) et "Le quart de siècle", ce dernier, titre collectif d'une série de disques, étant accolé à la fois au nom de l'artiste, agrémenté pour l'occasion du qualificatif "de mi amor", et à celui de son orchestre, qui contient des abbréviations.
Pas simple, d'autant plus que, contrairement à l'usage, le nom de l'artiste et le titre du disque ne sont pas repris sur les étiquettes centrales du disque. Sur la tranche, on retrouve simplement "Le quart de siècle de Franco de mi amor et le T.P. O.K. Jazz".

Quelques semaines plus tôt, Koranteng Ofosu-Amaah avait été confronté à un cas pratique à peu près similaire, comme il l'a raconté de manière distrayante et instructive sur sur son blog Koranteng's Toli : pris en pleine nuit de l'envie de réécouter un titre précis de Franco, il a galéré dans sa propre bibliothèque multimédia sans le trouver avant de prolonger sa recherche en ligne avec tout autant de difficultés.
Au bout d'un moment, il s'est amusé à répertorier les différentes orthographes utilisées par les 9000 auditeurs de Franco sur la version américaine de Last.fm. Il est arrivé à un total de 66, à comparer avec un autre groupe dont l'orthographe pose problème, Guns N' Roses, dont les un million et demi d'auditeurs n'ont utilisé "que" 56 variantes.
Dans cet exercice d'étude de folksonomie appliquée, Koranteg liste ensuite quelques-unes des causes de ces variations, de la casse aux abbréviations en passant par la ponctuation, le "et" et l'éperluette, le passage de l'anglais au français et le goût des africains pour la multiplication des titres honorifiques. Notons d'ailleurs au passage que "Franco de mi amor" n'apparait pas dans la liste, alors que ce fut apparemment l'un de ses premiers sobriquets.
Pour ceux qui vont de toute façon courir le vérifier, notez que la Bibliothèque nationale de France a retenu comme autorités Franco (1938-1989) d'un côté et OK jazz de l'autre, mais le nombre de formes rejetées confirme bien que la question n'est pas simple.
Ceux qui voudraient lire le billet original, 66 ways to Franco, tranquillement en écoutant la musique du Grand Maitre Franco Luambo Makiadi & Le Tout Puissant Orchestre OK Jazz peuvent le faire après avoir visité par exemple Franco et TPOK Jazz Restored.

mercredi 25 novembre 2009

Un changement d'époque


En circulant dans les espaces publics de la bibliothèque, je me suis fait plusieurs fois la remarque depuis la dernière rentrée universitaire que le nombre d'ordinateurs portables utilisés par les étudiants à la bibliothèque était en forte progression.
Pour en avoir le coeur net, hier après-midi mardi 24 novembre, jour de fréquentation marquée mais pas exceptionnel (un peu plus de 3500 entrées), j'ai fait le tour de la bibliothèque à 15h.

Voici le résultat de ce comptage ponctuel :

  • 104 ordinateurs personnels de toutes tailles (y compris un nombre non négligeable de netbooks) étaient en utilisation dans les grandes salles, mais aussi dans les salles de travail en groupe et dans la salle d'actualité.


  • 61 des 110 ordinateurs légers de la bibliothèque (navigation sur internet, visionnage et impression des documents mais pas d'outils de bureautique) étaient en cours d'utilisation, soit un taux d'occupation de 55 %.


  • 39 des 42 ordinateurs de bureau de la bibliothèque effectivement disponibles pour le public (d'autres sont réservés en ce moment aux formations), proposant les outils standards de bureautique, étaient en cours d'utilisation, soit un taux d'occupation de 92 %.
On constate donc que les usagers "doublent" le parc informatique pourtant conséquent mis à leur disposition, sans que celui-ci soit pour autant négligé (Il était utilisé globalement à 65 %).
Cela en dit long sur l'évolution des pratiques numériques des étudiants, sachant que nous sommes sur un campus de droit, lettres, économie et sciences sociales et humaines.
Ces appareils sont moins facilement repérables, mais je suis sûr que l'usage des smartphones est également en train de se développer, y compris pour se connecter à internet.

Quelle leçon tirer de ces constatations (que je renouvellerai de temps en temps, mais un premier essai la semaine précédente avait donné un nombre équivalent, 109, d'ordinateurs personnels utilisés dans la bibliothèque) ? Peut-être tout simplement que la possibilité d'utiliser l'informatique communicante fait bien partie des services de base que doit fournir une bibliothèque. Cela comprend la mise à disposition de postes informatiques, mais aussi la possibilité de brancher ses propres appareils et de se connecter à Internet.

Concernant les branchements électriques, je pense qu'au moment de la rédaction du cahier des charges dans la première moitié des années 2000 et de l'ouverture de la bibliothèque en 2006, les collègues pensaient avoir vu très large en faisant installer 8 prises électriques pour le public sur la moitié des tables de 12 places de nos grandes salles. On va peut-être prochainement constater que ce n'était pas suffisant : les tables avec prises sont les premières occupées, et quand on voit des batteries de 5 à 7 portables branchés sur une même table on se dit qu'on risque d'atteindre rapidement un seuil de saturation.

Par contre, ce qui n'est pas saturé, presque à mon étonnement, c'est le réseau wi-fi de l'université. Le nombre de bornes installées dans la bibliothèque n'est pas exceptionnel (4 je crois), et bien entendu tous les usagers qui utilisent un ordinateur ne sont pas constamment en train d'utiliser Internet, mais quand même, il est bon de constater qu'aucun problème d'accès au réseau ne vient à nos oreilles, même quand celui-ci est très sollicité.

L'autocollant qui indique depuis peu les endroits où des prises électriques sont cachées sous les trappes des tables en salle.

samedi 10 octobre 2009

Et à quelle température fondent les écrans LCD ?


Je ne sais plus précisément quelles ont été les étapes du cheminement. Je me souviens juste qu'il y a eu l'affaire Amazon/Orwell, puis le livre publié aux Editions Allia reproduisant les minutes des Interrogatoires de Dashiell Hammett en pleine folie McCarthyste, interrogatoires qui ont abouti notamment au retrait provisoire de ses livres du réseau de bibliothèques à l'extérieur des Etats-Unis financé par le Département d'Etat américain.
Toujours est-il qu'à un moment, au détour d'une référence ou par une association d'idées, je me suis dit qu'il faudrait que je lise Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Jusqu'à présent, je n'en avais jamais vraiment eu l'envie. Je savais que c'était un livre de science-fiction dans lequel les pompiers incendiaient des livres au lieu d'éteindre des feux et ça me suffisait. Mais évidemment, pour vraiment connaître un roman, il faut d'abord le lire et je viens seulement de le faire.
Même après des décennies, la force d'une oeuvre d'anticipation réussie c'est qu'elle trouve des échos dans le présent des lecteurs, quelle que soit l'époque où ceux-ci la découvrent. Au début des années 1980, j'aurais associé les coquillages radio qui diffusent en continu à fort volume des sons qui empêchent de trop penser aux casques de Walkman. Aujourd'hui, il suffit d'observer ses congénères dans les transports en commun pour constater que l'analogie est encore plus forte avec les oreillettes des écouteurs des lecteurs multimédias, dont la forme se rapproche de celle des coquillages.
A l'époque des télévision à écran plat géant, des systèmes de son Home Cinema et des émissions qui prétendent présenter au téléspectateur une pseudo-réalité filmée en vase clos, les murs-écrans du roman et leurs familles virtuelles sont presque terminés d'être installés.
Mais l'un des passages qui m'a le plus donné le vertige, c'est quand le chef des pompiers Beatty retrace le processus qui a amené à la désaffection du livre puis à son interdiction, en le liant au développement des médias de masse dans un double mouvement de condensation et d'accélération. Pour aboutir à quoi ? à des "Condensés de condensés de condensés. La politique ? Une colonne, deux phrases, un gros titre ! Et tout se volatilise ! La tête finit par vous tourner à un tel rythme sous le matraquage des éditeurs, diffuseurs, présentateurs, que la force centrifuge fait s'envoler toute pensée, inutile et mangeuse de temps !".
A l'heure où les oeuvres au format SMS (messages limités à 160 caractères) laissent la vedette à celles diffusées sur Twitter (140 caractères), ça parle...
Finalement, je ne regrette pas d'avoir lu Fahrenheit 451 seulement maintenant et pas en 1984 comme j'aurais pu le faire. D'autant plus que des coïncidences troublantes en ont renforcé l'impact, comme lire le passage où est cité le poème Dover beach dans un hôtel situé le long de la plage de Douvres, ou lire le Coda au roman écrit par Bradbury en 1979 (titré par ailleurs There's more than one way to burn a book, traduit en français sous le titre Il y a plus d'une façon de brûler un livre), dans lequel il dénonce l'insidieuse censure du politiquement correct, le jour même ou la presse se fait l'écho des difficultés d'un duo de comiques avec la BBC à propos de l'utilisation du mot "gitan" dans un sketch.
Et puis, la principale différence c'est que je suis aujourd'hui bibliothécaire, et plus seulement usager des bibliothèques. Or, si les autodafés nazis et la chasse aux sorcières communistes des McCartystes ont bien sûr marqué et influencé l'écriture du roman, Ray Bradbury a eu l'occasion à de nombreuses reprises d'expliquer que son objectif principal en écrivant Fahrenheit 451 était de s'attaquer à la télévision et de défendre les livres et les bibliothèques.
Encore mieux, Ray Bradbury a souvent raconté que c'est un service fourni par une bibliothèque qui lui a permis d'écrire son roman ! Un service que je n'ai jamais vu fonctionner en France (Est-ce que ça aurait existé dans nos BU dans les années 1960 ou 1970, mesdames et messieurs nos aînés ?), la location de machines à écrire à 10 cents la demie-heure !
Sur cette anecdote, on peut lire Fahrenheit 451 revisited, l'article de mai 2002 du magazine de l'UCLA, là même où Bradbury a écrit son roman, qui fut pré-publié en trois parties dans les tous premiers numéros du magazine Playboy, comme ce fut le cas au fil du temps pour de nombreuses autres oeuvres policières ou de science-fiction.
Cette histoire donne d'ailleurs des idées aux bibliothécaires : la bibliothèque Hokin du Columbia College a organisé au printemps dernier des Olympiades de la machine à écrire, incitant les étudiants à écrire comme Ray.
Mais nous sommes bien d'accord, un ordinateur c'est quand même plus pratique qu'une machine à écrire et pour ma part, si je m'efforce d'être conscient des risques liés au développement des nouvelles technologies, ça ne m'empêche pas d'apprécier à chaque instant le fantastique accès à l'information que me procure Internet et les possibilités de diffusion offertes par l'informatique, ce blog en étant une illustration.

lundi 22 décembre 2008

En quête de services


Le SCD de Reims a mené en mai 2008 une enquête sur ses services en vue d'établir un état des lieux précis des habitudes et des attentes de son public.
Cette enquête, coordonnée par ma collègue Gaëlenn Gouret dans le cadre du Projet Professionnel Personnel de sa formation initiale de Bibliothécaire, a donné lieu à un document, Une offre de services adaptée aux comportements des étudiants ? Evaluation et propositions dans le cadre du SCD de Reims Champagne-
Ardenne : Dossier d’aide à la décision
, qui sera prochainement disponible dans la bibliothèque numérique de l'ENSSIB.
En attendant, le SCD a diffusé à l'intention du public une synthèse des résultats de l'enquête accompagnée des premiers éléments de réponse qui y sont apportés par le SCD.
Sur la connaissance et l'utilisation des services par le public, l'enquête apporte certaines confirmations :
- L'accès aux postes informatiques, qui fait partie de la panoplie des services de base, est plébiscité et ce n'est pas une surprise : il est toujours impressionnant lorsque l'on est à la banque de renseignement de la bibliothèque Robert de Sorbon d'avoir face à soi 8 rangées de 10 ordinateurs tous occupés. Et cela arrive systématiquement bien avant que les places assises de lecture soient toutes occupées.
- La possibilité de réservation est connue mais relativement pas utilisée, ce qui n'est pas trop surprenant quand on sait que, malheureusement, seuls les documents empruntés peuvent être réservés alors que l'OPAC propose systématiquement un lien pour réserver les documents disponibles, avant de se raviser quand le lecteur a cliqué !
- Le renouvellement à distance des emprunts, service proposé depuis relativement peu de temps, est connu, utilisé et donne satisfaction, comme cela avait très vite été constaté.
- Les services de renseignement, sur place et à distance, donnent satisfaction, mais restent insuffisamment utilisés : par 65% des répondants sur place, alors que ce service est disponible à toute heure d'ouverture des bibliothèques sauf en soirée, et par 4% des répondants seulement à distance : il va falloir communiquer sur ce service pourtant très efficace...

Les premières réponses apportées par le SCD concernent principalement l'accès aux services informatiques (plus de postes, accessibles en soirée, des scanners...).
Une première réponse a été apportée également concernant l'installation de boites de retour, mais celles-ci sont installées à l'intérieur des bâtiments et servent surtout en soirée lorsque le service de prêt est fermé. On peut se demander si la demande du public ne portait pas sur des boites situées à l'extérieur du bâtiment, accessibles lorsque les bibliothèques sont fermées...
En tout cas, cette enquête riche d'enseignements, qui a connu un bon taux réponse grâce notamment à son affichage en page d'accueil des postes informatiques, fournit une bonne base d'information pour continuer à développer et à ajuster l'offre de services du SCD.

mardi 30 septembre 2008

Que seront nos discothèques de prêt devenues ?


Avec mon ami Pol, je fréquente de longue date les sections musiques des bibliothèques, depuis l'emprunt de 33 tours à l'ancienne bibliothèque de Châlons-sur-Marne, avec vérification de l'état de la cellule du tourne-disques à l'inscription, jusqu'aux emprunts de CDs et de livres et à la participation aux animations de l'Espace Musique de la Médiathèque d'Epernay.
Evidemment, en tant qu'amateur de musique je ne peux que m'interroger sur l'avenir des sections musique de nos médiathèques au vu de l'évolution récente des modes de diffusion et de consommation de la musique enregistrée.
Les disquaires indépendants ont déjà presque tous disparu et il est évident que les médiathèques sont ou seront également affectées par la marginalisation progressive du CD qui, contrairement au passage du vinyl au disque compact ne sera pas relayé par un nouveau support vendu individuellement, mais par des offres de vente ou d'abonnement de titres sous forme de fichier informatique.
Les bibliothèques françaises sont particulièrement concernées par cette révolution car, contrairement à ce qui a pu se passer dans d'autres pays, elles se sont vraiment développées pour la plupart autour du concept de discothèques de prêt. Ce n'est qu'au fil du temps que leur offre s'est élargie, avec des livres et des revues spécialisées, des partitions, des documents audiovisuels, et que les discothécaires sont devenus des bibliothécaires musicaux qui, depuis plusieurs années déjà, consacrent une bonne partie des rencontres nationales de leur asssociation ACIM aux réflexions sur l'évolution de leur offre et de leur métier. Ces sujets ont également été abordés notamment dans le dossier Musiques d'un numéro du BBF de 2002 et, parmi beaucoup d'autres rencontres de ce type, le seront également la semaine prochaine lors de la journée d'étude sur le thème Demain, la musique en bibliothèque organisée le 9 octobre à la Bibliothèque Buffon de Paris.
Le défi auquel se trouvent confrontées les sections Musique des bibliothèques est très bien résumé dans le commentaire de Xavier Galaup au message du blog Bibliothèque 2.0 sur Deezer et les bibliothèques musicales :
"Les bibliothèques musicales ont un rôle à jouer de:
- mise en perspective des musiques et des artistes
- faire découvrir la musique sous toute ses formes
- offrir un accès stable et à des fichiers de bonne qualité
- être un lieu, parmi d’autres, de sociabilité autour de la musique"

Hors le contexte précis de ce message (remplacer "fichiers" par "collection" pour couvrir tous les supports), cela résume parfaitement le projet idéal des bibliothèques musicales confrontées à la quasi-disparition prochaine de l'activité de prêt de phonogrammes : être en ville, après la disparition des disquaires spécialisés qui, pour les meilleurs jouaient souvent ce rôle, le lieu où l'on peut s'informer, échanger, se cultiver sur tous les aspects de la culture musicale, dans un contexte pour de service public, hors de tout échange commercial.
Car il n'est pas sûr du tout que la fourniture de musique sous forme de fichiers pourra supplanter le prêt de disques. Là où la vente de disques se faisait à l'unité, le prêt se faisait également à l'unité, à un coût bien moindre que l'achat pour le lecteur, qui pouvait ainsi découvrir et éventuellement en faire une copie pour son usage privé. Mais le modèle économique de l'offre de musique à télécharger, même sans licence globale, risque fort de ne pas se stabiliser sur le modèle de la vente à l'unité, mais plutôt de l'accès contre un prix fixe (abonnement) à une offre très large se comptant en centaines de milliers d'oeuvres. Autrement dit, la collection pensée, raisonnée, organisée que pourraient proposer les bibliothèques musicales risque fort de se retrouver incluse dans l'offre plus large à laquelle les particuliers pourront s'inscrire.
Est-ce à dire que que les bibliothèques musicales sont condamnées au déclin ou à la disparition ? J'espère bien que non ! Elles risquent fort de connaître un changement d'échelle et une mutation profonde de leur activité si le prêt tend à diminuer très fortement dans les prochaines années. Mais, dans la mesure où l'écoute de musique est l'un des loisirs culturels les plus pratiqués par les français de tous âges et où la pratique musicale en amateur est l'une des activités artistiques les plus répandues (je ne suis pas allé relire les enquêtes sur les pratiques culturelles, mais je ne pense pas trop me tromper), il est évident qu'une activité spécialisée sur la musique a sa place en bibliothèque.
Pour y faire quoi si ce n'est pas prioritairement pour prêter des disques ? Tout ce que décrivait Xavier Galaup plus haut, c'est à dire proposer dans un contexte de service public, hors de toute transaction commerciale, des informations et des ressources sur la culture musicale au sens large.
Pour prendre un exemple, si on lit dans une chronique de disque que Coldplay est produit par Brian Eno et qu'on ne connait rien de Brian Eno, on peut d'ores et déjà si on est curieux et habile avec sa souris, en savoir beaucoup sur son parcours d'artiste, producteur et penseur du rock, et écouter des extraits musicaux correspondants, mais dans la plupart des villes de France, la section musique d'une bibliothèque est le seul lieu où on peut échanger sur un tel sujet et découvrir en détails, disques, revues ou livres à l'appui, ses activités au sein de Roxy Music, en solo avec la musique ambiante ou ses disques chantés des années 1970, ses productions pour U2, mais aussi Talking Heads, Devo et Ultravox!, sees collaborations avec David Byrne, Robert Fripp ou Jon Hassel, ses théories comme les stratégies obliques,...
Outre les explorations et expérimentations sur la fourniture de musique sur support numérique, les pistes à explorer sont nombreuses pour les bibliothèques musicales :
  • être conscient de la valeur des collections de CDs qui ont été constituées et ne pas les laisser être dilapidées lors de l'obsolescence progressive de ce support, comme cela s'est trop souvent passé pour les microsillons;
  • travailler à fournir une information et un commentaire sur la musique et son actualité en complément des collections proposées, comme le fait par exemple le site Mediamus des bibliothécaires musicaux de Dole;
  • développer une offre pour tous ceux qui ont une pratique instrumentale amateur, souvent très peu concernés par l'offre des écoles de musique et conservatoires : on trouve souvent dans les discothèques des partitions, mais quid des méthodes d'(auto-)apprentissage, imprimées ou audiovisuelles, des revues spécialisées (Batteur Magazine, Guitar Part, Bassiste Magazine, etc.), voire même des animations sur ce thème ?
En tout cas, j'espère profiter encore longtemps d'une offre variée et stimulante dans les bibliothèques musicales que je fréquente, et oui, même si je n'en ai pas parlé, je suis bien conscient que la question se pose à peu près dans les mêmes termes pour les sections audiovisuel qui, après avoir prêté des cassettes vidéo, se concentrent actuellement sur le prêt de DVD.

vendredi 19 septembre 2008

Le point fort de la fac, c'est la BU


Ce n'est pas moi qui me permets de lancer cette affirmation, bien sûr. Non, il s'agit d'un extrait du témoignage d'une étudiante mis en exergue par la Faculté de Lettres sur la page de présentation de la Licence sur le site de l'Université.
Ça fait toujours plaisir de se sentir soutenu et, s'agissant de la bibliothèque que je fréquente assidument professionnellement depuis trois semaines, ça fait encore plus plaisir de voir le travail des nouveaux collègues reconnu, d'autant plus que je suis certain que cette appréciation ne porte pas seulement sur le bâtiment ouvert au public depuis deux ans maintenant, mais également sur l'ensemble des ressources mises à disposition et sur les services proposés.
Par contre, il est un peu surprenant que les responsables de la Licence de Lettres modernes mettent en valeur ce témoignage, puisque l'étudiante de première année en question explique très clairement qu'elle va se réorienter vers un D.U.T. à l'issue de son année de fac. Mais d'un autre côté, cela permet de relativiser le taux d'échec énorme en première année de Licence de Lettres qui préoccupe tant l'Université. Si la fac permet à un étudiant d'améliorer sa culture générale, de gagner en autonomie et de préciser son projet de vie, je ne pense pas qu'on puisse vraiment parler d'échec, même si c'est comptabilisé comme tel en fin d'année dans les statistiques...

mercredi 27 août 2008

C'est pas facile de tricoter une politique de services au public !


Oui, décidément, il y a plein de contraintes contradictoires pour mettre en place une politique de services. Il y a les missions de l'établissement et les objectifs fixés par la tutelle, il y a l'existant des services, il y a les compétences disponibles au sein de l'équipe et celles qu'elle est susceptible d'acquérir, et surtout il y a le public, l'actuel et le potentiel, celui qui décidera ou pas d'utiliser ces services.
Une illustration de ces difficultés a été donnée dans une info de la Canadian Broadcasting Corporation signalée récemment par Unshelved : suite à une demande de la municipalité, le réseau de bibliothèques des Comtés unis de Stormont, Dundas et Glengarry au Canada va recentrer ses services sur la literacy (l'acquisition et la maîtrise des savoirs) et, en conséquence, des activités manuelles et artistiques proposées par les 18 bibliothèques du réseau vont céder la place à des clubs de lecteurs, des soirées Scrabble ou, sans que ça ait à voir avec la lireracy, des soirées jeux vidéo pour attirer les jeunes.
Une polémique est née autour de la décision de la bibliothèque de Long Sault de demander au club de tricot et de crochet Itch and Stitch de trouver un autre lieu pour se réunir.
Je ne sais pas si Pamela Haley, la responsable des services du réseau, compte s'engager dans la politique, mais elle y aurait peut-être de l'avenir. En réponse à cette polémique, elle a suggéré que les membres du club de tricot montent un club de lecteurs, ainsi ils pourront se réunir à la bibliothèque pour débattre de livres, et rien ne les empêchera de débattre en tricotant !
Cette histoire a fait le tour des sites et forums professionnels de bibliothécaires et l'article de la CBC a été commenté 57 fois à ce jour, beaucoup par des bibliothécaires. Je ne les ai pas tous lus, mais on y trouve à la date du 19 août, postée par Striker148, une réponse de Pamela Haley, qui donne des précisions. Elle explique notamment que l'idée n'est pas d'interdire les activités manuelles et artistiques, mais de favoriser l'hébergement d'activités qui font utiliser plus largement les services de la bibliothèque.
On dirait que, parfois, pour monter une politique de services, il faut être un peu fakir, pour marcher sur des aiguilles, et savoir qu'on peut se prendre des crochets !

mercredi 9 juillet 2008

Développement durable : une idée de recyclage de déchets en bibliothèque

Encore l'autre jour, en faisant visiter la bibliothèque à une nouvelle collègue, nous lui expliquions que les étudiants faisaient preuve ces derniers temps d'une autodiscipline remarquable pour respecter les règles de vie de la bibliothèque, et notamment le calme des salles de travail.
La seule exception reste le sempiternel problème des téléphones portables. Plus tellement leurs sonneries : la plupart des étudiants qui, je le soupçonne, n'éteignent pas leur téléphone pendant les cours, ont pris l'habitude de régler leur combiné en mode silencieux-vibreur. Par contre, il est empiriquement prouvé qu'il est à peu près impossible de mener discrètement une conversation téléphonique dans un lieu public quelconque.
On voit donc nos lecteurs sortir en courant avec leur téléphone des salles de travail et répondre dans les espaces communs (interdit chez nous) ou, les salles étant situées au 2e étage, ce qui fait beaucoup de marches à descendre et remonter pour une conversation de quelques minutes, dans la cage d'escalier (autorisé).
Problème : la cage d'escalier, comme notre bâtiment en général, est tellement sonore que les conversations dans ce lieu gênent presque autant que celles à l'intérieur de la bibliothèque.
Nous en étions à nous dire qu'il était dommage que la configuration de nos locaux ne permette pas d'aménager à cet étage un lieu à peu près insonorisé où nous pourrions autoriser les conversations téléphoniques, quand m'est revenue une idée qui m'avait déjà traversé l'esprit il y a quelques mois :
Après tout, il existe des espaces spécifiquement conçus pour permettre des conversations téléphoniques à peu près privatives. Et il se trouve que ces espaces sont de plus en plus délaissés, du fait justement du développement du téléphone portable. Et partout en France, l'Opérateur Historique supprime ces espaces de conversation téléphoniques, qu'on trouvait à chaque coin de rue ou presque.
C'est bien dommage car, si les appareils filaires que contenaient ces espaces ne seraient pas très utiles en bibliothèque, les cloisons qui le délimitent seraient tout à fait appropriées pour y créer des zones autorisées de conversations téléphoniques.
Alors, avant qu'il ne soit trop tard et que ces objets périmés ne soient tous mis au rebut, qui négociera avec France Télécom un partenariat pour recycler les cabines de téléphone publiques en... cabines de téléphone publiques dans les bibliothèques ??

En tout cas, si les bibliothèques ne se chargent pas de sauver ces cabines, d'autres le feront pour elles !

mercredi 28 mai 2008

Blog = Public aussi

Carte des lieux de connexion des visiteurs français du blog du 22 avril au 22 mai 2008
Allez, plus d'un an après le début de publication de ce blog, prenons un peu de temps pour nous pencher sur le public, toujours, oui mais sur le public de ce blog.
Du méta-blogging, donc, à partir des données fournies par l'outil Google Analytics, mais on verra que l'on peut en tirer des enseignements à la fois sur les pratiques de recherche d'information du public et sur la pertinence des réponses fournies par les moteurs de recherche.

Le public de ce blog, c'est grosso modo 1000 visites par mois par 800 visiteurs. Autrement dit, même si ce nombre inclut une proportion de programmes-robots, ce qui est sûr c'est que les commentateurs de ce blog et ceux qui établissent des liens vers ses billets (merci !), sont très fortement minoritaires.
A plus de 85%, les lecteurs se connectent depuis la France.
20% des lecteurs, probablement les habitués, se connectent directement (via un marque-page ou un lecteur RSS, j'imagine).
45% d'entre eux arrivent grâce à des liens situés sur d'autres sites, c'est là que l'effet de réseau joue à plein. Ce dernier mois, les sites qui ont amené le plus de visiteurs à Bibliothèque = Public sont Netvibes (100) (La Bibliosphère du Bibliobsédé qui marche très bien, je pense), le Blog BBF et Bibliopedia (90 pour les deux), grâce aux mentions de billets de ce blog dans le Bibliobuzz, l'agrégateur en ligne Bloglines (28) et les différents biblioblogs qui ont commenté certains billets ou mis ce blog dans leur liste de liens (merci !).

Là où la lecture de ces statistiques devient intéressante, voire même parfois fascinante et souvent très drôle, c'est quand on s'intéresse au tiers des visites, en moyenne, qui se font à la suite d'une recherche dans un moteur. Et soyons clair, "moteur de recherche", pour ce qui concerne les visites de Bibliothèque = Public, doit être considéré comme un synonyme à 95% de Google, puisque c'est la proportion que représente ce site dans cette catégorie.
Ce qui est fascinant avec Analytics, c'est qu'on a la liste des expressions de recherche entrées dans Google qui ont permis à l'internaute d'accéder au site. Sur un mois, du 22 avril au 22 mai 2008, 306 expressions de recherche différentes ont été utilisées par les visiteurs de ce blog pour y aboutir.
Le plus grand nombre concerne des gens qui cherchaient visiblement précisément ce blog ou son auteur, les autre sujets concernés par les recherches, parmi ceux qui sont effectivement traités par ce blog, concerne ce dernier mois (les liens pointent vers les billets que j'estime susceptibles d'avoir été principalement listés par Google en réponse à ces questions) :
Autre intérêt de ces listes d'expressions de recherche utilisées par les internautes, elles donnent, quelque soit le site concerné, un échantillon pris sur le vif des pratiques de recherche d'information des internautes, à prendre en compte par tous ceux qui sont amenés à faire de la formation à la recherche d'information. J'ai notamment remarqué que, assez souvent, les questions sont posées en langage clair, avec une phrase entièrement construite. Il y en a, plus rares, qui mettent à profit leur expérience de la recherche sur des bases de données ("bibliotheque* usager* or lecteur* or public* or service* or besoin*"), mais je ne suis pas sûr que cette technique soit particulièrement efficace pour une recherche avec Google.

Un autre enseignement de ces statistiques est d'ailleurs de montrer que la recherche plein texte avec Google atteint très vite certaines limites. On verra avec les quelques exemples qui suivent que les internautes qui sont arrivés sur ce blog avec ces expressions de recherche ont dû être particulièrement déçus (les liens pointent vers les billets listés par Google en réponse à ces requêtes ; les résultats de recherche ont été constatés aujourd'hui, mais sont par définition très volatiles) :
Ces trois recherches là sont plus récentes (27-28 mai), mais elles me plaisent trop pour que je ne les mentionne pas :
Je savoure d'avance la mise an abyme qui va se créer automatiquement quand ce billet va lui même être indexé par les moteurs de recherche. Et, après un an, si ce blog est parvenu à quelques chose, c'est au moins à devancer la Bibliothèque Publique d'Information dans les résultats de recherche Google portant sur "bibliothèque public" !!

jeudi 24 mai 2007

On croit toujours bien faire...


Et on croyait contenter tout le monde en programmant le remplacement, en trois vagues ces derniers mois, de toutes les chaises des places publiques du deuxième étage de notre bibliothèque. Soit quand même plus de 500 sièges en plastique, plus ou moins en bon état, d'un bel orange typiquement seventies (logique, puisqu'elles doivent dater pour la plupart de l'ouverture de la bibliothèque en 1976).
Cette opération a en partie été financée avec la quote-part qui nous revient sur les consommations des distributeurs.
Les nouvelles chaises dont en bois clair, avec un design sobre que, dans quelques années, on qualifiera peut-être de typiquement début XXIe.
Le remplacement des chaises s'est passé sans souci, jusqu'au jour où les collègues ont voulu échanger les dernières vieilles chaises, encore occupées par des étudiants, contre les belles chaises toutes neuves.
Dans un premier temps, une des étudiantes a refusé d'abandonner son siège. Elle l'a finalement laissé à nos collègues, mais pas sans lui confier avec un mot écrit à l'intention de la direction, sur feuille à carreaux avec une belle écriture ronde, dans lequel elle nous suppliait de ne pas remplacer les sièges actuels, bien rembourrés, contre des chaises en bois toutes dures, car elle et ses collègues passent de longues heures assis dessus...!

Eh voilà, nous avons cru bien faire, mais nous aurions peut-être dû faire une enquête au préalable pour savoir si nos étudiants préféraient des chaises éventrées mais rembourrées à des chaises en bon état (la vieille chaise en photo est un exemple de celles conservées en bon état). D'un autre côté, je suis persuadé que si nous avions fait une enquête de public au préalable, nous n'aurions pas pensé à poser cette question...
Reste que nous avons sur les bras quelques centaines de vieilles chaises oranges. Si elles suscitent tant de nostalgie chez nos étudiants, nous devrions peut-être prendre contact avec une association caritative pour organiser une vente de chaises aux anciens carabins qui se sont succédés ici depuis trente ans : après tout, c'est ce que la Mairie de Nancy a fait avec les anciens pavés de la Place Stanislas et l'opération a rencontré un très grand succès !!

jeudi 5 avril 2007

Périodique = Revue ?

Ca fait deux fois de suite que ça arrive lors de formations que j'anime, et ça ne peut pas être un hasard.
La première fois, une étudiante m'a interrompu pour me demander quelle était la différence entre "revue" et "périodique". Je lui ai répondu que je n'en faisais pas et que, dans mon discours, il fallait les considérer comme parfaitement synonymes.
La fois suivante, c'est un étudiant de 3e cycle qui m'a demandé de lui préciser ce qu'on entendait par "périodiques".
Conclusion : le terme "périodique" fait visiblement partie de notre jargon de bibliothécaire, et l'onglet de recherche "Périodiques" qu'on trouve dans notre nouveau catalogue devrait prochainement se transformer en un onglet "Revues" (enfin, dès que notre fournisseur aura trouvé le moyen de nous donner la main pour modifier ce catalogue, mais ça c'est une autre histoire...)