Pages

Affichage des articles dont le libellé est catalogue. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est catalogue. Afficher tous les articles

samedi 12 novembre 2011

Du nouveau pour les nouveautés


Ça fait un moment que je m'intéresse à la question de l'information du public sur nos nouvelles acquisitions. A Nancy, en 2007, nous avions lancé un blog de SéleCtion D Nouveautés, qui vit toujours, même s'il a changé de titre et d'adresse.
D'autres BU font des choses très bien et très élaborées dans ce domaine. Je ne me suis pas lancé dans une enquête approfondie, mais rien que ces derniers jours des collègues m'ont signalé la belle étagère de nos voisins picards et les listes thématiques de Franche-Comté avec déroulant des couvertures.
A Reims, il se trouve que notre grande et belle bibliothèque fonctionnelle a été organisée depuis son ouverture en 2006 sans présentoirs de livres. Il y a juste une ou des tables, suivant la période, où nous présentons les sélections thématiques réalisées très régulièrement.
Cet été, les collègues ont mis en place pour la première fois, au niveau de l'entrée dans les espaces de travail de la bibliothèque, un meuble de présentation d'une sélection de nouveautés, avec en amont une organisation pour sélectionner et renouveler ces documents au moment du catalogage et de l'équipement.
Du coup, ça m'a incité à lancer un projet qui me trottait depuis longtemps dans la tête, celui de produire  automatiquement une liste de nos nouvelles acquisitions (les solutions proposées "de série" avec notre OPAC Horizon Information Portal n'ont pas été retenues à Reims, probablement pour les mêmes raisons qu'à Nancy 1, c'est à dire leur manque d'ergonomie. On peut voir ce que ça donne à Nancy 2, avec l'obligation de naviguer dans le plan de classement, de cocher et de valider...).
Mon idée de départ était d'avoir une liste extraite de notre SIGB Horizon, qu'on pourrait mettre en ligne, sur une page fixe de notre blog par exemple, en l'agrémentant d'un fil RSS dédié. Nous y sommes parvenus, on va le voir et le schéma ci-dessus en donne une idée, au prix d'une succession de bricolages et de bidouillages.
  1. L'extraction des données du SIGB

    Une condition essentielle de mise en oeuvre du projet. Là, je me suis adressé à ma collègue magicienne du SIGB et je lui ai lancé un défi pour l'été. Pourrait-elle en interrogeant les entrailles de la bête produire chaque mois une liste de documents dont la notice a été créée depuis une date donnée et dont au moins un exemplaire est disponible pour le prêt, en récoltant à la fois des données concernant la notice bibliographique (Titre, Auteur, Editeur, Année de parution , et surtout le numéro interne de la notice, qui permet de construire l'URI et ainsi de faire un lien internet direct vers le document) et des données d'exemplaire (Localisation, Cote).
    Une magicienne c'est magique, et ma collègue est très vite parvenue au résultat espéré, en utilisant plusieurs requêtes successives et en tambouillant les résultats obtenus dans sa marmite-tableur. Par la suite, des réglages complémentaires ont été nécessaires quand nous nous sommes rendus compte que les exemplaires "en traitement" écartés d'une liste un mois donné passaient au travers des mailles du filet le mois suivant car la date de création de leur notice était trop ancienne.
    .
  2. La mise en ligne des informations
    Là, ce fut presque trop simple. En arrangeant bien le fichier du tableur avec les colonnes dans le bon ordre et la création par formule du lien vers la notice, un simple copier-coller en mode HTML depuis le tableur vers la nouvelle page statique de présentation des nouveautés sur le blog nous a permis d'aboutir au résultat escompté. Sauf que nous avons découvert avec horreur que, si nous collions plus de 100 nouveautés, Wordpress effaçait tout le contenu de la page. Il n'y aura donc que 100 nouveautés sur la page générale, et aussi 100 sur chacune des pages thématiques (il y en a rarement autant que ça d'acquises chaque mois pour un thème donné) car, au fil du projet, un collègue m'a judicieusement fait remarquer que, comme nous disposions de la localisation des nouveautés (un code collection lié à un pôle thématique), il nous était facile de produire des sous-listes par pôle. Ce qui fut fait et qui, au passage, nous a permis de répondre positivement à une demande émise par des enseignants lors d'un récent conseil de la documentation !
    .
  3. La création de flux RSS

    C'est là que les choses ont commencé à se compliquer. Alors que tout était en place un vendredi cet été au moment où je suis parti en week-end pour créer les flux RSS la semaine suivante avec Ponyfish (les tests avaient été positifs), j'ai reçu le dimanche un message du créateur de ce service indiquant que, pour diverses raisons, il allait l'arrêter définitivement le 15 août !
    Il a donc fallu que je me mette en quête d'un service de remplacement (gratuit). Après quelques tatonnements, mon choix s'est porté sur Dapper, un service du groupe Yahoo! qui propose de créer, à partir d'une source d'information définie, des flux d'information ou gadgets sous différents formats, du XML à l'email, en passant par le Google Gadget ou le module Netvibes, en incluant le RSS.
    Le service est performant, avec des possibilités de paramétrer finement son flux en entrée et en sortie. Seul bémol : les serveurs de Dapper semblent parfois un peu lents à répondre ce qui rend impatients les agrégateurs qui peuvent indiquer une erreur de lecture de contenu.
    .
  4. La publication des nouveautés sur la page Facebook de la BU
     

    Le projet original s'arrêtait à l'étape 3 : produire des listes de nouveautés et y associer des flux RSS. Mais quelque chose me gênait : ces flux allaient être dormants pendant un mois entier avant d'être alimentés d'un seul coup de plusieurs dizaines de nouveautés. Pas gênant pour quelqu'un qui veut juste être informé de l'ensemble de la liste des nouveautés mais pénible si on voulait, comme on en a l'habitude, afficher un extrait du flux avec un gadget Javascript (3 à 5 éléments) sur notre blog, notre page Facebook ou le site du SCD.
    Je n'ai pas trouvé (ni cherché) de solution pour le blog et le site, mais pour la page Facebook je me suis souvenu d'avoir remarqué que l'application RSS Graffiti que nous utilisons pour diffuser automatiquement nos billets de blog sur Facebook comporte un onglet permettant de programmer la publication du flux (nombre d'infos publiées à la fois, délais, enchaînement des infos...).
    Je me suis donc lancé dans l'aventure et en fait c'est ce qui a pris le plus de temps dans tout le projet ! Car pour ce faire, RSS Graffiti m'a demandé une date de publication pour chaque élément du flux, ce que nous n'avions évidemment pas inclus. Retour au tableur, donc, puis à la page du blog (la date y est incluse mais en blanc sur fond blanc car elle n'est pas significative), puis à Dapper pour ajouter un champ date au flux RSS, etc.
    Et malheureusement il y a eu un grand nombre d'allers-retours car RSS Graffiti refusait de publier les infos ou en publiait une puis s'arrêtait (nous avons choisi un rythme de publication d'une nouveauté par jour sur la page Facebook). Au bout du compte, ce sont les messages d'erreur de RSS Graffiti qui nous ont fait comprendre qu'l suffisait de respecter la norme de présentation des dates (du style Wed, 02 Nov 2011 00:00:36 GMT) pour que ça fonctionne...
Il est clair que l'échafaudage que nous avons construit est complexe et fragile, mais au bout du compte nous avons réalisé nos objectifs. Désormais, au prix d'environ 2h de travail par mois (1h pour les extractions du SIGB et 1h pour la mise en ligne des informations), nous proposons à nos usagers des listes thématiques de nouveautés, avec des flux RSS associés, et nous enrichissons chaque jour notre page Facebook avec la mise en valeur d'une nouveauté (sans l'image de la couverture, malheureusement).

    lundi 2 mai 2011

    Notre catalogue indexé par Google !!


    Ou, plus précisément, on trouve des résultats de recherche pointant vers notre catalogue dans Google !!
    Ce matin, je cherchais un lien vers la page sur le site de l'éditeur d'un nouveau livre que je voulais signaler sur Facebook. Je tape trois mots clés, je ne trouve pas ce que je cherche dans les tout premiers résultats et, stupéfaction, je découvre en huitième position un lien vers notre catalogue !
    Stupéfaction car, un de mes grands drames c'est que l'immense majorité des catalogues de bibliothèques, avec quelques exceptions comme Calice68, fait partie du web invisible et que la masse de données qu'ils contiennent n'apparait pas lorsque les internautes font une recherche sur un moteur généraliste.
    Et là, pof, je cherche des infos sur L'argent, coordonné par Michel Wieviorka, et Google me renvoie obligeamment vers la liste des oeuvres de cet auteur figurant à notre catalogue...
    Autant que je sache - et après vérification c'est bien le cas - nous n'avons pas fait de modification récente de notre OPAC permettant d'expliquer comment Google aurait désormais la possibilité technique d'indexer la base de données de notre catalogue.
    Ce qu'il ne fait pas, je crois, après avoir fait quelques vérifications.
    En faisant une recherche limitée à notre catalogue sur "droit civil", j'ai obtenu 6 résultats Google (mêmes résultats en me déconnectant de mon compte Google), qui pointent soit vers un document unique, soit vers des recherches sur divers critères, avec presque à chaque fois un numéro de session inclus dans l'URL enregistrée par Google. Cela donnerait à penser que les résultats de Google pointant vers notre catalogue ne résultent pas d'une indexation de nos données elles-mêmes mais d'une requête dans des réservoirs de données constitués par Google, alimentés probablement par l'historique des requêtes ou des navigations web d'une partie des internautes.
    Ce réservoir est limité (une recherche sur "droit civil" dans notre catalogue retourne 996 résultats...) mais loin d'être négligeable, mon expérience de ce matin le prouve. Une recherche sur "droit" limitée à notre catalogue renvoie quand même déjà 1390 résultats. J'ai fait l'essai avec deux autres catalogues Horizon Information Portal et j'ai eu le même type de résultats pour Lille 3 et Toulouse.
    Mine de rien, cette nouvelle donnée accroît singulièrement la visibilité des bibliothèques sur le web (idem pour les librairies) : si la page du livre sur le site officiel de l'éditeur n'apparaissait pas ce matin sur la première page de résultats de ma recherche, le tout premier résultat pointait lui sur le catalogue de la BPI !

    vendredi 21 janvier 2011

    SUDOC local : juste un premier pas



    J'ai l'impression que l'annonce par l'ABES du lancement du nouveau service Sudoc Local a suscité peu de réactions.
    Pour ma part, c'est une annonce que j'attendais depuis plus de deux ans, c'est à dire depuis le lancement de Worldcat Local et l'annonce du renforcement des coopérations entre l'ABES et l'OCLC.
    Qu'est-ce que j'espérais ? Et bien, comme je l'expliquais à l'époque, j'espérais qu'il serait bientôt possible de bénéficier pleinement de l'apport d'un catalogue collectif sans avoir à importer les notices pour alimenter et entretenir un catalogue local avec toutes ses complexités de liens entre les notices, d'index ou d'autorités. Pour cela, on a besoin :
    • de pouvoir interroger ses collections au sein du gros ensemble qu'est le catalogue collectif
    • et puis de faire le lien localement entre ces notices, ses propres exemplaires et son fichier de lecteurs pour la circulation.
    Je reste fortement sur ma faim après le lancement du Sudoc Local car ce qui est proposé pour l'instant correspond uniquement à la première étape. Pour la seconde, l'ABES annonce tout de suite la couleur :
    Le Sudoc local peut-il être interconnecté avec les SIGB ?
    Non, comme le catalogue générique Sudoc, le Sudoc local n’est pas connecté avec les SIGB. Il ne donne donc pas d’information sur la disponibilité des références signalées.

    C'est décevant, très décevant, d'autant plus que Worldcat Local, service sur lequel on aurait pu penser que le Sudoc Local était modelé, aborde lui très différemment la question de l'interopérabilité :
    With which ILSs does WorldCat Local and "quick start" work?
    OCLC has completed integration of WorldCat Local with several integrated library systems, and continues to work on interoperability with other systems. WorldCat Local is currently active at libraries with the following systems...

    Pour en savoir plus, j'ai pioché un exemple parmi ceux signalés par l'OCLC pour faire la publicité de son service, celui de la bibliothèque Kreitzberg de l'Université de Norwich aux Etats-Unis.
    Et ça marche : avec leur Worldcat Local j'ai pu faire une recherche en bénéficiant des fonctionnalités de Worldcat et en étant informé de la localisation et de la disponibilité des exemplaires. Ça fonctionne parce que la bibliothèque alimente en parallèle son SIGB avec ces informations et que les deux programmes communiquent. Norwich propose d'ailleurs toujours un accès son "catalogue classique", mais l'idée serait bien de se débarrasser complètement de la gestion des notices bibliographiques en local et de ne conserver un SIGB, ou un logiciel équivalent plus léger, que pour gérer la circulation des documents et les relations avec les lecteurs.
    Le SUDOC local a été développé et mis en production dans un établissement pilote, la bibliothèque Jacques Doucet. (consulter son catalogue).On comprend que les questions que j'évoque ici ont pu être écartées ou ignorées lors des phases de test lorsqu'on sait que la bibliothèque Jacques Doucet fait partie de cette catégorie particulière de bibliothèque de recherche dont les collections sont proposées uniquement à la consultation sur place, pas du tout au prêt ! Espérons que, dans une phase ultérieure du développement de ce produit, le cas de la grande majorité des bibliothèques concernées sera pris en compte !

    mardi 7 septembre 2010

    De la musique dans le catalogue


    Cet été, en consultant le catalogue de la Médiathèque d'Epernay, l'établissement que je fréquente pour mes loisirs, j'ai eu la bonne surprise de découvrir que les notices des nouveaux CD s'accompagnent d'extraits musicaux. En plus, la solution adoptée est élégante, celle du lecteur sous licence Creative Commons Dewplayer, qui a l'avantage de fonctionner sans installation particulière avec la grande majorité des navigateurs, pour peu j'imagine qu'on ait une version de Flash installée pas trop ancienne. C'est beaucoup mieux que ces sites commerciaux qui me réclament encore d'installer l'horrible Real Player pour écouter du son.
    Evidemment, la durée de ces extraits est limitée aux trente secondes réglementaires et il a été décidé de ne proposer des extraits que pour cinq titres de chaque album, mais je trouve cette fonctionnalité intéressante pour qui veut faire son choix d'emprunts ou de réservations (les nouveautés sont souvent très demandées) ou, quand le nombre de notices "sonores" sera plus conséquent, pour identifier plus facilement un titre ou un CD.
    Par exemple, le titre de l'album d'Oldelaf et Monsieur D, Dernière chance d'être disque d'or, et le résumé proposé ont attiré mon attention. C'est un peu moins évident à l'écoute des extraits (plus électronique et moins chanson que ce que j'imaginais), mais j'emprunterai sûrement ce disque.
    Renseignement pris (en consultant le code source de la notice), les extraits musicaux sont fournis et hébergés par GamAnnecy, un fournisseur qui explique sur son site qu'il peut livrer des CD accompagnés d'une notice enrichie (visuel de pochette, extraits sonores, résumé, références de revue de presse).
    J'ai l'impression qu'il doit y avoir une collaboration particulière avec Opsys, car Gam précise que les notices sont fournies via un filtre de reformatage adapté fourni par Opsys, tandis que aussi bien la Médiathèque d'Epernay que celle de Pessac, qui  a testé cette solution (sans les extraits musicaux, il me semble), utilisent l'OPAC Aloès d'Opsys.
    Bref, un enrichissement assez séduisant du catalogue, avec juste un petit bémol (potentiel) : les extraits musicaux et les visuels de pochette étant stockés chez Gam (à cette adresse http://www.gamannecy.com/polysson/200906/05-5099996475423.mp3 par exemple pour le titre Trahis d'Oldelaf et Monsieur D), je me demande ce qui se passera si un jour Gam a la mauvaise idée de changer l'adresse de son site web. Faudra-t-il se lancer dans une  modification en nombre des notices ? Et si ça devait intervenir à un moment où la bibliothèque n'est plus cliente chez Gam, cette fonctionnalité sera-t-elle tout simplement perdue ?
    En tout cas, pour l'instant elle est là, et c'est bien, mieux par exemple à mon goût que la solution retenue par la Médiathèque d'Orthez (repérée grâce à Bibliopedia), qui propose également des extraits musicaux  dans son catalogue grâce à un partenariat avec Amazon, mais avec  la nécessité d'installer Real Player.

    dimanche 15 novembre 2009

    L'indexation sujet dans les catalogues, fierté et honte des bibliothécaires


    Nous sommes actuellement en pleine période de formation des premières années de licence : visite de la bibliothèque, présentation de l'offre documentaire et de services, utilisation du catalogue et de ressources en ligne.
    Pour le catalogue, nous préconisons une méthode qui me parait tout à fait efficace et sensée et que je préconise depuis longtemps : dans la majorité des cas, se contenter pour commencer d'une recherche simple puis, lorsqu'on a trouvé un document correspondant visiblement à ce que l'on recherche, cliquer sur le mot sujet correspondant pour obtenir la liste de tous les documents dûment identifiés par la bibliothèque comme traitant précisément du même sujet.
    Très bien, sauf que ça ne marche pas.
    Depuis plus de trois ans, j'ai pu le constater, à chaque fois que j'ai fait des contrôles soit pour répondre à la demande d'un usager, soit dans le cadre de mes propres recherches : 9 fois sur 10 au moins, on constate des incohérences dans l'indexation sujet. Je ne parle pas ici de la part de subjectivité inhérente à la pratique de l'indexation, ni même de la difficulté de choisir le niveau de l'indexation, du général au particulier. Non, ce que je constate dans les catalogues que j'ai utilisés, à Nancy ou à Reims, ce sont de vraies incohérences : des éditions différentes d'un même document qui ont à peine un sujet en commun ou des façons différentes de décrire un même sujet.
    Prenons un exemple. L'autre jour, je voulais vérifier si le livre Accueillir les publics de Marielle de Miribel que mes collègues m'avaient transmis avait été mis sur ma carte. Par distraction et par atavisme, j'ai tapé comme mots clés "accueillir orienter" dans notre catalogue, ce qui m'a bien sûr renvoyé à la notice du livre de référence de Bertrand Calenge, Accueillir, orienter, informer.
    Plutôt que de faire une autre recherche, j'ai voulu faire mon test habituel : rebondir sur un mot-clé sujet pour retrouver l'autre livre. Peine perdue : les deux livres n'ont aucun descripteur sujet en commun, alors qu'il n'y a pas besoin de se creuser longtemps pour savoir que leurs thématiques sont très proches. Mais là, on trouve en sujets pour le Calenge "Bibliothèque et lecteurs" et "Bibliothèques - Utilisation" et pour le Miribel "Bibliothèques - Accueil et orientation des publics", "Bibliothèques - Services aux publics" et "Bibliothèques - Publics".
    L'indexation des deux éditions du livre de Bertrand Calenge, en 1996 et 1999, se recoupe en partie, mais en partie seulement.
    Alors à quoi est-ce dû ? Notre catalogue n'est pas plus mauvais qu'un autre, nous jouons à fond le jeu du SUDOC... En fait, je pense que tous les catalogues connaissent ce genre de problème, surtout au fil du temps, car le catalogue, emblème de la bibliothèque, est aussi un témoin de son histoire et, avec ses différentes strates, un témoin archéologique de la l'histoire de l'établissement.
    Quoi qu'on fasse, un catalogue ne sera jamais parfait et une indexation sujet ne sera jamais parfaitement cohérente à l'échelle d'une collection de plusieurs centaines de milliers de documents catalogués sur des dizaines d'années (On connait tous pourtant des collègues qui ne s'en sont pas encore rendus compte et perdent leur temps et se rendent malades à essayer de "nettoyer" leur catalogue chéri. Je ne sais pas vous, mais moi j'appelle ça la cataloguite aigue).
    Pour ma part, ce qui m'inquiète, c'est que notre catalogue tel qu'il fonctionne actuellement avec son rebond sur les mots clés sujet ne rend pas un bon service aux usagers. Pire, il les induit en erreur : on lui laisse croire qu'en choisissant de cliquer sur un sujet il va obtenir la liste de tous ceux qu'on lui propose sur ce sujet précis, ce qui est rarement le cas.
    Que faire alors ? Abandonner tout bonnement l'indexation sujet ? Sûrement pas. Il me semble que les bibliothécaires sont en plein dans leur rôle en indiquant ou en validant les sujets traités par un document donné en fonction des usagers potentiels de la bibliothèque.
    Non, ce qu'il faut, c'est modifier nos OPAC. Cette histoire de liens pré-établis entre des autorités normalisées, ça ne marche pas. Ce qui fonctionne, et ce qui existe déjà, même si c'est pour des outils encore novateurs peu répandus, c'est la possibilité d'un rebond sur un sujet - ou sur tout autre type de donnée descriptive - à partir de facettes qui ne sont pas pré-établies d'avance mais dont la liste est établie à partir des résultats mêmes de la requête, piochés dans la zone sujet, mais aussi dans les autres zones significatives comme le titre ou les notes. Ainsi, on peut affiner intuitivement une première requête en étant certain de ne pas rater de résultats répondant à la question posée. Mais en attendant notre réinformatisation, prévue à moyen terme, j'ai le temps de continuer à m'énerver en contrôlant les résultats de mes requêtes catalogue...

    lundi 12 janvier 2009

    Faut-il en rire, ou en pleurer ?


    Signalée par Veille BM, la mise en ligne par la BNF de deux didacticiels en flash sur l'utilisation de son catalogue général BN-Opale Plus sur un site dédié, http://didacat.bnf.fr.

    Faut-il s'en réjouir ?
    La BNF utilise des techniques "modernes" pour expliquer de façon compréhensible par le plus grand nombre comment utiliser son catalogue...

    Faut-il en pleurer ?
    Six minutes pour expliquer comment faire une recherche "simple" par auteur ou par titre dans BN-Opale Plus...

    Pour ma part, tant que la BNF ne proposera pas sur son catalogue une véritable recherche simple permettant d'aborder le catalogue par une requête portant sur un ensemble de champs significatifs (auteur, titre, sujet, éditeur, résumé,...), je crois que je continuerai à avoir les larmes aux yeux... ou à rire jaune !

    samedi 29 novembre 2008

    DAPHNE, la préhistoire de l'informatique à l'imparfait du présent

    C'est par l'ADBS que j'ai appris cette semaine la mise en ligne par l'INIST-CNRS en partenariat avec les Maisons des Sciences de l'Homme du portail DAPHNE, qui permet la consultation à partir d'un point d'entrée unique de plusieurs bases de données bibliographiques dans les domaines de la préhistoire, de la protohistoire et de l'archéologie.
    Vu mon propre passé, je conserve un intérêt pour la documentation patrimoniale, alors je suis allé visiter DAPHNE et, pas vraiment par hasard, j'ai commencé par faire une recherche auteur sur "brochard".
    Première — mauvaise — surprise, la recherche est guidée et ne permet d'entrer que des termes figurant dans l'index, tels qu'ils sont construits dans cet index. Comme les sources de données sont hétérogènes (les termes "Brochard, Jean-Christophe", "Brochard, J.c", "Brochard, J.-Ch" peuvent désigner un même auteur), le réflexe est de vouloir combiner plusieurs termes. On clique sur le petit "i" d'information à côté de la zone de saisie, et voilà ce qu'on lit :

    "Pour une combinaison d'auteurs voir l'aide". Génial, ça fait envie !
    Mais je suis quelqu'un d'obéissant et pas contradictoire, alors je fais l'effort d'aller consulter l'aide. Et là, c'est le bouquet :

    DAPHNE est présenté comme étant en version 1.3, pas en version béta... Une communication a été faite autour de sa mise en ligne, reprise par de nombreuses publications. Je suppose qu'un budget a été alloué à ce projet... Pour ce qui me concerne, même pour un site personnel je n'oserais pas mettre en ligne un produit pas terminé, alors voir quelque chose comme ça produit en 2008 sous la prestigieuse étiquette du CNRS, ça surprend !
    En fait, le principal intérêt de DAPHNE semble être de permettre de consulter gratuitement les données de la base de l'INIST FRANCIS pour ceux qui n'y sont pas abonnés.
    Quant à l'ergonomie plus généralement du portail, elle ne fait aucune concession aux améliorations actuellement en phase d'implantation sur les nouveaux produits bibliographiques. Ce qui sauve DAPHNE, c'est qu'une zone permettant de rechercher dans tous les champs, mais ne montrez pas une base comme SCOPUS (Je ne connais pas le Web of Science utilisé au CNRS) aux partenaires de DAPHNE, ils risqueraient de croire qu'ils ont été transportés sur une autre planète !!

    Cette petite aventure m'a donné envie de retourner voir les bonnes vieilles bases bibliographiques et patrimoniales du ministère de la culture. Et là, pas de surprise, rien ou presque n'a changé depuis le milieu des années 90. C'est le cas pour les bases des Monuments Historiques et de l'Inventaire, auxquelles on accède désormais par le portail Architecture & Patrimoine, une porte d'entrée commune avec un bel habillage pseudo grand public derrière laquelle se cachent différentes bases à l'interface de consultation inchangé :

    Idem pour la base bibliographique Malraux, qui n'a pas du tout évolué. Il faut en passer par la "Recherche experte" pour une recherche par index, la "Recherche mots clés" proposée en page d'accueil n'étant pas une recherche libre sur tous les champs (elle refuse par exemple de combiner un mot auteur avec un mot titre) :

    lundi 27 octobre 2008

    Un service à distance que le public s'approprie


    Certains services à distance prouvent leur utilité très vite, tout simplement parce que le public les utilisent, et de façon conséquente.
    L'an dernier, le SCD de Reims a implanté sur son catalogue l'un de ces services considérés comme un "service de base", la possibilité de prolonger ses emprunts à distance.
    De façon assez impressionnante, pour ce qui concerne la bibliothèque Robert de Sorbon, l'utilisation de ce service a grimpé en flèche très rapidement, alors même qu'il a été lancé fin septembre, après les visites et séances de présentation de la bibliothèque pour les nouveaux étudiants, sans qu'aucune communication particulière n'ait été mise en place en-dehors d'une information sur le service aux banques de prêt-retour, notamment en cas de retard. Mais le fait que la consultation des emprunts en cours soit possible depuis le bureau virtuel de l'université grâce à un sous-onglet de la partie Bibliothèque, en plus de l'être depuis l'OPAC, a certainement aidé.
    Dès le mois de janvier, la proportion des renouvellements à distance a atteint 10% du total des opérations de prêt et n'est jamais redescendu en-dessous de ce chiffre jusqu'aux vacances d'été. En mai, au moment des révisions et des examens, quand les étudiants sont moins présents sur le campus, la proportion a même atteint les 14%.
    On peut se demander si ces renouvellements faits par internet ne se sont pas tout simplement substitués à ceux faits sur place ou par téléphone, mais ce n'est probablement pas le cas car, hors renouvellements à distance, l'augmentation totale des opérations de prêt aurait été de moins de 2%, sensiblement la même que l'année précédente, alors qu'elle a été en fait de plus de 11%. Une grande partie des renouvellements à distance correspond donc probablement à des opérations supplémentaires : dans le passé, soit les étudiants rendaient les livres avec moins de renouvellements, soit ils les rendaient en retard et étaient pénalisés, ce qui limitait d'autant leurs possibilités d'emprunt.
    Je retiens deux choses de cette expérience : un service basique n'est pas à négliger, et un service utile a toutes les chances d'étre utilisé !

    samedi 17 mai 2008

    La gabegie des catalogues de bibliothèque

    Bibliothèque de Laon. Crédit photo : L'Union.
    Il est toujours intéressant d'avoir un point de vue extérieur sur notre profession, même si la posture de Candide adoptée par les élus de l'opposition de la ville de Laon et par le journaliste de L'Union dans l'article Ce «cher» logiciel de bibliothèque est bien évidemment exagérée.
    Un "progiciel professionnel" à plus de 100 000 € hors taxes ? Sans même y inclure le remplacement du matériel informatique ? Est-ce vraiment nécessaire ? Même moins de dix ans après une première informatisation ?
    Je ne connais rien de la situation locale à Laon, mais il est intéressant de constater que le projet de réinformatisation exposé très brièvement dans cet article est assez représentatif des problèmes qui se posent à de petites collectivités, comme celui déjà évoqué ici il y a quelques mois à Epernay : Le système existant (Book +) a cessé d'être développé trop peu de temps après son installation ? Tiens, j'ai vécu ça ! Le nouveau logiciel a déjà fait ses preuves dans bon nombre de communes en France ? Sûrement, est-ce pour autant qu'il rendra un maximum de services aux lecteurs (au-delà de l'accès au catalogue en ligne ou de la réservation de documents non disponibles depuis son domicile) ? Sera-t-il au moins compatible avec Windows Vista ?
    Au-delà du cas de Laon, ce que ne mentionne pas cet article, pour la bonne raison que je pense qu'il faut travailler un peu de temps en bibliothèque pour vraiment s'en rendre compte, c'est que le coût d'un catalogue de bibliothèque ne se réduit pas, loin de là, au coût d'achat et de maintenance du progiciel et du matériel informatique. Ce qui coûte, et qui constitue une dépense quotidienne très rarement quantifiée, c'est le temps que passe (j'allais écrire "perd") chaque jour le personnel de la bibliothèque à constituer ce catalogue.
    Bâtir un catalogue dans une bibliothèque, cela revient un peu à construire à l'échelle une tour Eiffel en allumettes, avec les ascenseurs qui fonctionnent s'il vous plait ! Un travail de précision et d'équilibriste, chaque document étant une allumette.
    Avant d'intégrer les bibliothèques, venant du monde de la documentation, je pensais naïvement que la dérivation de notices depuis un réservoir tel qu'Electre, le SUDOC ou la BNF constituait la panacée pour réduire au maximum le temps consacré à la constitution du catalogue. Je me suis vite rendu compte que je me trompais lourdement. La plupart du temps, et c'est grosso modo le cas actuellement à Nancy où je travaille, les bibliothèques récupèrent l'ISBD de la notice des documents qu'elles cataloguent, mais reconstruisent en local toutes les relations entre les documents, les fichiers d'autorité auteurs, sujets et collections notamment. En important les notices, les bibliothèques se font livrer une boîte d'allumettes, mais on se doute bien que pour arriver à fabriquer la tour Eiffel cela nécessite un investissement des plus conséquents, en main d'oeuvre principalement.
    S'il n'y avait pas de solutions moins coûteuses envisageables, cet état de fait ne serait que déplorable. Mais comme il en existe, il en devient insupportable.
    La solution passe bien évidemment par le catalogue collectif. Mais le véritable catalogue collectif, pas celui, le SUDOC dans notre cas, dont on se sert comme un simple réservoir de notices pour les faire retomber dans son catalogue local et construire son catalogue chacun dans son coin en retravaillant toutes les autorités.
    Quand notre OPAC est en panne, ce qui est arrivé souvent à l'automne 2006 et au début de 2007, je me connecte au SUDOC en recherche avancée, et je filtre ma recherche sur notre centre de ressources. J'obtiens sans souci les réponses recherchés, cote comprise, pour ceux de nos documents qui figurent dans le SUDOC, et cela m'a bien souvent aidé pour répondre à une demande alors que notre catalogue était planté.
    Certes, l'interface actuelle du SUDOC n'est pas des plus ergonomiques, et il n'y a pas de possibilité de limiter de façon transparente pour l'utilisateur la recherche à une bibliothèque donnée, mais le SUDOC est client pour son informatique de l'OCLC, et comme Nicolas Morin l'avait expliqué il y a un an, Worldcat propose désormais un service dénommé Worldcat Local, qui permet justement d'implémenter une interface spécifique à un établissement. Et bientôt, comme l'indique mon collègue Jean-Charles Houpier, les notices du SUDOC devraient être versées dans le Worldcat global, qui est d'ores et déjà très convivial, s'affiche en français quand vous vous connectez de France et propose avec chaque résultat de recherche la liste des bibliothèques les plus proches où trouver les documents.
    Aucun besoin donc que chaque bibliothèque construise chacune dans son coin son ensemble documentaire instable. Nos SIGB ont d'autres fonctions très utiles, le module de circulation et le module d'acquisitions par exemple, mais, outre qu'un produit comme Worldcat Local est interopérable avec la majeure partie des SIGB, ces modules sont ceux qui sont informatiquement les plus simples à mettre en oeuvre et à faire fonctionner. Après tout, un module de circulation est une application informatique qui gère un stock de documents (identifiés chacun par un code-barre) et permet de savoir où se trouve le document, sur une étagère de la bibliothèque (= un code-barre) ou chez un lecteur (= un code-barre), et les logiciels de gestion de stock, ce n'est pas ce qui manque.
    Pour en revenir aux collectivités qui ont à faire face au coût exagéré de l'informatisation d'une bibliothèque, on ne va pas souhaiter de mal à nos collègues, mais si dans chaque région on commençait à voir des projets refusés pour des raisons budgétaires ou plus généralement politiques, peut-être que cela permettrait d'accélérer enfin le mouvement pour la création d'un véritable catalogue collectif national. On pourrait joyeusement écraser au pied nos tours en allumettes bancales et en construire une plus grande et plus fonctionnelle tous ensemble !

    mercredi 19 mars 2008

    C'est à quel sujet ?


    Lorsque notre catalogue actuel a été mis à la disposition du public à l'automne 2006, les usagers y ont gagné beaucoup (meilleure cohérence : toutes les bibliothèques du SCD et tous les documents des bibliothèques dans un seul catalogue, fonctions de recherche beaucoup plus simples et plus efficaces,...), même si les fonctionnalités et les capacités d'administration de l'outil sur lesquelles le prestataire s'était engagé contractuellement sont loin d'être toutes au rendez-vous.
    Il y a même une catégorie d'usagers qui a objectivement perdu au change lorsque ce catalogue a été mis en place : il s'agit des utilisateurs de la documentation électronique qui accédaient aux revues par l'outil Ejournals développé par Jean-Charles Houpier dès 2000 et actuellement utilisé par plusieurs bibliothèques, dont le SCD de Limoges. En effet, Ejournals proposait aux utilisateurs d'accéder aux revues par bouquet, par titre classé alphabétiquement ou par thème.
    Peu de temps après que nous ayons supprimé l'accès à Ejournals, cette base n'étant plus mise et à jour et étant supplantée par le nouveau et censément "tout beau" catalogue, j'ai vécu une expérience difficile au bout du fil avec un professeur de médecine qui avait l'habitude d'utiliser Ejournals. Après lui avoir expliqué qu'il trouverait les mêmes informations dans le catalogue, je l'ai guidé au téléphone à la bonne adresse, je lui ai expliqué l'intérêt de l'usage du joker *, les titres abrégés n'étant pas gérés, et je lui ai indiqué qu'il trouverait sous l'onglet "Périodiques" les liens vers ses revues préférées.
    Oui, m'a-t-il rétorqué, après avoir vu l'écran s'afficher. Mais j'avais l'habitude de consulter la liste des revues de ma spécialité, la cardiologie, puis de me balader dedans. J'aimais bien aussi regarder la liste des revues de spécialités connexes...
    C'est alors que j'ai réalisé en même temps lui que la recherche de périodiques pouvait se faire par titre, par éditeur (ce qui revient à une recherche par bouquet, à condition de connaître préalablement le nom des éditeurs des bouquets de revues auxquels nous sommes abonnés), mais pas par sujet !
    Gardant tout mon sang-froid, j'ai expliqué au professeur qu'il pouvait utiliser la recherche avancée, où là je savais pertinemment qu'il y avait une option de recherche par sujet et une possibilité de limite par type de document avec option "Revues". Sauf que, quand ça marchait (ces temps-ci ça ne donne plus aucune résultat), une telle recherche donnait des résultats pertinents, mais listait uniquement de revues imprimées !!!
    J'ai fini par m'en sortir par un pis-aller, en conseillant au monsieur de chercher les revues électroniques par le titre ("cardiol*" par exemple), tout en sachant que pour une recherche à peu près exhaustive sur ce sujet, il lui faudrait au moins chercher aussi sur "heart*" et "coeur*" et, à peine le téléphone raccroché, je suis allé voir des collègues ayant suivi notre projet de réinformatisation pour me faire expliquer comment de telles aberrations étaient possibles.
    Apparemment, l'origine de tous mes malheurs, et surtout de tous ceux des lecteurs confrontés à ce problème, serait à chercher dans des normes catalographiques et dans des instructions de catalogage dans le SUDOC, qui prévoieraient ou auraient prévu à une époque une possiblité d'indexation sujet pour les périodiques imprimés mais pas pour les périodiques électroniques !! (les spécialistes du sujet peuvent m'expliquer ça en commentaire).
    Si c'est vrai, ça n'a aucun sens, puisque autant on est amené quand on catalogue un document à donner des indications sur son support, autant l'indexation porte sur le contenu intellectuel du document qui, dans ce cas précis, est strictement le même que la revue soit imprimé ou en ligne.
    Je constate aujourd'hui, plus qu'en 2006, que dans le SUDOC un plus grand nombre de ressources électroniques est accessible via une recherche par sujet. Malheureusement, pour les utilisateurs du catalogue de notre SCD, la situation n'a pas encore évolué, mais ça ne saurait tarder : la mise en place d'un résolveur de liens commun aux trois universités de Nancy permettra incidemment de retrouver une navigation dans la liste de nos abonnements classée alphabétiquement ou thématiquement. Quel progrès !

    vendredi 8 février 2008

    My bibliothèque speaks santé !


    Nous venons de lancer un nouveau produit documentaire ponctuel intitulé My bibliothèque speaks santé !.
    L'idée était de faire un produit d'information pour les enseignants, chercheurs et étudiants afin de leur faire connaître notre offre en matière de livres en anglais, pour laquelle notre budget est en augmentation (près de 30 000 € en 2007), mais qui semble méconnue et sous-utilisée (notre catalogue actuel ne permet pas de feuilletage thématique et n'offre pas de critère de recherche sur la langue des documents !).
    L'idée d'une plaquette avec des résumés en français des livres en anglais que nous avions eue au départ n'était pas mauvaise, mais beaucoup trop consommatrice de temps, nous nous sommes donc rabattus sur ce My bibliothèque speaks santé !, un produit documentaire des plus classiques, soit la liste des plus de 300 livres en anglais édités en 2006 ou 2007 qui figurent dans nos collections.

    C'est de la diffusion du document que nous espérons quelques retombées : il est disponible sur le site du SCD, mais nous avons aussi sollicité les responsables des sites internet des facultés de médecine et de pharmacie pour qu'ils en fassent la promotion sur leur propre site (l'info est en ligne sur la première page du site de la fac de médecine).
    La parution est également annoncée dans la lettre d'information électronique commune aux trois universités nancéennes et le sera prochainement dans le bulletin imprimé de la faculté de médecine.
    Nous avons également transmis cette information au centre de documentation du CHU avec lequel nous avons des contacts.
    L'idée est évidemment de relancer les prêts de ces documents.
    Nous ferons un point dans quelques mois. Si, comme je l'anticipe, nous constatons peu d'effet, il faudra en tirer des conséquences, sur l'intérêt de ce produit documentaire d'abord, mais surtout sur notre politique d'acquisition : si ces livres en anglais destinés avant tout aux étudiants de 3e cycle et aux professionnels ne sont pas consultés, l'argent que nous leur consacrons pourrait utilement être redéployé, par exemple pour l'achat de documentation pour les nombreux étudiants de 1er et 2e cycle, qui eux continuent à fréquenter et à utiliser la bibliothèque.

    vendredi 14 décembre 2007

    L'innovation en bibliothèque vue de la France profonde


    L'autre jour, ma bibliothèque (celle que je fréquente assidument pour mon plaisir, pas celle où je travaille) a fait la une du journal local. La vraie une, en première page, avec affichette chez les marchands de journaux.
    L'accroche était alléchante : "Avec Internet : la médiathèque à domicile !"
    Etant donné que j'étais au courant du travail que venait de mener à bien la Médiathèque d'Epernay, je n'ai pas été égaré par cette accroche trompeuse. Je savais avant de le lire que cet article parlait de la réinformatisation toute récente de la médiathèque, avec une nouvelle version du SIGB et une nouvelle interface publique du catalogue accessible en ligne.
    Après l'avoir lu, j'ai ressenti un certain malaise, surtout en découvrant l'argumentaire de l'adjoint à la culture de la ville :
    « Avec ce système, nous allons contribuer à diminuer la fracture numérique, car les gens vont se familiariser avec cette culture. De plus, nous allons nous rapprocher d'un public qui voyait jusqu'ici une image des bibliothèques, vieillotte et poussiéreuse »
    Autant je suis content de béneficier dans une ville d'une vingtaine de milliers d'habitants des services d'une médiathèque dynamique, animée et sympathique. Autant je suis heureux d'avoir récemment réalisé une de mes grandes ambitions en remportant pour la première fois le 1er Prix du blind-test de l'Espace Musique. Autant je trouve que l'OPAC qui nous est proposé est tout à fait correct, dans la bonne moyenne de ce qui se fait actuellement, avec juste une petite frustration : que la possibilité de se créer des alertes RSS sur ses recherches ne soit pas activée, alors que l'icone RSS dans la barre d'adresses laisse penser que c'est possible. Autant je trouve exagéré et trompeur de laisser entendre en 2007 que donner accès à des références de documents et à son compte en ligne, c'est donner accès à la bibliothèque elle-même, c'est contribuer à réduire la fracture numérique et c'est contribuer à améliorer l'image vieillotte et poussiéreuse des bibliothèques. Au contraire.
    Je m'explique. Nous sommes en 2007, donc. Une famille de français moyens dispose d'un abonnement à l'ADSL à son domicile. La majeure partie des membres de la famille l'utilise pour télécharger de la musique, graver des films, faire ses achats en ligne, gérer ses comptes à distance, reçevoir la télé, tchatter, jouer en réseau,... La famille dispose de plusieurs téléphones portables qui lui servent à communiquer de presque partout en France, à prendre des photos, à les envoyer,... La dernière fois que j'ai vu ma nièce de 11 ans, elle tchattait en ligne avec sa meilleure copine et était en train de lui montrer sa dernière réalisation en scrapbooking grâce à une webcam. Quand j'avais moi-même 11 ans (il y a plus de trente ans !), toutes ces activités relevaient purement et simplement de la science-fiction !
    Les médiathèques françaises, et en premier lieu les discothèques de prêt, sont désormais directement confrontées à l'entrée dans l'ère du numérique. Elles commencent à réfléchir à l'évolution de leurs prestations dans ce cadre mais, du fait notamment des contraintes légales liées à la propriété artistique, elles sont encore très peu nombreuses à avoir transposé certains de leurs services en ligne et à proposer de l'information ou des services à distance. Ce n'est pas en laissant entendre le contraire, contre toute évidence, qu'on rendra service aux bibliothèques et qu'on améliorera leur image d'innovation dans l'opinion publique.

    vendredi 7 décembre 2007

    Quels outils pour renseigner le public ?

    Prioritairement, les outils que l'on met à la disposition du public !

    Avec une telle réponse, on a l'impression d'enfoncer des portes ouvertes mais, comme je viens encore de le constater lors de séances de formation internes que nous venons de faire avec tous nos collègues en contact avec le public, ce n'est pas évident pour tout le monde.


    Par exemple, plusieurs de nos collègues continuent de répondre aux questions du public concernant nos collections en utilisant leur outil de travail professionnel de catalogage et de magasinage, l'interface du SIGB.
    Or, celui-ci est bien sûr très différent de l'interface du catalogue que nous mettons à la disposition du public, que nous tentons de développer et d'améliorer à grand peine depuis des mois.
    Outre que cet OPAC permet souvent une recherche plus rapide et tout aussi complète que l'interrogation par le SIGB, l'utiliser pour répondre aux demandes des lecteurs comporte plein d'avantages :
    • Cela permet de faire la promotion du catalogue auprès des lecteurs, qui trop souvent n'ont pas connaissance de son existence.
    • Cela permet, avec les mêmes recherches, d'avoir les mêmes résultats que les lecteurs, ce qui n'est pas le cas avec le SIGB.
    • Cela permet de repérer d'éventuelles erreurs et dysfonctionnements de l'outil (si aucun des professionnels ne l'utilisaient, seules les éventuelles remarques des lecteurs permettent de les repérer pour les corriger).
    • Cela permet surtout de faire preuve de pédagogie vis-à-vis des lecteurs. Si on tourne son écran vers lui pour lui expliquer sa démarche, les termes employés, les règles d'interrogation utilisées, non seulement on lui donne la réponse à sa question, mais en plus on fait de la formation efficacement, rapidement et à peu de frais.
    Encore faut-il donc pratiquer et bien connaître cet outil. Par exemple, nous nous sommes aperçus à cette occasion que plusieurs de nos collègues n'avaient pas encore assimilé l'intérêt, l'efficacité et la facilité d'utilisation de la recherche simple de notre catalogue...

    Dans le même esprit, mais un cran plus loin, j'ai apprécié les remarques de Nicolas Morin sur le bureau de renseignement de la nouvelle bibliothèque d'Amsterdam. Là, le bibliothécaire ne tourne pas son écran pour partager son savoir avec les usagers, c'est lui qui se déplace pour se mettre à côté du lecteur côté public et le renseigner. Plus question, dans une telle position, d'utiliser un outil professionnel !


    Avec le catalogue, le principal outil que nous mettons à la disposition du public pour présenter nos services (de plus en plus souvent accessibles à distance) et pour lui donner de l'information, c'est notre site web.
    Et là aussi, on se rend compte qu'il est nécessaire de bien connaître et pratiquer le propre site de sa bibliothèque pour être capable de bien renseigner les lecteurs et de bien leur indiquer les bons services et les pages où ils peuvent trouver les informations les plus utiles.
    Nous nous en sommes rendus compte au cours de ces formations, ce n'est pas encore le cas pour tout le monde, c'est pour cela que ces sessions jusqu'alors annuelles vont devenir semestrielles.

    vendredi 2 novembre 2007

    Pourquoi faire compliqué quand on sait faire simple ?

    Ces temps-ci, je fais pas mal de sessions de formation aux outils de la recherche documentaire en santé, et je travaille par ailleurs à la rédaction d'un document pédagogique sur les outils de bibliothèque dans le cadre du C2I (Certificat Informatique et Internet).
    Je me suis fait la réflexion que, très souvent, former à l'utilisation de ces outils, c'est en fait aider les étudiants à se repérer dans une série d'interfaces qui, de premier abord, se ressemblent toutes beaucoup : une zone de saisie pour des critères de recherche et un bouton pour lancer la recherche.
    Outre la sélection préalable d'outils pertinents, mon rôle se borne souvent à expliquer que :
    • Dans telle interface vous cherchez des références de documents se trouvant dans une bibliothèque, dans telle autre des articles de revue en texte intégral, dans celle-ci un peu de tout, ...
    • Dans cette interface vous alignez vos critères séparés par un espace, mais attention dans celle-là si vous ne mettez pas AND entre deux mots vous aurez zéro réponse,...
    On se rend très vite compte, et ce n'est pas une découverte, que les utilisateurs vont avoir plus tendance à utiliser des interfaces qui leur semblent faciles d'utilisation.
    De ce point de vue, notre catalogue, qui propose par défaut une recherche simple sur tous les mots, ne s'en tire pas mal :

    Il y a une interface d'un moteur de recherche qu'on ne présente plus, dont la simplicité a fait le succès et qui, même après plusieurs années d'ajouts de services, reste très sobre :

    Il y en a une autre, celle du catalogue SUDOC, une initiative dont je soutiens par ailleurs fortement le principe et qui fonctionne plutôt bien, qui a à mon sens deux gros défauts :

    Tout d'abord, on tombe sur une page d'attente demandant de choisir entre le catalogue et le répertoire des centres de ressources, alors que je parierais bien que plus de 95% des visiteurs atterissent ici en vue de consulter le catalogue. Je pense qu'on pourrait facilement se dispenser de cette page :

    Ensuite, on tombe sur une autre page, toujours très bavarde, avec un formulaire de recherche simple qui propose par défaut de chercher sur les "Mots du titre" :

    Pourquoi pas, on aurait pu aussi choisir les "Mots sujet" ou même les "Mots auteur" comme recherche par défaut.
    Mais à mon sens, à partir du moment où le SUDOC dispose de la fonctionnalité d'une recherche sur "Tous les mots" (proposée en 13e position sur 24 dans le menu déroulant du choix de l'index de recherche), c'est celle-ci qui devrait être proposée par défaut aux utilisateurs.

    En juin dernier, j'ai utilisé le service Assistance de l'ABES pour leur demander pourquoi ils avaient opté pour une recherche par défaut sur les titres plutôt que sur tous les mots.
    Le service m'a répondu efficacement et très rapidement. Je vous laisse apprécier les subtilités techniques de la réponse (que je ne prétends pas maîtriser toutes, loin de là), mais grosso modo il en ressort que les deux types de recherche (par "Mots du titre" ou sur "Tous les mots") ne sont pas tout à fait équivalentes car "Tous les mots" va éliminer un plus grand nombre de mots vides et n'interroge pas les expansions des notices.
    Soit, mais je persiste à penser que si la recherche sur "Tous les mots" est suffisamment performante pour être proposée aux utilisateurs du catalogue du SUDOC, alors c'est cette recherche qui devrait être proposée par défaut.
    Ce qui pourrait donner, à moindre coût, sans nouvelle version du logiciel, sans définition d'un nouvel index, en supprimant l'actuelle page d'accueil intermédiaire et avec un tout petit peu de mise en page, quelque chose qui ressemblerait à ça :

    mardi 10 juillet 2007

    Montrer ce qu'on achète


    Que faisons-nous des documents que nous achetons, une fois que nous les avons dotés d'une belle notice catalographique ?
    Et bien, nous les mettons en rayon et nous espérons que les usagers les trouveront, soit en passant devant nos étagères, soit en utilisant notre catalogue pourtant pas si ergonomique que cela.
    Certes, nous avons bien ici et là quelques présentoirs de nouveautés, et nos collègues de Sciences mettent en ligne chaque mois une liste des nouvelles acquisitions, mais grosso modo les centaines de documents que nous achetons chaque année se retrouvent quand même lancés sans bouée de sauvetage dans un océan de documents et de notices, sans que les lecteurs aient la possibilité de les repérer facilement.
    J'en veux pour preuve que, dans mes premiers mois de travail à la bibliothèque, c'est à chaque fois au moment de l'équipement des ouvrages ou sur des chariots dans les bureaux des catalogueurs que j'ai été amené à repérer des nouveautés, jamais dans nos rayons.
    C'est pour remédier à cela que nous avons confié à Carole Florentin, dans le cadre d'un stage de Licence Métiers du Livre à l'Université Paris X, la mission de mettre en place un outil de communication autour d'une sélection de nos nouvelles acquisitions.
    Cet outil, c'est un blog intitulé SéleCtion D Nouveautés. Un blog, pour des facilités de gestion, bien sûr, mais aussi pour permettre aux lecteurs qui le souhaiteraient de commenter cette sélection, un blog encore et surtout pour créer facilement un fil RSS, qui pourra prochainement être republié dans le futur nouveau site web du SCD et surtout en tant que canal d'information dans l'Espace Numérique de Travail de l'Université, où il pourra donc être vu par l'ensemble des étudiants et du personnel de l'Université.
    Aboutir à la création de ce blog était l'un des deux objectifs fixés à ce stage. L'autre, qui a été atteint également, c'était d'impliquer les acquéreurs du SCD dans une démarche de valorisation des documents qu'ils achètent. En effet, au-delà de la procédure d'achat et de catalogage (pour ceux qui cataloguent leurs acquisitions), ce sont eux qui procèdent désormais chaque mois à la sélection d'une nouveauté et qui sont chargés d'expliquer en quelques mots l'intérêt du document qui entre dans les collections.

    vendredi 4 mai 2007

    Catalogue propre / Catalogue riche ?


    Notre réseau de bibliothèques est en voie d'achever un projet de réinformatisation. A l'arrivée, quelques grosses avancées : nous avons un catalogue en Unimarc, qui est désormais commun à l'ensemble des bibliothèques du réseau.
    Evidemment, les fusions de catalogues et les importations de notices du catalogue collectif national ne se sont pas faites sans pépins et accidents, ce qui a causé pas mal de soucis aux collègues catalogueurs.
    Ce qui m'a surpris pendant cette période c'est d'entendre mes collègues s'inquiéter à plusieurs reprises que notre catalogue ne soit pas "propre", alors que souvent les problèmes sur les notices se voient pas pour le public et n'empêchent pas le catalogue de remplir ses fonctions de base : identifier et localiser des documents de nos collections. De ce point de vue, les fonctions de recherche simple portant aussi bien sur les zones de titre que d'auteur, de sujet ou de résumé facilitent grandement les choses.
    Pour le public, ces fonctionnalités de recherches améliorées constituent l'une des grandes avancées de notre nouveau catalogue, ainsi que l'accès aux périodiques électroniques depuis leur notice, et les services désormais classiques d'envoi de notices et de dossier de recherche personnel.
    Mais, "propre" ou "sale", notre catalogue ne propose quasiment pas de résumé des documents, pas de tables des matières, aucune illustration, pas de navigation thématique, pas de possibilité de marquer ou commenter les notices, pas de conseils (si ce document vous intéresse, celui-ci peut-être bien aussi), bref, quasiment aucun des services qui peuvent faire l'intérêt et l'attrait des nouveaux catalogues de bibliothèque.
    Autrement dit, à chaque fois que j'entends parler de catalogue propre pour les bibliothécaires, je me dis que je préférerais un catalogue riche de services pour le public !

    jeudi 5 avril 2007

    Périodique = Revue ?

    Ca fait deux fois de suite que ça arrive lors de formations que j'anime, et ça ne peut pas être un hasard.
    La première fois, une étudiante m'a interrompu pour me demander quelle était la différence entre "revue" et "périodique". Je lui ai répondu que je n'en faisais pas et que, dans mon discours, il fallait les considérer comme parfaitement synonymes.
    La fois suivante, c'est un étudiant de 3e cycle qui m'a demandé de lui préciser ce qu'on entendait par "périodiques".
    Conclusion : le terme "périodique" fait visiblement partie de notre jargon de bibliothécaire, et l'onglet de recherche "Périodiques" qu'on trouve dans notre nouveau catalogue devrait prochainement se transformer en un onglet "Revues" (enfin, dès que notre fournisseur aura trouvé le moyen de nous donner la main pour modifier ce catalogue, mais ça c'est une autre histoire...)