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mercredi 17 mars 2010

Le bureau de renseignement en ligne : point de contact essentiel, mais relativement peu fréquenté


Notre service de renseignement en ligne Question ? Réponse !  a été lancé début 2007. Il est géré avec QuestionPoint d'OCLC, en commun avec les universités de technologie de Troyes et de Compiègne.
Sur 2008 et 2009, on  nous a posé entre 350 et 370 questions, soit un peu moins d'une par jour calendaire (à Nancy, en 2007 et 2008, c'était un peu moins, soit une question par jour ouvrable en moyenne).
Presque toutes ces questions (97 %) sont adressées à l'université de Reims. Elles sont traitées en majorité par la section Droit-Lettres (de la moitié aux deux-tiers),15 à 30% des réponses étant assurées par le service informatique documentaire, qui assure la coordination globale de ce service.Les sections Santé et Sciences répondent respectivement à 7 et 13% des questions.
Plus de 75% des questions émanent d'étudiants, 10 à 15% d'enseignants et 10% d'autres publics
La typologie des questions suit grosso modo une répartition 40%-20%-20% : 40% pour les questions autour du prêt, 20 % pour l'accès à la documentation électronique et 20% pour les recherches documentaires.
Dans les 20% restant, on en compte 8 pour les conditions d'accès à la bilbiothèque, y compris les horaires d'ouverture.
A partir du moment où une bibliothèque est présente en ligne, il me semble qu'elle ne peut pas ne pas proposer à ses usagers un service d'accueil, leur permettant de poser des questions et d'obtenir des informations et des services. Techniquement, ça peut être le plus simple possible : un formulaire en ligne voire même une simple adresse de courier électronique. Il "suffit" derrière de suffisamment bien s'organiser pour répondre efficacement et rapidement. Mais au bout du compte, s'agissant d'un guichet d'accueil généraliste (le service de référence documentaire en ligne ne représente que 20% de l'activité), je trouve que ces services restent sous-utilisés. Peut-être que nous ne les mettons pas assez en avant, pourtant chez nous ce service a déjà droit à un traitement particulier : le formulaire est accessible depuis chacune des pages du portail du SCD, il est mis en valeur dans la colonne latérale du Quotidien de Robert, il est présenté dans toutes les formations à la recherche documentaire et il a même droit à un marque-page spécifique, disponible dans toutes nos bibliothèques.

dimanche 1 novembre 2009

Projet de ville numérique : Elle est où la bibliothèque ?


En plus de faire le bilan de son action au bout d'un an, en mettant en avant l'image de la BU, la ville de Reims s'est lancée à l'échelle de l'agglomération dans un exercice de prospective destiné à élaborer un projet pour Reims 2020. Trois équipes d'urbanistes planchent sur ce projet, qui comprend une phase de concertation publique avec notamment l'organisation de rencontres-débats.
Quatre de ces rencontres-débats se sont tenues en juin-juillet à la médiathèque centrale de Reims et il est bien dommage que la prochaine, prévue le 13 novembre, ait lieu ailleurs.
En effet, le thème de ce prochain rendez-vous est La ville numérique : comment favoriser un accès démocratisé de chaque citoyen en apportant de nouveaux services ?.
Sur l'invitation, ce titre est complété par l'argumentaire suivant :
"Internet, wifi, haut débit : aujourd'hui ne pas accéder aux TIC est un véritable handicap social. Comment la métropole de demain peut-elle assurer à chaque citoyen un accès à ces outils du quotidien ? Comment faire avancer la démocratisation de l'accès à ce nouveau type de service urbain ? Comment lutter contre la "fracture numérique" ?".
Certes, en réponse à ces interrogations il faut aborder la question des infrastructures et de nombreux aspects sociaux et économiques. Mais pour ma part, quand je lis ça, il ne me vient qu'une chose à l'esprit : le réseau de bibliothèques est là pour ça, à condition qu'il puisse s'adapter à temps à ces défis.
Je vois là, tracé en creux, le projet d'une bibliothèque des années 2010, la bibliothèque citoyenne point d'accès à la société de l'information, celle que j'évoquais en anticipation des municipales de 2020.
Ce qui m'inquiète un peu, c'est que la liste des intervenants pressentis n'indique aucunement que les organisateurs ont eux aussi pensé aux bibliothèques en le préparant...
De toute façon, au-delà de l'exemple spécifique de Reims, les premiers à convaincre sont peut-être les bibliothécaires eux-mêmes.
Oui, une bibliothèque c'est un lieu, des livres, des revues, de l'audiovisuel avec plein de services autour. Mais je vois mal aujourd'hui comment un projet de création de bibliothèque pourrait ne pas mettre en avant une offre numérique avec plein d'ordinateurs pour le public et du personnel pour l'accompagner et le former. Il est bien temps de rattraper l'erreur du tournant des années 2000, qui a vu les bibliothèques confier majoritairement ces missions à des agents non titulaires (en emploi-jeune le plus souvent) affectés à des "espaces" pas toujours intégrés au fonctionnement "normal" de la bibliothèque.
Ces missions sont désormais au coeur du rôle des bibliothécaires. A eux de de s'organiser et de se former en conséquence, si nécessaire, pour les assurer. Sinon, gageons que d'autre services publics sauront les supplanter.

samedi 17 octobre 2009

Prise de conscience solennelle



MOIS NATIONAL DE LA PRISE EN COMPTE DE LA MAITRISE DE L'INFORMATION, 2009

PAR LE PRESIDENT DES ETATS-UNIS D'AMERIQUE

UNE PROCLAMATION

Chaque jour, nous sommes inondés de quantités énormes d'information. Un cycle continu d'actualités et des milliers de chaînes de télévision et de stations de radio dans le monde entier qui bousculent notre perception établie de longue date de la gestion de l'information. Plutôt que de simplement posséder l'information, nous devons également développer les compétences nécessaires pour acquérir, classer et évaluer l'information dans n'importe quelle situation. Ce nouveau type d'alphabétisation demande également des compétences en technologies de la communication, y compris les ordinateurs et les appareils mobiles qui peuvent faciliter nos prises de décision au quotidien. Le mois national de la prise en compte de la maîtrise de l'information souligne le besoin pour tous les américains de posséder les compétences nécessaires pour se diriger efficacement à l'Ere de l'Information.
Même si nous savons comment trouver l'information dont nous avons besoin, nous devons aussi savoir comment l'évaluer. Ces dix dernières années, nous avons vu émerger une crise de l'authenticité. Nous vivons maintenant dans un monde où tout un chacun peut publier une opinion ou un point de vue, vrai ou non, et voir l'écho de cette opinion amplifié par le marché de l'information. Simultanément, les Américains ont un accès sans précédent aux sources d'information diverses et indépendantes, ainsi qu'aux institutions telles que les bibliothèques et les universités, qui aident à distinguer la vérité de la fiction et le signal du bruit.
Les éducateurs de Notre Nation et les établissements d'enseignement doivent être conscients de - et s'ajuster à - ces nouvelles réalités. En plus des compétences de base, lecture, écriture, arithmétique, il est tout aussi important que les élèves soient dotés des outils nécessaires pour profiter de l'information à leur disposition. La capacité de chercher, trouver et décoder l'information peut être utile pour un nombre incalculable de décisions dans la vie, qu'elles relèvent des finances, de la santé, de l'éducation ou de la technique.
Ce mois-ci, nous nous consacrons à augmenter la prise de conscience de la maîtrise de l'information afin que tous les citoyens comprennent son importance vitale. Une citoyenneté informée et éduquée est essentielle au fonctionnement de notre société démocratique moderne, et j'encourage les établissements pédagogiques et sociaux dans tout le pays à aider les Américains à trouver et évaluer l'information qu'ils recherchent, sous toutes ses formes.
AINSI DONC, MOI, BARACK OBAMA, Président des Etats-Unis d'Amérique, en vertu de l'autorité qui m'est conférée par la Constitution et les lois des Etats-Unis, je proclame Octobre 2009 le Mois National de la Prise en Compte de la Maîtrise de l'Information. J'appelle le peuple des Etats-Unis à reconnaître le rôle important que l'information joue dans notre vie quotidienne et à apprécier la nécessité d'une meilleure compréhension de son impact.
EN TEMOIGNAGE DE QUOI, j'ai apposé ici ma main en ce premier jour d'octobre, dans l'année deux mille neuf de Notre Seigneur, et deux cent trente-quatre de l'Indépendance des Etats-Unis.

BARACK OBAMA

(Le texte original se trouve sur le site de la Maison Blanche. Traduction à la volée, sans fignolage, par votre serviteur)

Bon, hormis la référence religieuse, typique des américains, et qui me fait chaque fois me réjouir de travailler pour un état laïc, j'approuve et soutiens ce texte des deux mains. L'American Library Association aussi, évidemment, qui a publié dès le lendemain de cette déclaration un communiqué, en profitant de l'occasion pour demander que les bibliothèques bénéficient d'un plan de développement du haut-débit en préparation.
En fait, il s'agit du texte officiel le plus enthousiasmant sur les bibliothèques que j'ai lu depuis la décision du conseil constitutionnel protégeant la liberté d'accès aux services de communication au public en ligne au titre de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
A côté de ça, la situation actuelle en France pour ce qui concerne la politique publique d'accès à l'information est à pleurer. Le ministère de la culture en est à chercher un remplaçant à Lire en Fête pour 2010. Pour une fois, il serait bien avisé de s'inspirer de cet exemple américain, qui donne des pistes très similaires - ce n'est pas un hasard - à ce que lui suggérait récemment le Bibliobsédé.
Pour le reste, faut pas rêver. Je ne parle même pas d'une éventuelle loi sur les bibliothèques, plus du tout à l'ordre du jour et dont je ne suis pas sûr qu'elle serait vraiment utile, mais si on s'en tient à l'accès et à la maîtrise de l'information, le seul message que font entendre les pouvoirs publics est répressif.
Quant à la structure administrative en place pour appliquer cette non-politique, elle est évidemment à l'avenant, que ce soit du côté éducation nationale ou du côté culture. Il n'y quasiment plus de Direction, donc, au sens propre et au figuré, pas de grande Mission non plus, ne restent que des missions et sous-missions (qu'on peut entendre, au singulier comme démission et soumission...).
Nos services publics sont souvent montrés en exemple par rapport à ceux des libéraux Etats-Unis, mais pour ce qui est de ceux chargés de l'accès à l'information, on va peut-être finir par devenir américanophile...

lundi 14 septembre 2009

Prêt électronique de livres : l'expérience déprimante


Depuis mars 2006, notre SCD propose un prêt électronique de livres , expérimenté à l'origine dans le cadre d’un projet national piloté par la Direction de la Technologie (sous-direction TICE) du Ministère de l’Education nationale. Nous mettons à disposition des lecteurs un catalogue de près d'un millier de titres via la "librairie numérique" Numilog. Les lecteurs peuvent emprunter 2 ouvrages pour une durée de 7 jours.
A mon arrivée l'an dernier, je me suis réjoui d'apprendre que nous étions en mesure de diversifier notre offre avec une telle collection, incluse dans notre palette de services à distance.
J'ai assez vite déchanté, et avec un an de recul je dresse un bilan plutôt négatif.
Tout d'abord, j'ai été effaré quand je me suis rendu compte que le système mis en place était entièrement calqué sur le prêt de documents physiques : la bibliothèque est dotée de rayonnages virtuels en ligne contenant des exemplaires de livres électroniques qu'elle a acquis. Si un de ces livres est emprunté, il n'est plus disponible pour les autres lecteurs, exactement comme c'est le cas pour des documents physiques !
Je suis le premier à taper sur les éditeurs de revues électroniques, dont la politique tarifaire s'assimile souvent à la pratique des bandits de grand chemin, le couteau sous la gorge, " la bourse ou la vie" et tutti quanti, mais au moins le système mis en place est généralement fonctionnel et efficace : je peux sans trop me tromper affirmer à un groupe d'étudiants en Droit que, lorsqu'ils sortent d'amphi avec une recherche de jurisprudence à faire, ils n'en sont plus à se battre pour consulter le seul exemplaire papier d'une revue qui contient un commentaire d'une décision, mais ils peuvent tranquillement, de la BU ou de chez eux la plupart du temps, consulter l'article concerné en version électronique, tous ensemble ou presque.
Là non, le seul "plus produit" de Numilog par rapport à un livre imprimé c'est que l'emprunt se faire à distance. Sauf que l'ergonomie n'est pas au rendez-vous. Lorsque le service a été lancé, on pouvait consulter les livres empruntés avec le logiciel Acrobat Reader, ce qui ne posait pas de problème particulier puisque ce logiciel est déjà présent sur une très large majorité des ordinateurs. Depuis environ un an, afin je suppose de mieux gérer les "DRM" qui permettent de contrôler la durée du prêt et d'éviter le piratage des fichiers, Numilog demande à ses utilisateurs d'installer sur le poste un autre logiciel d'Adobe, Digital Editions.
J'ai eu une fois ou deux l'occasion, au téléphone, d'aider un lecteur à installer Digital Editions. Le moins que je puisse dire c'est que ça n'a pas été simple, et que j'ai poussé un grand ouf quand au bout d'une demie-heure la personne avait réussi à emprunter son document !
Mais l'autre problème que pose Adobe Digital Editions, c'est qu'il n'est pas installé sur nos postes publics, que les lecteurs n'ont pas les droits pour l'installer, et que de toute façon s'ils pouvaient le faire, ils ne pourraient consulter le document emprunté que sur la machine sur laquelle ils ont fait leur emprunt, par définition utilisée par de nombreuses personnes tout au long de la semaine. Bien sûr, ce service vise avant tout le prêt à distance, mais il y a quand même quelques références que nous avons uniquement en électronique et c'est quand même un comble de ne pas pouvoir proposer leur consultation sur place.
Si nous avons persévéré dans l'expérience Numilog encore cette année, c'est parce que, pour les livres entrés au catalogue plus récemment, deux modes de consultation sont possibles : l'emprunt avec Digital Editions, avec toutes les difficultés que je viens d'évoquer, ou la consultation en ligne, qui permet de consulter le livre dans son intégralité, sans formalité(uniquement en s'identifiant si on est à l'extérieur du campus) et sans quitter son navigateur.
Autant que je sache, il n'y a pas de limitation du nombre de consultations simultanées d'un livre, c'est donc un mode de lecture bien plus satisfaisant que l'emprunt proposé. Sauf que je me suis rendu compte avec horreur récemment que, l'analogie avec le document papier étant poussée jusqu'au bout, un livre électronique n'est consultable dans les rayons de notre bibliothèque virtuelle que si et seulement si il n'a pas été emprunté !
On en viendrait presque à déconseiller aux lecteurs d'emprunter ces livres pour qu'ils profitent au plus grand nombre et, en l'état actuel des choses, si j'avais à donner mon avis, j'opterais pour un retour en arrière plutôt que de persister à proposer un service non satisfaisant, en attendant qu'une formule d'abonnement calquée sur ce qui se fait pour les revues soit disponible.
Quand à mon lecteur qui n'avait pas d'ordinateur personnel et qui souhaitait consulter le livre Une approche de la problématique de l'identité : le Maghreb arabe contemporain de Mohamed Salah Hermassi (2004), la meilleure solution que j'ai eu à lui proposer, paradoxe des paradoxes, c'est de consulter les larges extrait du livre disponibles sur Google Books !!!

mercredi 22 juillet 2009

La science-fiction devenue réalité, le désherbage facilité


Quand je suis arrivé à l'école primaire, à la toute fin des années 1960, marcher sur la lune ne relevait déjà plus de la science-fiction ou de l'anticipation, mais il restait de quoi rêver : voler comme Superman, se parler en visiophonie, c'est le genre de choses dont les BD parlaient pour le futur, pour l'an 2000. Il ne nous venait pas à l'idée de nous étonner simplement du fait qu'on puisse voir du son et des images sur une télévision ou se parler d'un bout du monde à l'autre au téléphone, comme on ne s'étonne pas - ou déjà plus - aujourd'hui que la visiophonie soit facilement accessible avec une connexion internet et une webcam.
Quand j'ai lu 1984 de George Orwell (en 1984 : je me suis dit que c'était l'année ou jamais...), puis bien plus tard La ferme des animaux (plus ramassé et plus efficace à mon sens avec sa forme de fable dans sa dénonciation de la manipulation du discours et des masses), j'étais bien conscient que George Orwell évoquait une certaine anticipation en s'appuyant sur des expériences passées (Il avait choisi initialement comme titre 1948 plutôt que 1984) et je n'imaginais pas vivre vingt-cinq ans plus tard dans une société où l'information véhiculée par une multitude de technologies serait à la fois omniprésente et hyper-fragilisée. Une société où, au nom du droit d'auteur et de l'économie, on envisage de mettre en prison des personnes qui téléchargent des fichiers, comme en France; où il suffit de contrôler quelques points d'accès au réseau pour surveiller et contrôler l'accès à internet, comme en Chine; où il suffit de brouiller ou neutraliser quelques relais téléphoniques pour empêcher le fonctionnement des téléphones portables, comme en Iran dernièrement.
Un jour, c'est le principal point d'accès (privé) au réseau, Google, qui indique par erreur qu'aucun site ne fonctionne. Un autre, c'est le numéro un mondial de la librairie en ligne, Amazon, qui supprime des lecteurs Kindle qu'il a vendus à ses clients les exemplaires de 1984 et La ferme des animaux qu'il leur a également vendus, sans prévenir les-dits clients et au motif que la société venait de se rendre compte qu'elle avait vendu des exemplaires pirates à l'insu de son plein gré.
Franchement, si cette information était sortie au moment d'un 1er avril, je n'y aurais pas cru une seconde !
Franchement, le roman L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde dont je viens de terminer la lecture, qui met en scène un terroriste qui s'empare de manuscrits de romans et menace d'en faire disparaître les personnages principaux en intervenant dans le récit, me parait d'un seul coup moins délirant.
Du point de vue des bibliothécaires, à l'heure où nous développons des collections numériques, où nous pensons à proposer de nouveaux services associés comme le prêt de lecteurs de livres électroniques ou le prêt de lecteurs MP3 pour les podcasts de cours par exemple, cette aventure ne peut que nous interroger et inciter les responsables des acquisitions de documentation électronique à encore plus de prudence dans leurs - très difficiles - négociations avec les fournisseurs.
En effet, avec les documents matériels, on savait ce qu'on achetait. Un objet, grosso modo. Et la licence d'utilisation était relativement simple, autour des droits de consultation sur place, de prêt, de reproduction.
Pour la documentation électronique, c'est plus compliqué car souvent ce qu'on achète c'est un droit d'accès, lié à un abonnement. L'accès aux archives une fois l'abonnement terminé est d'ailleurs un passage obligé au menu des négociations des conditions d'abonnement aux ressources en ligne.
En tout cas, si la méthode Amazon sera peut-être bientôt enseignée comme une façon ultra-efficace de désherber les collections, cette aventure va m'inciter à la prudence. Que nous dira notre direction le jour où nous aurons fourni à tous les étudiants de Master inscrits aux concours du CAPES et de l'Agrégation un lecteur de livres électroniques avec toutes les oeuvres au programme et des critiques afférentes, si tout s'efface à la veille des révisions pour une traite impayée ? Ce jour-là, il faudra nous savoir nous transformer en homme invisible !

A lire, sur l'effacement des Kindle de 1984 et de La ferme des animaux :
AFP - New-York Times - Libération - Rue 89