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lundi 2 mai 2011

Notre catalogue indexé par Google !!


Ou, plus précisément, on trouve des résultats de recherche pointant vers notre catalogue dans Google !!
Ce matin, je cherchais un lien vers la page sur le site de l'éditeur d'un nouveau livre que je voulais signaler sur Facebook. Je tape trois mots clés, je ne trouve pas ce que je cherche dans les tout premiers résultats et, stupéfaction, je découvre en huitième position un lien vers notre catalogue !
Stupéfaction car, un de mes grands drames c'est que l'immense majorité des catalogues de bibliothèques, avec quelques exceptions comme Calice68, fait partie du web invisible et que la masse de données qu'ils contiennent n'apparait pas lorsque les internautes font une recherche sur un moteur généraliste.
Et là, pof, je cherche des infos sur L'argent, coordonné par Michel Wieviorka, et Google me renvoie obligeamment vers la liste des oeuvres de cet auteur figurant à notre catalogue...
Autant que je sache - et après vérification c'est bien le cas - nous n'avons pas fait de modification récente de notre OPAC permettant d'expliquer comment Google aurait désormais la possibilité technique d'indexer la base de données de notre catalogue.
Ce qu'il ne fait pas, je crois, après avoir fait quelques vérifications.
En faisant une recherche limitée à notre catalogue sur "droit civil", j'ai obtenu 6 résultats Google (mêmes résultats en me déconnectant de mon compte Google), qui pointent soit vers un document unique, soit vers des recherches sur divers critères, avec presque à chaque fois un numéro de session inclus dans l'URL enregistrée par Google. Cela donnerait à penser que les résultats de Google pointant vers notre catalogue ne résultent pas d'une indexation de nos données elles-mêmes mais d'une requête dans des réservoirs de données constitués par Google, alimentés probablement par l'historique des requêtes ou des navigations web d'une partie des internautes.
Ce réservoir est limité (une recherche sur "droit civil" dans notre catalogue retourne 996 résultats...) mais loin d'être négligeable, mon expérience de ce matin le prouve. Une recherche sur "droit" limitée à notre catalogue renvoie quand même déjà 1390 résultats. J'ai fait l'essai avec deux autres catalogues Horizon Information Portal et j'ai eu le même type de résultats pour Lille 3 et Toulouse.
Mine de rien, cette nouvelle donnée accroît singulièrement la visibilité des bibliothèques sur le web (idem pour les librairies) : si la page du livre sur le site officiel de l'éditeur n'apparaissait pas ce matin sur la première page de résultats de ma recherche, le tout premier résultat pointait lui sur le catalogue de la BPI !

mardi 7 septembre 2010

De la musique dans le catalogue


Cet été, en consultant le catalogue de la Médiathèque d'Epernay, l'établissement que je fréquente pour mes loisirs, j'ai eu la bonne surprise de découvrir que les notices des nouveaux CD s'accompagnent d'extraits musicaux. En plus, la solution adoptée est élégante, celle du lecteur sous licence Creative Commons Dewplayer, qui a l'avantage de fonctionner sans installation particulière avec la grande majorité des navigateurs, pour peu j'imagine qu'on ait une version de Flash installée pas trop ancienne. C'est beaucoup mieux que ces sites commerciaux qui me réclament encore d'installer l'horrible Real Player pour écouter du son.
Evidemment, la durée de ces extraits est limitée aux trente secondes réglementaires et il a été décidé de ne proposer des extraits que pour cinq titres de chaque album, mais je trouve cette fonctionnalité intéressante pour qui veut faire son choix d'emprunts ou de réservations (les nouveautés sont souvent très demandées) ou, quand le nombre de notices "sonores" sera plus conséquent, pour identifier plus facilement un titre ou un CD.
Par exemple, le titre de l'album d'Oldelaf et Monsieur D, Dernière chance d'être disque d'or, et le résumé proposé ont attiré mon attention. C'est un peu moins évident à l'écoute des extraits (plus électronique et moins chanson que ce que j'imaginais), mais j'emprunterai sûrement ce disque.
Renseignement pris (en consultant le code source de la notice), les extraits musicaux sont fournis et hébergés par GamAnnecy, un fournisseur qui explique sur son site qu'il peut livrer des CD accompagnés d'une notice enrichie (visuel de pochette, extraits sonores, résumé, références de revue de presse).
J'ai l'impression qu'il doit y avoir une collaboration particulière avec Opsys, car Gam précise que les notices sont fournies via un filtre de reformatage adapté fourni par Opsys, tandis que aussi bien la Médiathèque d'Epernay que celle de Pessac, qui  a testé cette solution (sans les extraits musicaux, il me semble), utilisent l'OPAC Aloès d'Opsys.
Bref, un enrichissement assez séduisant du catalogue, avec juste un petit bémol (potentiel) : les extraits musicaux et les visuels de pochette étant stockés chez Gam (à cette adresse http://www.gamannecy.com/polysson/200906/05-5099996475423.mp3 par exemple pour le titre Trahis d'Oldelaf et Monsieur D), je me demande ce qui se passera si un jour Gam a la mauvaise idée de changer l'adresse de son site web. Faudra-t-il se lancer dans une  modification en nombre des notices ? Et si ça devait intervenir à un moment où la bibliothèque n'est plus cliente chez Gam, cette fonctionnalité sera-t-elle tout simplement perdue ?
En tout cas, pour l'instant elle est là, et c'est bien, mieux par exemple à mon goût que la solution retenue par la Médiathèque d'Orthez (repérée grâce à Bibliopedia), qui propose également des extraits musicaux  dans son catalogue grâce à un partenariat avec Amazon, mais avec  la nécessité d'installer Real Player.

lundi 14 septembre 2009

Prêt électronique de livres : l'expérience déprimante


Depuis mars 2006, notre SCD propose un prêt électronique de livres , expérimenté à l'origine dans le cadre d’un projet national piloté par la Direction de la Technologie (sous-direction TICE) du Ministère de l’Education nationale. Nous mettons à disposition des lecteurs un catalogue de près d'un millier de titres via la "librairie numérique" Numilog. Les lecteurs peuvent emprunter 2 ouvrages pour une durée de 7 jours.
A mon arrivée l'an dernier, je me suis réjoui d'apprendre que nous étions en mesure de diversifier notre offre avec une telle collection, incluse dans notre palette de services à distance.
J'ai assez vite déchanté, et avec un an de recul je dresse un bilan plutôt négatif.
Tout d'abord, j'ai été effaré quand je me suis rendu compte que le système mis en place était entièrement calqué sur le prêt de documents physiques : la bibliothèque est dotée de rayonnages virtuels en ligne contenant des exemplaires de livres électroniques qu'elle a acquis. Si un de ces livres est emprunté, il n'est plus disponible pour les autres lecteurs, exactement comme c'est le cas pour des documents physiques !
Je suis le premier à taper sur les éditeurs de revues électroniques, dont la politique tarifaire s'assimile souvent à la pratique des bandits de grand chemin, le couteau sous la gorge, " la bourse ou la vie" et tutti quanti, mais au moins le système mis en place est généralement fonctionnel et efficace : je peux sans trop me tromper affirmer à un groupe d'étudiants en Droit que, lorsqu'ils sortent d'amphi avec une recherche de jurisprudence à faire, ils n'en sont plus à se battre pour consulter le seul exemplaire papier d'une revue qui contient un commentaire d'une décision, mais ils peuvent tranquillement, de la BU ou de chez eux la plupart du temps, consulter l'article concerné en version électronique, tous ensemble ou presque.
Là non, le seul "plus produit" de Numilog par rapport à un livre imprimé c'est que l'emprunt se faire à distance. Sauf que l'ergonomie n'est pas au rendez-vous. Lorsque le service a été lancé, on pouvait consulter les livres empruntés avec le logiciel Acrobat Reader, ce qui ne posait pas de problème particulier puisque ce logiciel est déjà présent sur une très large majorité des ordinateurs. Depuis environ un an, afin je suppose de mieux gérer les "DRM" qui permettent de contrôler la durée du prêt et d'éviter le piratage des fichiers, Numilog demande à ses utilisateurs d'installer sur le poste un autre logiciel d'Adobe, Digital Editions.
J'ai eu une fois ou deux l'occasion, au téléphone, d'aider un lecteur à installer Digital Editions. Le moins que je puisse dire c'est que ça n'a pas été simple, et que j'ai poussé un grand ouf quand au bout d'une demie-heure la personne avait réussi à emprunter son document !
Mais l'autre problème que pose Adobe Digital Editions, c'est qu'il n'est pas installé sur nos postes publics, que les lecteurs n'ont pas les droits pour l'installer, et que de toute façon s'ils pouvaient le faire, ils ne pourraient consulter le document emprunté que sur la machine sur laquelle ils ont fait leur emprunt, par définition utilisée par de nombreuses personnes tout au long de la semaine. Bien sûr, ce service vise avant tout le prêt à distance, mais il y a quand même quelques références que nous avons uniquement en électronique et c'est quand même un comble de ne pas pouvoir proposer leur consultation sur place.
Si nous avons persévéré dans l'expérience Numilog encore cette année, c'est parce que, pour les livres entrés au catalogue plus récemment, deux modes de consultation sont possibles : l'emprunt avec Digital Editions, avec toutes les difficultés que je viens d'évoquer, ou la consultation en ligne, qui permet de consulter le livre dans son intégralité, sans formalité(uniquement en s'identifiant si on est à l'extérieur du campus) et sans quitter son navigateur.
Autant que je sache, il n'y a pas de limitation du nombre de consultations simultanées d'un livre, c'est donc un mode de lecture bien plus satisfaisant que l'emprunt proposé. Sauf que je me suis rendu compte avec horreur récemment que, l'analogie avec le document papier étant poussée jusqu'au bout, un livre électronique n'est consultable dans les rayons de notre bibliothèque virtuelle que si et seulement si il n'a pas été emprunté !
On en viendrait presque à déconseiller aux lecteurs d'emprunter ces livres pour qu'ils profitent au plus grand nombre et, en l'état actuel des choses, si j'avais à donner mon avis, j'opterais pour un retour en arrière plutôt que de persister à proposer un service non satisfaisant, en attendant qu'une formule d'abonnement calquée sur ce qui se fait pour les revues soit disponible.
Quand à mon lecteur qui n'avait pas d'ordinateur personnel et qui souhaitait consulter le livre Une approche de la problématique de l'identité : le Maghreb arabe contemporain de Mohamed Salah Hermassi (2004), la meilleure solution que j'ai eu à lui proposer, paradoxe des paradoxes, c'est de consulter les larges extrait du livre disponibles sur Google Books !!!

lundi 12 janvier 2009

Faut-il en rire, ou en pleurer ?


Signalée par Veille BM, la mise en ligne par la BNF de deux didacticiels en flash sur l'utilisation de son catalogue général BN-Opale Plus sur un site dédié, http://didacat.bnf.fr.

Faut-il s'en réjouir ?
La BNF utilise des techniques "modernes" pour expliquer de façon compréhensible par le plus grand nombre comment utiliser son catalogue...

Faut-il en pleurer ?
Six minutes pour expliquer comment faire une recherche "simple" par auteur ou par titre dans BN-Opale Plus...

Pour ma part, tant que la BNF ne proposera pas sur son catalogue une véritable recherche simple permettant d'aborder le catalogue par une requête portant sur un ensemble de champs significatifs (auteur, titre, sujet, éditeur, résumé,...), je crois que je continuerai à avoir les larmes aux yeux... ou à rire jaune !

samedi 29 novembre 2008

DAPHNE, la préhistoire de l'informatique à l'imparfait du présent

C'est par l'ADBS que j'ai appris cette semaine la mise en ligne par l'INIST-CNRS en partenariat avec les Maisons des Sciences de l'Homme du portail DAPHNE, qui permet la consultation à partir d'un point d'entrée unique de plusieurs bases de données bibliographiques dans les domaines de la préhistoire, de la protohistoire et de l'archéologie.
Vu mon propre passé, je conserve un intérêt pour la documentation patrimoniale, alors je suis allé visiter DAPHNE et, pas vraiment par hasard, j'ai commencé par faire une recherche auteur sur "brochard".
Première — mauvaise — surprise, la recherche est guidée et ne permet d'entrer que des termes figurant dans l'index, tels qu'ils sont construits dans cet index. Comme les sources de données sont hétérogènes (les termes "Brochard, Jean-Christophe", "Brochard, J.c", "Brochard, J.-Ch" peuvent désigner un même auteur), le réflexe est de vouloir combiner plusieurs termes. On clique sur le petit "i" d'information à côté de la zone de saisie, et voilà ce qu'on lit :

"Pour une combinaison d'auteurs voir l'aide". Génial, ça fait envie !
Mais je suis quelqu'un d'obéissant et pas contradictoire, alors je fais l'effort d'aller consulter l'aide. Et là, c'est le bouquet :

DAPHNE est présenté comme étant en version 1.3, pas en version béta... Une communication a été faite autour de sa mise en ligne, reprise par de nombreuses publications. Je suppose qu'un budget a été alloué à ce projet... Pour ce qui me concerne, même pour un site personnel je n'oserais pas mettre en ligne un produit pas terminé, alors voir quelque chose comme ça produit en 2008 sous la prestigieuse étiquette du CNRS, ça surprend !
En fait, le principal intérêt de DAPHNE semble être de permettre de consulter gratuitement les données de la base de l'INIST FRANCIS pour ceux qui n'y sont pas abonnés.
Quant à l'ergonomie plus généralement du portail, elle ne fait aucune concession aux améliorations actuellement en phase d'implantation sur les nouveaux produits bibliographiques. Ce qui sauve DAPHNE, c'est qu'une zone permettant de rechercher dans tous les champs, mais ne montrez pas une base comme SCOPUS (Je ne connais pas le Web of Science utilisé au CNRS) aux partenaires de DAPHNE, ils risqueraient de croire qu'ils ont été transportés sur une autre planète !!

Cette petite aventure m'a donné envie de retourner voir les bonnes vieilles bases bibliographiques et patrimoniales du ministère de la culture. Et là, pas de surprise, rien ou presque n'a changé depuis le milieu des années 90. C'est le cas pour les bases des Monuments Historiques et de l'Inventaire, auxquelles on accède désormais par le portail Architecture & Patrimoine, une porte d'entrée commune avec un bel habillage pseudo grand public derrière laquelle se cachent différentes bases à l'interface de consultation inchangé :

Idem pour la base bibliographique Malraux, qui n'a pas du tout évolué. Il faut en passer par la "Recherche experte" pour une recherche par index, la "Recherche mots clés" proposée en page d'accueil n'étant pas une recherche libre sur tous les champs (elle refuse par exemple de combiner un mot auteur avec un mot titre) :

mercredi 28 mai 2008

Blog = Public aussi

Carte des lieux de connexion des visiteurs français du blog du 22 avril au 22 mai 2008
Allez, plus d'un an après le début de publication de ce blog, prenons un peu de temps pour nous pencher sur le public, toujours, oui mais sur le public de ce blog.
Du méta-blogging, donc, à partir des données fournies par l'outil Google Analytics, mais on verra que l'on peut en tirer des enseignements à la fois sur les pratiques de recherche d'information du public et sur la pertinence des réponses fournies par les moteurs de recherche.

Le public de ce blog, c'est grosso modo 1000 visites par mois par 800 visiteurs. Autrement dit, même si ce nombre inclut une proportion de programmes-robots, ce qui est sûr c'est que les commentateurs de ce blog et ceux qui établissent des liens vers ses billets (merci !), sont très fortement minoritaires.
A plus de 85%, les lecteurs se connectent depuis la France.
20% des lecteurs, probablement les habitués, se connectent directement (via un marque-page ou un lecteur RSS, j'imagine).
45% d'entre eux arrivent grâce à des liens situés sur d'autres sites, c'est là que l'effet de réseau joue à plein. Ce dernier mois, les sites qui ont amené le plus de visiteurs à Bibliothèque = Public sont Netvibes (100) (La Bibliosphère du Bibliobsédé qui marche très bien, je pense), le Blog BBF et Bibliopedia (90 pour les deux), grâce aux mentions de billets de ce blog dans le Bibliobuzz, l'agrégateur en ligne Bloglines (28) et les différents biblioblogs qui ont commenté certains billets ou mis ce blog dans leur liste de liens (merci !).

Là où la lecture de ces statistiques devient intéressante, voire même parfois fascinante et souvent très drôle, c'est quand on s'intéresse au tiers des visites, en moyenne, qui se font à la suite d'une recherche dans un moteur. Et soyons clair, "moteur de recherche", pour ce qui concerne les visites de Bibliothèque = Public, doit être considéré comme un synonyme à 95% de Google, puisque c'est la proportion que représente ce site dans cette catégorie.
Ce qui est fascinant avec Analytics, c'est qu'on a la liste des expressions de recherche entrées dans Google qui ont permis à l'internaute d'accéder au site. Sur un mois, du 22 avril au 22 mai 2008, 306 expressions de recherche différentes ont été utilisées par les visiteurs de ce blog pour y aboutir.
Le plus grand nombre concerne des gens qui cherchaient visiblement précisément ce blog ou son auteur, les autre sujets concernés par les recherches, parmi ceux qui sont effectivement traités par ce blog, concerne ce dernier mois (les liens pointent vers les billets que j'estime susceptibles d'avoir été principalement listés par Google en réponse à ces questions) :
Autre intérêt de ces listes d'expressions de recherche utilisées par les internautes, elles donnent, quelque soit le site concerné, un échantillon pris sur le vif des pratiques de recherche d'information des internautes, à prendre en compte par tous ceux qui sont amenés à faire de la formation à la recherche d'information. J'ai notamment remarqué que, assez souvent, les questions sont posées en langage clair, avec une phrase entièrement construite. Il y en a, plus rares, qui mettent à profit leur expérience de la recherche sur des bases de données ("bibliotheque* usager* or lecteur* or public* or service* or besoin*"), mais je ne suis pas sûr que cette technique soit particulièrement efficace pour une recherche avec Google.

Un autre enseignement de ces statistiques est d'ailleurs de montrer que la recherche plein texte avec Google atteint très vite certaines limites. On verra avec les quelques exemples qui suivent que les internautes qui sont arrivés sur ce blog avec ces expressions de recherche ont dû être particulièrement déçus (les liens pointent vers les billets listés par Google en réponse à ces requêtes ; les résultats de recherche ont été constatés aujourd'hui, mais sont par définition très volatiles) :
Ces trois recherches là sont plus récentes (27-28 mai), mais elles me plaisent trop pour que je ne les mentionne pas :
Je savoure d'avance la mise an abyme qui va se créer automatiquement quand ce billet va lui même être indexé par les moteurs de recherche. Et, après un an, si ce blog est parvenu à quelques chose, c'est au moins à devancer la Bibliothèque Publique d'Information dans les résultats de recherche Google portant sur "bibliothèque public" !!

mercredi 30 avril 2008

Une offre de lecture publique complètement illisible


La navigation sur le site internet de la ville de Nancy a été modifiée depuis la dernière fois que je l'ai visité il y a quelques mois.
Dorénavant, lorsque l'on clique en page d'accueil sur l'onglet "Culturelle", on n'arrive plus sur une page intermédiaire présentant les principaux établissements culturels municipaux, mais directement sur la page de la Bibliothèque municipale :

On pourrait se féliciter que l'offre de la ville en matière de lecture publique soit ainsi favorisée et fortement mise en valeur.
Sauf que, sauf que, quand on commence à lire les informations figurant cette page, on en vient vite à se poser des questions : "un fonds encyclopédique et spécialisé"..., " Elle propose des ouvrages généraux, un fonds de documents sur la Lorraine, des manuscrits"..., "L'essentiel des ouvrages n'étant pas en libre accès (...) Ils seront disponibles à la banque de prêt dans un délai de 20 minutes."...
Je ne sais pas à quoi peut penser un néo-nancéen qui souhaiterait se renseigner pour s'inscrire à la bibliothèque, mais moi, au bout de quelques temps, je me dis que ce que je suis en train de lire correspond à la présentation d'une bibliothèque patrimoniale d'étude, pas de la bibliothèque municipale généraliste que je m'attendais à trouver sous ce vocable.
Et effectivement, si on promène ses yeux sur la page, on finit par repérer dans le menu de gauche un autre lien qui mène lui vers la page de la Médiathèque municipale ! :

Là, tout de suite, on comprend qu'on a affaire à un autre type d'établissement : "Ouverte à tous, la médiathèque offre en libre accès, sur quatre étages, plus de 100 000 documents : revues, romans, documentaires, bandes dessinées, documents sonores, DVD, cédéroms pour les enfants et les adultes ainsi que des accès Internet."

Nancy est loin d'être la seule ville de France où les fonctions de bibliothèque de lecture publique et de bibliothèque patrimoniale sont fortement différenciées et assurées dans des locaux différents, mais il me semble qu'il y a deux choses qui rendent particulièrement illisible et incompréhensible l'offre de lecture publique telle qu'elle est présentée sur le site de la ville :
  • L'utilisation pour dénommer les deux établissements de vocables ("bibliothèque municipale" et "médiathèque municipale") qui, en 2008, sont des quasi-synonymes, pour de nombreuses collectivités, pour une bonne partie des professionnels des bibliothèques et surtout pour le grand public.

  • La présentation des deux établissements d'une façon aussi ostensiblement étanche. C'est un peu comme si le Ministère de la Culture avait une Direction du Livre et une Direction de la Lecture ! (mais, c'est un autre sujet, le problème ne se pose pas à ce gouvernement qui compte se passer complètement de sa Direction du Livre et de la Lecture...)
Le plus étonnant dans tout ça, c'est que cette présentation n'est en tout cas probablement pas due à une quelconque rivalité entre les deux établissements, ni à une bataille d'égos entre leurs responsables : la Bibliothèque Municipale et la Médiathèque Municipale de Nancy ont un seul et même directeur !!

mercredi 19 mars 2008

C'est à quel sujet ?


Lorsque notre catalogue actuel a été mis à la disposition du public à l'automne 2006, les usagers y ont gagné beaucoup (meilleure cohérence : toutes les bibliothèques du SCD et tous les documents des bibliothèques dans un seul catalogue, fonctions de recherche beaucoup plus simples et plus efficaces,...), même si les fonctionnalités et les capacités d'administration de l'outil sur lesquelles le prestataire s'était engagé contractuellement sont loin d'être toutes au rendez-vous.
Il y a même une catégorie d'usagers qui a objectivement perdu au change lorsque ce catalogue a été mis en place : il s'agit des utilisateurs de la documentation électronique qui accédaient aux revues par l'outil Ejournals développé par Jean-Charles Houpier dès 2000 et actuellement utilisé par plusieurs bibliothèques, dont le SCD de Limoges. En effet, Ejournals proposait aux utilisateurs d'accéder aux revues par bouquet, par titre classé alphabétiquement ou par thème.
Peu de temps après que nous ayons supprimé l'accès à Ejournals, cette base n'étant plus mise et à jour et étant supplantée par le nouveau et censément "tout beau" catalogue, j'ai vécu une expérience difficile au bout du fil avec un professeur de médecine qui avait l'habitude d'utiliser Ejournals. Après lui avoir expliqué qu'il trouverait les mêmes informations dans le catalogue, je l'ai guidé au téléphone à la bonne adresse, je lui ai expliqué l'intérêt de l'usage du joker *, les titres abrégés n'étant pas gérés, et je lui ai indiqué qu'il trouverait sous l'onglet "Périodiques" les liens vers ses revues préférées.
Oui, m'a-t-il rétorqué, après avoir vu l'écran s'afficher. Mais j'avais l'habitude de consulter la liste des revues de ma spécialité, la cardiologie, puis de me balader dedans. J'aimais bien aussi regarder la liste des revues de spécialités connexes...
C'est alors que j'ai réalisé en même temps lui que la recherche de périodiques pouvait se faire par titre, par éditeur (ce qui revient à une recherche par bouquet, à condition de connaître préalablement le nom des éditeurs des bouquets de revues auxquels nous sommes abonnés), mais pas par sujet !
Gardant tout mon sang-froid, j'ai expliqué au professeur qu'il pouvait utiliser la recherche avancée, où là je savais pertinemment qu'il y avait une option de recherche par sujet et une possibilité de limite par type de document avec option "Revues". Sauf que, quand ça marchait (ces temps-ci ça ne donne plus aucune résultat), une telle recherche donnait des résultats pertinents, mais listait uniquement de revues imprimées !!!
J'ai fini par m'en sortir par un pis-aller, en conseillant au monsieur de chercher les revues électroniques par le titre ("cardiol*" par exemple), tout en sachant que pour une recherche à peu près exhaustive sur ce sujet, il lui faudrait au moins chercher aussi sur "heart*" et "coeur*" et, à peine le téléphone raccroché, je suis allé voir des collègues ayant suivi notre projet de réinformatisation pour me faire expliquer comment de telles aberrations étaient possibles.
Apparemment, l'origine de tous mes malheurs, et surtout de tous ceux des lecteurs confrontés à ce problème, serait à chercher dans des normes catalographiques et dans des instructions de catalogage dans le SUDOC, qui prévoieraient ou auraient prévu à une époque une possiblité d'indexation sujet pour les périodiques imprimés mais pas pour les périodiques électroniques !! (les spécialistes du sujet peuvent m'expliquer ça en commentaire).
Si c'est vrai, ça n'a aucun sens, puisque autant on est amené quand on catalogue un document à donner des indications sur son support, autant l'indexation porte sur le contenu intellectuel du document qui, dans ce cas précis, est strictement le même que la revue soit imprimé ou en ligne.
Je constate aujourd'hui, plus qu'en 2006, que dans le SUDOC un plus grand nombre de ressources électroniques est accessible via une recherche par sujet. Malheureusement, pour les utilisateurs du catalogue de notre SCD, la situation n'a pas encore évolué, mais ça ne saurait tarder : la mise en place d'un résolveur de liens commun aux trois universités de Nancy permettra incidemment de retrouver une navigation dans la liste de nos abonnements classée alphabétiquement ou thématiquement. Quel progrès !

samedi 17 novembre 2007

Bibliothécaire = Veilleur + Médiateur ?

Le constat n'est plus à faire, les bibliothèques étant de moins en moins un passage obligé pour accéder à la formation, elles doivent développer leurs activités de médiation dans l'accès à l'information et élaborer de nouvelles offres de services si elles veulent continuer à être utiles à leurs usagers. Sinon, ils risquent fort de disparaître, ces usagers.
Les bibliothécaires sont par définition des spécialistes de la gestion et de la recherche d'information. Ils me semblent qu'ils ont tout intérêt à continuer à développer ces compétences, en ayant constamment à l'esprit qu'il leur appartient de transmettre au public, qui est de plus en plus amené à utiliser par lui-même des outils complexes de recherche d'information, des connaissances utiles et adaptées à ses besoins sur les moyens qui sont à sa disposition pour trouver et gérer de l'information.
Veiller (être au courant des sources d'information disponibles et des outils de gestion), évaluer, sélectionner et proposer des solutions adaptées, c'est notre rôle à tous, qu'on soit en BU avec en face de nous un étudiant qui débute une thèse ou en médiathèque de lecture publique avec un particulier qui veut se lancer dans la généalogie.
Le problème, une fois que la démarche de veille et de sélection a été faite, c'est de trouver l'occasion de transmettre nos connaissances aux usagers. Le renseignement documentaire sur place (pour les usagers qui visitent encore la bibliothèque) et les sessions de formation aux outils de la recherche documentaire nous fournissent actuellement les moments les plus propices pour le faire, mais nous devons réfléchir pour trouver le moyen de multiplier ce genre d'occasions, notamment, par exemple, pour toucher les enseignants, un public cible avec lequel nous avons actuellement trop peu de contacts.
Les informations à faire passer peuvent être très simples, de l'ordre du truc ou de l'astuce (Une des erreurs à éviter, il me semble, consiste à vouloir à tout prix faire des usagers des spécialistes de la gestion de l'information même s'ils n'ont pas ce besoin et ne l'expriment pas). Mais si elles sont utiles et permettent de gagner en temps et en efficacité, il ne faut rater aucune occasion de les transmettre.

Un bon exemple il me semble est celui des filtres personnalisés PubMed/Medline.
Quand je suis arrivé il y a presque 18 mois dans une bibliothèque de médecine, je ne connaissais absolument pas cette base de données bibliographiques développée par la Bibliothèque Nationale de Médecine Américaine (NLM), qui fait référence dans le domaine de la santé depuis des décennies.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'interface PubMed, proposé en accès libre pour consulter la base Medline, s'il est très puissant et comporte un grand nombre de fonctionnalités poussées, ne s'aborde pas facilement de manière intuitive. Il est en anglais, pour commencer, ce qui n'est pas un problème pour moi mais peut en être un pour une grande partie de nos usagers. Et puis, il est assez différent des interfaces auxquels on peut être habitué : dans les premières semaines, alors que j'essayais de renseigner un lecteur, j'ai vainement cherché pendant quelques secondes le lien qui mène vers la Recherche avancée. Sans le lecteur qui est venu aimablement à mon secours, je chercherais encore, car il n'y en a tout bonnement pas : c'est l'onglet Limits qui permet d'accéder aux fonctionnalités qu'on associe généralement à une recherche avancée.
Après quelques semaines, grâce à l'aide de mes collègues et de guides disponibles en ligne, grâce aussi à l'outil de terminologie du CISMEF, j'étais en mesure de renseigner le public avec un minimum d'efficacité.
Un des problèmes auquel on est confronté lors d'une première approche de PubMed, c'est le nombre impressionnant de réponses à une requête, qui se comptent le plus souvent en dizaines de milliers.
A la base, l'interface de PubMed présente ces réponses presque en vrac : un onglet All, et un onglet Review pour les articles de synthèse.
Une demie-journée de formation sur la comparaison PubMed/Google Scholar m'a appris qu'on pouvait se créer gratuitement un compte MyNCBI et personnaliser son interface en choisissant jusqu'à 4 filtres personnalisés qui affichent les résultats de recherche dans des onglets à la suite de All. Très bien. J'avais donc désormais mes résultats de recherche répartis dans 5 casiers et non plus 2 : Toutes les réponses, Les articles de synthèse, Les articles écrits en français, Les notices comportant un résumé, Les articles disponibles gratuitement en texte intégral (pas mal !) et, last but not least, Les articles accessibles en texte intégral grâce aux abonnements de notre université ! (Ce dernier onglet ayant pu être activé utilement parce que nos collègues avaient préalablement renseigné la liste des bouquets auxquels nous sommes abonnés en utilisant le service Linkout de la NLM).

Peu de temps après, les collègues du SCD de Lille 2 m'ont appris qu'il était possible de paramétrer cette fonctionnalité dans le profil de la bibliothèque elle-même. Ce qui signifie que tous ceux qui cliquent sur le lien vers PubMed que nous fournissons sur notre site bénéficient, sans même avoir besoin de savoir que la fonctionnalité existe et sans avoir besoin de s'inscrire, des filtres personnalisés de PubMed que nous avons paramétrés.
Inutile de dire qu'il ne faut pas longtemps à un thésard pour comprendre tout ce qu'il gagne en facilité de consultation, notamment pour accéder aux articles en ligne, et en temps en utilisant ce lien.
C'est donc à nous tous, en interne, à être bien informés de cette fonctionnalité et à saisir chacune des occasions qui nous est donnée de faire passer l'information.

Dans le même ordre d'idée, le Blogue CISMEF a cité tout récemment la possiblité d'ajouter des citations aux listes de références de PubMed, grâce à un script qui récupère des informations de Google Scholar. Dans ce cas, la fonctionnalité n'est pas proposée par l'éditeur de la base de données mais par les développeurs de logiciels libres qui programment des extensions de Firefox, et elle nécessite une installation sur le navigateur de l'usager. Expliquer son installation et son utilisation demande également un peu plus de temps mais on voit bien que ce temps ne sera pas perdu si on donne cette explication à un chercheur ou à un étudiant de troisième cycle.

vendredi 2 novembre 2007

Pourquoi faire compliqué quand on sait faire simple ?

Ces temps-ci, je fais pas mal de sessions de formation aux outils de la recherche documentaire en santé, et je travaille par ailleurs à la rédaction d'un document pédagogique sur les outils de bibliothèque dans le cadre du C2I (Certificat Informatique et Internet).
Je me suis fait la réflexion que, très souvent, former à l'utilisation de ces outils, c'est en fait aider les étudiants à se repérer dans une série d'interfaces qui, de premier abord, se ressemblent toutes beaucoup : une zone de saisie pour des critères de recherche et un bouton pour lancer la recherche.
Outre la sélection préalable d'outils pertinents, mon rôle se borne souvent à expliquer que :
  • Dans telle interface vous cherchez des références de documents se trouvant dans une bibliothèque, dans telle autre des articles de revue en texte intégral, dans celle-ci un peu de tout, ...
  • Dans cette interface vous alignez vos critères séparés par un espace, mais attention dans celle-là si vous ne mettez pas AND entre deux mots vous aurez zéro réponse,...
On se rend très vite compte, et ce n'est pas une découverte, que les utilisateurs vont avoir plus tendance à utiliser des interfaces qui leur semblent faciles d'utilisation.
De ce point de vue, notre catalogue, qui propose par défaut une recherche simple sur tous les mots, ne s'en tire pas mal :

Il y a une interface d'un moteur de recherche qu'on ne présente plus, dont la simplicité a fait le succès et qui, même après plusieurs années d'ajouts de services, reste très sobre :

Il y en a une autre, celle du catalogue SUDOC, une initiative dont je soutiens par ailleurs fortement le principe et qui fonctionne plutôt bien, qui a à mon sens deux gros défauts :

Tout d'abord, on tombe sur une page d'attente demandant de choisir entre le catalogue et le répertoire des centres de ressources, alors que je parierais bien que plus de 95% des visiteurs atterissent ici en vue de consulter le catalogue. Je pense qu'on pourrait facilement se dispenser de cette page :

Ensuite, on tombe sur une autre page, toujours très bavarde, avec un formulaire de recherche simple qui propose par défaut de chercher sur les "Mots du titre" :

Pourquoi pas, on aurait pu aussi choisir les "Mots sujet" ou même les "Mots auteur" comme recherche par défaut.
Mais à mon sens, à partir du moment où le SUDOC dispose de la fonctionnalité d'une recherche sur "Tous les mots" (proposée en 13e position sur 24 dans le menu déroulant du choix de l'index de recherche), c'est celle-ci qui devrait être proposée par défaut aux utilisateurs.

En juin dernier, j'ai utilisé le service Assistance de l'ABES pour leur demander pourquoi ils avaient opté pour une recherche par défaut sur les titres plutôt que sur tous les mots.
Le service m'a répondu efficacement et très rapidement. Je vous laisse apprécier les subtilités techniques de la réponse (que je ne prétends pas maîtriser toutes, loin de là), mais grosso modo il en ressort que les deux types de recherche (par "Mots du titre" ou sur "Tous les mots") ne sont pas tout à fait équivalentes car "Tous les mots" va éliminer un plus grand nombre de mots vides et n'interroge pas les expansions des notices.
Soit, mais je persiste à penser que si la recherche sur "Tous les mots" est suffisamment performante pour être proposée aux utilisateurs du catalogue du SUDOC, alors c'est cette recherche qui devrait être proposée par défaut.
Ce qui pourrait donner, à moindre coût, sans nouvelle version du logiciel, sans définition d'un nouvel index, en supprimant l'actuelle page d'accueil intermédiaire et avec un tout petit peu de mise en page, quelque chose qui ressemblerait à ça :