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samedi 12 novembre 2011

Du nouveau pour les nouveautés


Ça fait un moment que je m'intéresse à la question de l'information du public sur nos nouvelles acquisitions. A Nancy, en 2007, nous avions lancé un blog de SéleCtion D Nouveautés, qui vit toujours, même s'il a changé de titre et d'adresse.
D'autres BU font des choses très bien et très élaborées dans ce domaine. Je ne me suis pas lancé dans une enquête approfondie, mais rien que ces derniers jours des collègues m'ont signalé la belle étagère de nos voisins picards et les listes thématiques de Franche-Comté avec déroulant des couvertures.
A Reims, il se trouve que notre grande et belle bibliothèque fonctionnelle a été organisée depuis son ouverture en 2006 sans présentoirs de livres. Il y a juste une ou des tables, suivant la période, où nous présentons les sélections thématiques réalisées très régulièrement.
Cet été, les collègues ont mis en place pour la première fois, au niveau de l'entrée dans les espaces de travail de la bibliothèque, un meuble de présentation d'une sélection de nouveautés, avec en amont une organisation pour sélectionner et renouveler ces documents au moment du catalogage et de l'équipement.
Du coup, ça m'a incité à lancer un projet qui me trottait depuis longtemps dans la tête, celui de produire  automatiquement une liste de nos nouvelles acquisitions (les solutions proposées "de série" avec notre OPAC Horizon Information Portal n'ont pas été retenues à Reims, probablement pour les mêmes raisons qu'à Nancy 1, c'est à dire leur manque d'ergonomie. On peut voir ce que ça donne à Nancy 2, avec l'obligation de naviguer dans le plan de classement, de cocher et de valider...).
Mon idée de départ était d'avoir une liste extraite de notre SIGB Horizon, qu'on pourrait mettre en ligne, sur une page fixe de notre blog par exemple, en l'agrémentant d'un fil RSS dédié. Nous y sommes parvenus, on va le voir et le schéma ci-dessus en donne une idée, au prix d'une succession de bricolages et de bidouillages.
  1. L'extraction des données du SIGB

    Une condition essentielle de mise en oeuvre du projet. Là, je me suis adressé à ma collègue magicienne du SIGB et je lui ai lancé un défi pour l'été. Pourrait-elle en interrogeant les entrailles de la bête produire chaque mois une liste de documents dont la notice a été créée depuis une date donnée et dont au moins un exemplaire est disponible pour le prêt, en récoltant à la fois des données concernant la notice bibliographique (Titre, Auteur, Editeur, Année de parution , et surtout le numéro interne de la notice, qui permet de construire l'URI et ainsi de faire un lien internet direct vers le document) et des données d'exemplaire (Localisation, Cote).
    Une magicienne c'est magique, et ma collègue est très vite parvenue au résultat espéré, en utilisant plusieurs requêtes successives et en tambouillant les résultats obtenus dans sa marmite-tableur. Par la suite, des réglages complémentaires ont été nécessaires quand nous nous sommes rendus compte que les exemplaires "en traitement" écartés d'une liste un mois donné passaient au travers des mailles du filet le mois suivant car la date de création de leur notice était trop ancienne.
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  2. La mise en ligne des informations
    Là, ce fut presque trop simple. En arrangeant bien le fichier du tableur avec les colonnes dans le bon ordre et la création par formule du lien vers la notice, un simple copier-coller en mode HTML depuis le tableur vers la nouvelle page statique de présentation des nouveautés sur le blog nous a permis d'aboutir au résultat escompté. Sauf que nous avons découvert avec horreur que, si nous collions plus de 100 nouveautés, Wordpress effaçait tout le contenu de la page. Il n'y aura donc que 100 nouveautés sur la page générale, et aussi 100 sur chacune des pages thématiques (il y en a rarement autant que ça d'acquises chaque mois pour un thème donné) car, au fil du projet, un collègue m'a judicieusement fait remarquer que, comme nous disposions de la localisation des nouveautés (un code collection lié à un pôle thématique), il nous était facile de produire des sous-listes par pôle. Ce qui fut fait et qui, au passage, nous a permis de répondre positivement à une demande émise par des enseignants lors d'un récent conseil de la documentation !
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  3. La création de flux RSS

    C'est là que les choses ont commencé à se compliquer. Alors que tout était en place un vendredi cet été au moment où je suis parti en week-end pour créer les flux RSS la semaine suivante avec Ponyfish (les tests avaient été positifs), j'ai reçu le dimanche un message du créateur de ce service indiquant que, pour diverses raisons, il allait l'arrêter définitivement le 15 août !
    Il a donc fallu que je me mette en quête d'un service de remplacement (gratuit). Après quelques tatonnements, mon choix s'est porté sur Dapper, un service du groupe Yahoo! qui propose de créer, à partir d'une source d'information définie, des flux d'information ou gadgets sous différents formats, du XML à l'email, en passant par le Google Gadget ou le module Netvibes, en incluant le RSS.
    Le service est performant, avec des possibilités de paramétrer finement son flux en entrée et en sortie. Seul bémol : les serveurs de Dapper semblent parfois un peu lents à répondre ce qui rend impatients les agrégateurs qui peuvent indiquer une erreur de lecture de contenu.
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  4. La publication des nouveautés sur la page Facebook de la BU
     

    Le projet original s'arrêtait à l'étape 3 : produire des listes de nouveautés et y associer des flux RSS. Mais quelque chose me gênait : ces flux allaient être dormants pendant un mois entier avant d'être alimentés d'un seul coup de plusieurs dizaines de nouveautés. Pas gênant pour quelqu'un qui veut juste être informé de l'ensemble de la liste des nouveautés mais pénible si on voulait, comme on en a l'habitude, afficher un extrait du flux avec un gadget Javascript (3 à 5 éléments) sur notre blog, notre page Facebook ou le site du SCD.
    Je n'ai pas trouvé (ni cherché) de solution pour le blog et le site, mais pour la page Facebook je me suis souvenu d'avoir remarqué que l'application RSS Graffiti que nous utilisons pour diffuser automatiquement nos billets de blog sur Facebook comporte un onglet permettant de programmer la publication du flux (nombre d'infos publiées à la fois, délais, enchaînement des infos...).
    Je me suis donc lancé dans l'aventure et en fait c'est ce qui a pris le plus de temps dans tout le projet ! Car pour ce faire, RSS Graffiti m'a demandé une date de publication pour chaque élément du flux, ce que nous n'avions évidemment pas inclus. Retour au tableur, donc, puis à la page du blog (la date y est incluse mais en blanc sur fond blanc car elle n'est pas significative), puis à Dapper pour ajouter un champ date au flux RSS, etc.
    Et malheureusement il y a eu un grand nombre d'allers-retours car RSS Graffiti refusait de publier les infos ou en publiait une puis s'arrêtait (nous avons choisi un rythme de publication d'une nouveauté par jour sur la page Facebook). Au bout du compte, ce sont les messages d'erreur de RSS Graffiti qui nous ont fait comprendre qu'l suffisait de respecter la norme de présentation des dates (du style Wed, 02 Nov 2011 00:00:36 GMT) pour que ça fonctionne...
Il est clair que l'échafaudage que nous avons construit est complexe et fragile, mais au bout du compte nous avons réalisé nos objectifs. Désormais, au prix d'environ 2h de travail par mois (1h pour les extractions du SIGB et 1h pour la mise en ligne des informations), nous proposons à nos usagers des listes thématiques de nouveautés, avec des flux RSS associés, et nous enrichissons chaque jour notre page Facebook avec la mise en valeur d'une nouveauté (sans l'image de la couverture, malheureusement).

    lundi 2 mai 2011

    Notre catalogue indexé par Google !!


    Ou, plus précisément, on trouve des résultats de recherche pointant vers notre catalogue dans Google !!
    Ce matin, je cherchais un lien vers la page sur le site de l'éditeur d'un nouveau livre que je voulais signaler sur Facebook. Je tape trois mots clés, je ne trouve pas ce que je cherche dans les tout premiers résultats et, stupéfaction, je découvre en huitième position un lien vers notre catalogue !
    Stupéfaction car, un de mes grands drames c'est que l'immense majorité des catalogues de bibliothèques, avec quelques exceptions comme Calice68, fait partie du web invisible et que la masse de données qu'ils contiennent n'apparait pas lorsque les internautes font une recherche sur un moteur généraliste.
    Et là, pof, je cherche des infos sur L'argent, coordonné par Michel Wieviorka, et Google me renvoie obligeamment vers la liste des oeuvres de cet auteur figurant à notre catalogue...
    Autant que je sache - et après vérification c'est bien le cas - nous n'avons pas fait de modification récente de notre OPAC permettant d'expliquer comment Google aurait désormais la possibilité technique d'indexer la base de données de notre catalogue.
    Ce qu'il ne fait pas, je crois, après avoir fait quelques vérifications.
    En faisant une recherche limitée à notre catalogue sur "droit civil", j'ai obtenu 6 résultats Google (mêmes résultats en me déconnectant de mon compte Google), qui pointent soit vers un document unique, soit vers des recherches sur divers critères, avec presque à chaque fois un numéro de session inclus dans l'URL enregistrée par Google. Cela donnerait à penser que les résultats de Google pointant vers notre catalogue ne résultent pas d'une indexation de nos données elles-mêmes mais d'une requête dans des réservoirs de données constitués par Google, alimentés probablement par l'historique des requêtes ou des navigations web d'une partie des internautes.
    Ce réservoir est limité (une recherche sur "droit civil" dans notre catalogue retourne 996 résultats...) mais loin d'être négligeable, mon expérience de ce matin le prouve. Une recherche sur "droit" limitée à notre catalogue renvoie quand même déjà 1390 résultats. J'ai fait l'essai avec deux autres catalogues Horizon Information Portal et j'ai eu le même type de résultats pour Lille 3 et Toulouse.
    Mine de rien, cette nouvelle donnée accroît singulièrement la visibilité des bibliothèques sur le web (idem pour les librairies) : si la page du livre sur le site officiel de l'éditeur n'apparaissait pas ce matin sur la première page de résultats de ma recherche, le tout premier résultat pointait lui sur le catalogue de la BPI !

    lundi 18 avril 2011

    Les débuts avec Facebook


    Nous avons mis en ligne la page Facebook de notre bibliothèque au début de cette année.
    Notre objectif était d'être présent sur ce réseau de plus en plus utilisé par les étudiants (et qui tend à constituer un réseau parallèle à l'intérieur du web au sens large), afin d'y communiquer à notre public des informations sur nos activités et nos services. L'idée est d'y republier automatiquement les articles du Quotidien de Robert, le blog de la bibliothèque, ainsi que des informations plus ponctuelles, et de donner depuis Facebook un point d'entrée supplémentaire pour accéder à la documentation que nous fournissons et aux autres services que nous proposons. Nous espérons aussi profiter de l'effet levier de Facebook pour toucher de nouveaux utilisateurs, étant donné qu'à chaque fois que quelqu'un clique sur le bouton "J'aime" de notre page, les informations qui y sont publiées sont par défaut rediffusées automatiquement sur son mur, où ses amis peuvent la voir.
    La mise en place de cette page est intervenue à l'issue d'une longue gestation. En partie parce que le responsable du projet, votre serviteur, ne pratiquait pas Facebook et a dû s'auto-former au fonctionnement spécifique de ce réseau et aux modalités de gestion des pages. Le plus gros problème rencontré l'a été pour la mise en place d'une syndication du blog par l'intermédiaire de son fil RSS. Ça aurait dû être tout simple puisque Facebook propose avec Articles, une de ses applications par défaut, une fonctionnalité d'importation de blog par RSS. Après de multiples tentatives, des messages d'erreurs contradictoires et trompeurs, j'ai fini par me rendre à l'évidence : ça ne marche pas ! (ou en tout cas ça ne marchait pas il y six mois...). Finalement, cela s'est résolu en faisant comme les petits copains, c'est à dire en utilisant une application tierce, RSS Graffiti, pour gérer la syndication de flux RSS. Là, ça fonctionne très bien.
    L'installation de l'application Static FBML qui permet de paramétrer des onglets personnalisés pour sa page en utilisant le langage FBML spécifique à Facebook s'est faite elle sans problème et la création des-dits onglets a été beaucoup moins laborieuse.

    Au bout du compte, nous utilisons actuellement pour notre page Facebook ces onglets :
    • Le Mur, affiché par défaut, sur lequel s'affichent notamment les billets du blog (2 à 3 par semaine), les évènements, et des informations ponctuelles sur les collections (documents "tout frais en rayon"), les services et les animations, de manière à arriver environ à une information publiée par jour du lundi au vendredi. Cet onglet est obligatoirement présent sur une page Facebook.
    • Infos, pour les contacts et infos pratiques. Cet onglet est obligatoirement présent sur une page Facebook.
    • Documentation, qui permet de faire une recherche dans notre catalogue (les résultats s'affichent en-dehors de Facebook) et d'accéder à la documentation électronique.
    • Services, qui renvoie vers nos principaux services en ligne, Question ? Réponse !, notre service de renseignement en ligne, Accès et horaires pour les infos pratiques, Prêt entre bibliothèques, Suggestions d'acquisition et l'accès au compte utilisateur.
    • Photos, des photos du bâtiment, et également de l'ancienne BU, et surtout des photos liées aux animations, pour les annoncer (affiches, tracts) et pour les documenter.
    • Evènements, les fiches des évènements ayant lieu à la BU (animations, ateliers du du BAIP, conférences, colloques). Reprises sur le mur, les usagers peuvent les commenter et indiquer leur intention d'y participer.
    Après un peu plus de trois mois, je ne me risquerai qu'à un bilan d'étape.
    Nous avons pu vérifier lors des séances de formation de ce trimestre que Facebook a une meilleure image que les blogs chez les étudiants. "La BU a un blog". Aucune réaction. "Elle est aussi sur Facebook". "Ah, tiens...". Effet sûrement renforcée par la nouveauté et l'encore faible présence des institutions sur Facebook.
    La communication sur la page s'est faite sur place (blog en page d'accueil des ordinateurs, écran télé, petit tract...), même si les kakemonos imaginés pour le hall seront plutôt là pour la rentrée prochaine, et en ligne (mailing list, lettre d'information électronique de l'université, bureau virtuel).
    Actuellement, environ 220 personnes ont cliqué sur le bouton "J'aime" de notre page. Ce chiffre augmente doucement, mais régulièrement, l'effet réseau fonctionnant assez fort : quand quelqu'un "aime" notre BU, plusieurs de ses amis font souvent de même assez rapidement après.
    Pour ce qui est des statistiques, fournies par Facebook, elles font état d'une moyenne de moins de 300 utilisateurs mensuels de la page. Les différentes publications ont été vues plus de 70 000 fois, avec un taux infinitésimal d'interactions avec les usagers, concentré sur quelques publications.
    L'onglet Mur est de très loin le plus affiché (plus de 55 000 fois), les autres onglets (Documentation arrivant en tête), l'étant moins de 300 fois. Conclusion : si on veut qu'une information soit vue, elle doit absolument passer par le Mur !
    L'information du mur la plus affichée est, de peu mais presque sans surprise, l'annonce d'un billet du blog intitulé, pas par hasard, Sexe, rock'n'roll et littérature. Suivent l'annonce d'une manifestation (Le café des métiers de la comm'), l'annonce de l'enquête auprès des usagers et une information sur les horaires de la BU.
    Pour l'instant, nous arrivons à peu près à tenir le rythme d'une information sur le Mur par jour, entre les billets du blog et les informations ponctuelles.Et nous avons eu droit en quelques semaines à notre "baptême" d'utilisateur Facebook, avec des changements du fonctionnement de l'interface qui se succèdent, comme la nouvelle version des pages; qui se sont rapprochées des profils, et l'annonce de l'abandon prochain du langage informatique FBML.

    samedi 18 décembre 2010

    Message subliminal ?


    Le dessin ci-dessus, non crédité, a été choisi pour illustrer pour la carte de voeux 2011 de l'Université de Reims Champagne-Ardenne. Comme me le faisait remarquer une collègue ce matin, un arbre duquel tombe des livres, ce n'est pas un message très réjouissant pour des bibliothécaires.
    Plus largement, et sans être du tout qualifié pour analyser un dessin, cet "Arbre de la Connaissance" est quand même lourd d'interrogations.
    Alors que le dessin comporte des couleurs, il est en noir et blanc et on pourrait presque le prendre pour un arbre mort. Sauf qu'il est couvert de feuilles, simples, en cahiers ou reliées en livres. Ces feuilles sont soit en noir et blanc (mortes elles aussi ?) soit en couleurs (en pleine forme, donc ?).
    Dommage, ce sont justement les feuilles en couleurs qui tombent de l'arbre. D'ailleurs, l'arbre semble surchargé à tel point qu'on se demande s'il ne va pas falloir tailler dans ses branches, saines ou non.
    Alors que notre université s'apprête justement à passer à l'autonomie avec compétences élargies au 1er janvier 2011, et tandis que, pour ce qui concerne le SCD, l'exercice budgétaire ne s'annonce pas plus réjouissant que celui de 2010, je ne sais quels fruits cet arbre portera au printemps prochain, mais il y a peu de chances qu'ils soient pleins d'espoir !

    lundi 15 novembre 2010

    Les bibliothèques de Bordeaux à la rencontre de leur public...


    ...et même de leur non-public, pour ce qui me concerne !
    En effet, je me trouvais l'autre week-end à Bordeaux pour une raison absolument non-professionnelle. Pourtant, alors que j'errais sur le quai de la station de tram Saint-Michel à la recherche de ma correspondance, j'ai aperçu un jeune homme qui distribuait des tracts. Je pensais qu'il s'agissait d'une promotion commerciale ou d'une manifestation culturelle, mais non, ce tract faisait bel et bien la promotion des services des bibliothèques municipales de Bordeaux.
    Je ne le savais pas, mais je me trouvais alors en bordure du centre-ville, à proximité de la bibliothèque Capucins/Saint Michel.
    Un peu plus tard, à une autre station de tram, je suis tombé sur une autre distribution de tracts. J'étais à la station Meriadeck, du nom du grand centre commercial dans lequel se situe la bibliothèque centrale du réseau.
    Les deux fois, j'ai demandé à la personne qui distribuait les tracts si cette opération avait lieu souvent. J'ai obtenu deux réponses contradictoires, en fonction de l'expérience personnelle des personnes j'imagine, puisqu'on m'a di à la fois que c'était juste pour ce samedi-là, mais aussi que ça se faisait régulièrement.
    En tout cas, même si certains tracts se sont directement retrouvés dans les poubelles alentour, ce qui fait partie du jeu lorsqu'on tracte, et indépendamment des circonstances particulières (personnes préoccupées par l'arrêt des transports en centre-ville pour cause de manifestation), cela semble un bon moyen de toucher en nombre le public hors les murs de la bibliothèque. Et si tout le monde n'a pas conservé son tract, j'ai vu aussi des gens qui l'avaient gardé à la main avec leur journal ou leurs courses.
    Comme les bibliothèques semblaient me poursuivre cette après-midi là, je suis tombé, en me baladant dans le centre entre les deux stations de tram, sur une bibliothèque universitaire. Certes, l'entrée du bâtiment qui abrite cette BU pluridisciplinaire n'est pas très engageante, mais elle a le grand mérite d'être facilement accessible en centre-ville et d'être ouverte de 8h30 à 19h le samedi.

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    jeudi 11 novembre 2010

    Le bibliothécais avec peine !



    Le titre de ce billet fait bien sûr référence au réjouissant bréviaire publié par Noëlle Balley dans le BBF en 2007.
    Un jargon professionnel ne pose pas de problème en tant que tel. Le problème se pose bien sûr quand des non-initiés s'y retrouvent confrontés, ce qui arrive  évidemment plus souvent aux bibliothécaires qu'aux imprimeurs, par exemple.
    En 2007 aussi, j'avais eu l'occasion de constater qu'un terme apparemment simple comme "Périodique" pouvait poser de gros problèmes de compéhension.

    Autre exemple en début de semaine, avec cette requête inquiète d'un étudiant via notre service Question ? Réponse ! :

    Question :
    Pourquoi m'as t'on mis un blocage alors que j'avais reservé un livre et j'ai changé d'avis pour en prendre un autre, qu'est-ce que je risque avec un blocage ?

    Ma réponse :
    Vous ne risquez rien avec ce blocage, je vous rassure tout de suite !
    Notre logiciel de gestion de la bibliothèque appelle "blocage" les suspensions qui peuvent intervenir sur votre compte, pour retard notamment, mais il utilise - à tort - la même formule pour simplement vous communiquer des messages d'information, comme prendre note que vous avez annulé une réservation.
    Cette formulation est malencontreuse. Je vais me renseigner, mais je ne suis pas sûr que nous puissions la modifier.
    Nous avons simplement précisé dans l'aperçu général que les blocages concernent les amendes, les blocages en tant que tels et les messages.

    Comment peut-on en arriver là ?
    Avant de répondre, je suis allé vérifier dans notre catalogue que les informations du compte utilisateur faisaient bien la différence entre les emprunts, les réservations et les blocages. Ouf, c'est bien le cas !
    Oui mais, notre SIGB (Horizon) est conçu de telle façon qu'il associe que, pour communiquer avec un usager via son compte, il faut utiliser la même fonctionnalité que celle qui sert à mettre des suspensions et des amendes et "Ajouter un blocage" en choisissant l'option "Note à l'usager".
    Une conception singulière de la communication d'une bibliothèque avec son public, qui n'est pas sans conséquence parce que, du coup, lorsqu'une information est communiquée automatiquement à un lecteur (par exemple pour laisser une trace après qu'une réservation a été annulée, ce qui était précisément le cas), celle-ci se retrouve dans les "blocages" et non pas dans une rubrique plus neutre.
    Dans l'aperçu du compte, il est précisé que la rubrique Blocages concerne les amendes (pas implantées en fait chez nous), les blocages en tant que tels et les messages. Mais ce n'est pas suffisamment pour ne pas inquiéter un usager qui découvre qu'il a un blocage, on l'a constaté !

    mardi 28 septembre 2010

    Du vinyl dans le patrimoine


    Je n'ai ouvert la plaquette du programme des Journées du Patrimoine 2010 pour Châlons-en-Champagne qu'une fois l'événement passé (avec la bonne excuse que je savais que je serais absent au moment de la manifestation).
    Du coup, je n'aurai pas l'occasion d'aller voir l'exposition de disques vinyles présentée à cette occasion à la bibliothèque de quartier Denis Diderot (visible encore deux jours jusqu'à la fin de ce mois de septembre).
    La bibliothèque y présente quelques-uns  des 33 tours issus de ses collections sélectionnés pour leur intérêt régional (Pierre Dac, lecomplice de Francis Blanche, est né à Châlons, par exemple).
    Dans le cadre des missions liées à son statut de bibliothèque municipale à vocation régionale, la Bibliothèque Georges Pompidou conserve près de 40 000 disques issus de de sa discothèque de prêt et des dons d'autres bibliothèques. Cette exposition fait suite à d'autres actions de médiation et de présentation d'une partie de ce fonds.
    Je regrette d'autant plus d'avoir manqué cette exposition que ces documents, passés du statut de collection de prêt à celui de jeune patrimoine encore méconnu suite au remplacement des 33 tours par les CD, m'intéressent particulièrement, notamment depuis un stage à Châlons il y a cinq ans au cours duquel j'avais eu l'occasion de me pencher sur la question de la gestion et de la valorisation de ce fonds.

    mardi 15 juin 2010

    Un an de Quotidien a passé



     
    Après un an de fonctionnement en vitesse de croisière du Quotidien de Robert, nous avons fait un premier bilan, quantitatif à partir des données fournies par Google Analytics et qualitatif avec un questionnaire diffusé en une du blog pendant une semaine.
    La publication du Quotidien est coordonnée par moi-même, avec principalement deux autres contributeurs réguliers et des contributeurs ponctuels pour des billets sur des dossiers qu'ils gèrent. Au fur et à mesure de l'année, de plus en plus de collègues se sont mis à proposer des sujets de billets, liés à l'actualité ou aux tâches qu'ils accomplissent.
    Si au départ nous envisagions de publier cinq billets par semaine du lundi au vendredi, nous avons assez vite adopté plutôt un rythme de trois billets (les lundi, mercredi et vendredi), pour limiter la charge de travail et laisser un peu de visibilité au billet de une, avec évidemment une souplesse permettant de publier plus souvent en fonction de l'actualité.
    La répartition thématique envisagée pour les billets (Services et fonctionnement de la bibliothèque, collections, animations et formation) a grosso modo été respectée. Les objectifs que j'ai en tête pour la suite sont de veiller à continuer de faire des billets expliquant bien le fonctionnement de la bibliothèque et d'avoir des billets sur les collections pouvant intéresser notamment les étudiants de Licence, de loin les plus nombreux à fréquenter la bibliothèque.
    Le nombre relativement faible de commentaires n'est pas une surprise pour moi. Ponctuellement, certains lecteurs ont quand même utilisé les commentaires du Quotidien pour communiquer avec la bibliothèque, notamment les doctorants concernés par les formations au SCD, palliant ainsi certaines carences de l'information autour de ces séances.
    Pendant cette année, le blog a reçu 202 719 visites. Pour leur immense majorité (plus de 95 %), ces visiteurs se sont connectés depuis le campus de l'université, en accédant directement au blog via la page d'accueil d'Internet Explorer sur les postes informatiques publics du SCD (j'y reviendrai). Le site du SCD (2900 visites) et le bureau virtuel (470) amènent également quelques visiteurs. Les moteurs de recherche n'apportent que 3% du trafic sur le site.
    La plupart des visiteurs restent sur la page d'accueil (et, j'en suis persuadé, n'en voient que le dernier article publié). On a 1,2 pages par visite en moyenne, un chiffre que j'ai l'habitude d'expliquer (sans me tromper, j'espère) en disant qu'en moyenne un visiteur sur cinq consulte une deuxième page. Les autres pages les plus consultées sont celles issues du nuage de tags, mais les chiffres sont très faibles (moins de 0,3 % des visites par page) et c'est d'autant moins significatif que nous encourageons les étudiants à cliquer sur un tag lors des séances de formation à la recherche documentaire.
    Le questionnaire a recueilli relativement peu de réponses (50), émanant pour les trois-quarts d'étudiants en Licence. Il est à noter que 10% des répondants déclarent ne jamais lire le blog ou le découvrir, ce qui peut signifier que les quelques tracts et la simple affiche invitant sur place à donner son avis les a incités à consulter le blog.
    35% des répondants indiquent lire le premier article du blog en entier. Très peu d'entre eux (6 %) indiquent qu'il leur est arrivé de consulter le blog pour y trouver une information bien précise ou citent un article particulièrement intéressant (8 %). 31% proposent des sujets d'articles qu'ils aimeraient voir traiter par Le Quotidien.
    Ils sont 20% à citer des choses qui leur déplaisent dans Le Quotidien contre 31% qui citent des élements qu'ils apprécient. Pour ce qui concerne le ton adopté pour la rédaction du blog (Bibliothèque qui s'exprime à la première personne avec parfois des traits d'humour), un point qui a fait l'objet de remarques en interne ou en commentaire du blog, les avis sont assez partagés : trois personnes disent l'apprécier contre trois à qui il déplaît.
    Au bout du compte, je dirais que l'objectif initial, qui était d'utiliser le réseau Internet et la technique du blog pour créer un canal local d'information sur les écrans des postes informatiques de la bibliothèque afin d'améliorer l'information sur notre offre de services, a été atteint.
    Il nous reste à poursuivre ce travail dans la durée et à régler deux problèmes techniques liés principalement au paramétrage du programme Active Directory utilisé pour gérer les postes informatiques du SCD.
    Pour cela, il faudra :
    •  Inclure Firefox dans la liste des logiciels gérés par ce programme, ce qui permettra de mettre Le Quotidien en page d'accueil de ce navigateur. Paradoxalement, nous conseillons souvent, pour des raisons techniques,  d'utiliser Firefox plutôt que l'IE 6 proposé sur les postes publics, mais ceux qui le font sont privés de notre principal outil d'information en page d'accueil par défaut ! Quand ce sera fait, la fréquentation du blog devrait augmenter d'un bon tiers.
    • Créer des groupes d'utilisateurs par bibliothèque pour ne plus imposer aux autres sections en page d'accueil de leurs postes publics la présence du Quotidien et de ses informations souvent très locales et spécifiques à la section Droit-Lettres. Là, le jour où ce sera fait, la fréquentation du blog baissera.

    mardi 26 janvier 2010

    Emprunter un bibliothécaire, c'est possible !


    Lancer des idées, faire des propositions, c'est bien. Tenter de les mettre en oeuvre, c'est mieux !
    Il y a presque un an, j'ai lancé l'idée d'acclimater par chez nous le prêt de bibliothécaires. Aujourd'hui, et pour une expérimentation d'un semestre, nous proposons sur notre campus d'emprunter un bibliothécaire.

    Les conditions de l'expérience sont les suivantes :

    • Le service est réservé au personnel universitaire du campus
    • Les possibilités d’emprunt sont de 1 bibliothécaire par trimestre pour une durée de 2h renouvelable 1h immédiatement après.
    • L'emprunt peut se faire sur place à la bibliothèque ou dans un bureau ou un laboratoire du campus Croix-Rouge.
    • Les bibliothécaires concernés sont les quatre conservateurs de la section, tous volontaires.
    • Les personnes intéressées rempliront un formulaire avant l'emprunt, pour évaluer la demande et déterminer quel bibliothécaire y répondra, et après, pour contribuer à l'évaluation de l'expérimentation.

    La limitation au personnel universitaire - les enseignants sont le principal public visé - existe pour s'assurer d'être en mesure de répondre rapidement aux éventuelles demandes. La période, janvier à juin, a été choisie car c'est celle où nous sommes le moins pris par les sessions de formation à la recherche documentaire.

    Pour ce qui me concerne, l'enjeu principal de l'expérimentation est de voir si une demande pour ce type de service existe ou non parmi le public visé.
    Si c'est non, on retentera peut-être le coup en 2011 en visant cette fois-ci les doctorants et autres étudiants avancés.
    Si c'est oui, espérons que le bilan de l'expérience permettra alors de vaincre les réticences d'un bon nombre de nos collègues.
    En effet, si la proposition a fait l'unanimité sans soulever de problème particulier au sein de l'équipe de direction du SCD, elle a suscité une forte opposition au sein de la section. Pas tant sur la prestation de service proposée que sur l'analogie faite avec le prêt de documents pour la définir et la dénommer. Bien qu'ils ne soient pas amenés à participer directement au service, plusieurs collègues ont exprimé leur crainte d'être assimilés par extension à des objets et de voir ainsi se renforcer le manque de considération qu'ont certains enseignants pour les bibliothécaires. Ils craignent également que cette dénomination, par son manque de sérieux, dégrade l'image de marque de la bibliothèque. Pour ma part, en optimiste qui tente de rester lucide, je suis persuadé que mettre en avant nos compétences et nous rendre utile en rendant un réel service ne peut qu'améliorer nos relations avec les usagers...

    samedi 30 mai 2009

    Twitti et Grosternet (Z'ai cru voir une bibliothèque)


    Les infos récentes sur l'utilisation de Twitter en bibliothèque ou sur l'identité numérique de nos établissements (à lire là aussi) ont relancé chez moi des réflexions qui se développent à chaque fois qu'un nouvel outil de communication en ligne apparait ou devient à la mode.
    La question qui se pose est bien sûr de savoir lesquels de ces outils sont essentiels ou risquent de le devenir pour une bibliothèque qui souhaite communiquer avec son public, que ce soit pour sa communication institutionnelle (infos pratiques, offre de services, agenda des manifestations...) que comme support à des services existants ou à créer.
    Sur ces quinze dernières années, on a vu a se développer à la fois des techniques devenues indispensables : l'email ("Elle est belle ma lettre d'information, qui n'en veut ?"), le web (Quelles est la proportion de bibliothèques qui n'ont pas de site internet aujourd'hui, ou d''accès au catalogue en ligne ?) et une multitudes de sites, des services ou de techniques, dont certains ont déjà disparu depuis longtemps, parmi lesquels il n'est pas toujours facile de décider s'il est utile ou non d'investir et de s'investir.
    L'offre semble exploser ces temps-ci et autant jusqu'à il y a peu j'arrivais à suivre les nouveautés, et surtout à les évaluer et à imaginer des applications possibles professionnellement, autant je sens depuis deux ou trois ans que je commence à lâcher, tout simplement parce qu'il y a toute une partie de la panoplie des outils de communication dont je n'ai pas l'usage personnellement, alors que dans ce domaine l'utilisation personnelle et de loisir m'a presque toujours servi de laboratoire d'exploration avant les applications au travail.
    Mais voilà, j'ai un téléphone portable basique que j'utilise peu, je préfère l'email au SMS, je fuis autant les forums de discussion que les comptoirs de café de commerce, je ne tchatte pas, je n'ai aucune envie d'avoir ma page personnelle chez MySpace, Facebook ou même Copains d'avant. C'est un choix, dicté par mes envies et mes goûts, mais je suis bien conscient qu'il m'est plus difficile d'imaginer de nouveaux services pour des outils dont j'ai peu l'usage.

    Reste qu'avec de l'expérience, de la curiosité et un peu de méthode, on doit pouvoir commencer un premier tri parmi les outils présents et à venir.
    Tout d'abord, je n'ai aucune donnée concrète pour l'affirmer mais j'en suis à peu près persuadé : il me semble que, en ligne comme sur place, l'usager "va" à la bibliothèque : autrement dit, de même qu'à un moment de la semaine un usager peut décider de se rendre à la bibliothèque pour emprunter des documents, consulter de l'information sur place ou suivre une animation, très souvent il décide lorsqu'il est en ligne de se tourner vers "sa" bibliothèque lorsqu'il est en quête d'informations ou de services.
    Donc, le premier point essentiel, c'est qu'on trouve facilement la bibliothèque en ligne lorsque l'on veut s'y rendre. Cela signifie que l'adresse du site de la bibliothèque doit être partout présente sur les documents de communication de la bibliothèque (voire pourquoi pas sur tous les documents tout court de la bibliothèque !). Que ce site (ergonomique, fonctionnel et régulièrement mis à jour bien sûr) doit être signalé de façon proéminente sur le site de l'institution de rattachement de la bibliothèque, que ce soit une collectivité territoriale ou une université (A l'Université de Reims, nous bénéficions d'un onglet spécifique sur toutes les pages du site de l'Université. Ce n'était pas le cas à l'UHP Nancy, mais le bouton en première page du site de la Faculté de Médecine était très efficace), mais aussi dans l'intranet de l'institution, surtout pour les centres de documentation et les BU.
    D'expérience, je peux affirmer que les écrans télé à Nancy et le blog en page d'accueil des postes informatiques à Reims sont aussi des bons moyens d'informer des usagers déjà présents dans la bibliothèque.
    On visera un référencement en premier résultat d'une recherche dans le moteur le plus populaire, en utilisant les mots-clés le plus souvent associés à l'établissement. L'obtention de ce référencement pourra être facilitée en renseignant une fiche pour l'établissement dans le Google Local Business Center, ce qui permet en plus de faire afficher un plan Google Maps avec l'adresse du site.
    Une fois qu'il nous a trouvé, il faut évidemment que l'usager trouve aussi des services utiles et facilement accessibles (accès à de la documentation en ligne, renseignement,...) et des moyens de se tenir informé s'il le souhaite (RSS...), même si j'ai bien l'impression que les usagers des bibliothèques accros au point de ne vouloir rien rater de notre offre sont ultra-minoritaires.
    C'est pourquoi il est important également que les usagers puissent nous trouver aussi sans nous chercher. Pour ça, des outils ont commencé à montrer leur efficacité, même s'ils sont loin d'être généralisés.
    Parmi le total des visiteurs concernés, les billets de blogs récents bien référencés dans Google attireront toujours une proportion, faible mais non négligeable, de personnes qui ont la possibilité de fréquenter physiquement la bibliothèque ou qui y sont déjà inscrits.
    Les solutions comme les liens vers le catalogue SUDOC ou vers les articles en texte intégral pour les revues auxquelles la bibliothèque est abonnée à l'issue d'une recherche dans Google Scholar me paraissent pleines d'avenir et à mettre en euvre prioritairement. Voir apparaître un lien vers l'exemplaire d'un document de sa bibliothèque à l'issue d'une recherche dans un outil de référence comme Worldcat, c'est déjà possible (via le SUDOC) et c'est très efficace. Quand ce sera systématique pour les bases de données les plus importantes, mais aussi pour des recherches chez la FNAC, Amazon, ou même dans Google tout court, ce sera encore plus efficace. Imaginez : vous envisagez éventuellement d'acheter un livre et, à l'issue de votre recherche, un message vous signale qu'il est disponible au prêt près de chez vous. Super !
    Le problème avec ces outils plein d'avenir c'est qu'ils nécessitent encore souvent une inscription ou l'ajout d'un module complémentaire au navigateur, ce qui réduit énormément le public potentiellement touché, mais, les sites étant capables de repérer le lieu de connexion via l'IP, ces services pourraient très bien proposer de la documentation "près de chez vous", sans aucune manipulation technique (ça fonctionne déjà comme ça pour la pub contextuelle en ligne).

    En plus de tout ça, on peut se pencher et s'interroger sur la présence de la bibliothèque dans les médias sociaux (sur ces questions, parmi de nombreuses autres sources, Bibliobsession 2.0 et Des bibliothèques 2.0 sont des adresses incontournables pour se tenir au courant de l'actualité et surtout avoir des comptes-rendus d'expérience et des évaluations de mises en pratique de l'utilisation de certains outils).
    Ça doit faire au moins deux ans que je me dis que, puisque visiblement MSN est le site social le plus utilisé par les étudiants, c'est sur celui-là qu'il faudrait miser pour une première expérience (même si, avec le temps qui passe, Facebook et Twitter montent peut-être en puissance).
    J'ai même créé un compte pour Robert sur MSN et préparé le gadget qui permettrait d'afficher son statut sur Le Quotidien, dans le but éventuellement de proposer un service de renseignement en ligne instantané comme cela se pratique dans de nombreuses bibliothèques américaines.
    L'expérience s'est arrêtée là pour l'instant parce que, un simple test avec une collègue m'a permis de me rendre compte qu'on ne pouvait pas tenir une permanence de renseignement en ligne instantanée en même temps qu'une permanence sur place (et nous n'aurions pas les moyens d'ouvrir un nouveau poste de renseignement toute la journée), mais surtout, le constat que nos deux bureaux de renseignement à la bibliothèque et notre service de renseignement en ligne Question ? Réponse ! sont relativement sous-utilisés me fait penser qu'il faudrait prioritairement nous concentrer sur une promotion spécifique de ces services avant de lancer d'autres pistes.
    Et puis, c'est vrai, je ne suis pas convaincu que nous devons être présents absolument partout sur la toile, ni même que nos usagers souhaitent que nous le soyons. Ce qui est essentiel, il me semble, c'est que, s'ils nous cherchent, nos usagers nous trouvent aussi facilement que Titi repère un Grosminet depuis l'intérieur de sa cage.

    mardi 3 mars 2009

    The rock & roll public library !


    La bibliothèque publique rock & roll ! Voilà un titre qui ne pouvait que m'attirer l'oeil. Malheureusement, il s'agit simplement du titre d'une exposition qui va se tenir au Chelsea Space à Londres du 18 mars au 18 avril, dans laquelle Mick Jones, l'ex-guitariste de The Clash, présentera la collection hétéroclite qu'il a amassée depuis plus de trente ans : instruments, affiches, disques, livres, souvenirs, matériel promotionnel, photos,... Apparemment, Mick est conservateur et sa collection, installée dans le local où il a installé son studio d'enregistrement, n'avait jamais été présentée au public. Si l'on en croit les photos qui illustrent l'annonce du projet, et la pochette de l'édition anglaise de l'album de Carbon/Silicon, son dernier groupe en date, elle n'est n'a pas été non plus stockée ou classée de manière conventionnelle !

    J'ai écrit "malheureusement" plus haut parce que, à la lecture de ce titre, j'ai cru un instant qu'il était question d'un projet de bibliothèque de rêve, qui inclurait un fonds patrimonial de phonogrammes et d'autres archives sonores, des archives des labels et d'autres sociétés du show-business, mais aussi une discothèque de prêt, une bibliothèque musicale spécialisée la plus large possible (magazines, fanzines, livres), et encore des auditoriums, une salle de conférence, des espaces d'exposition, des studios d'enregistrement. Le rêve, quoi.
    En réfléchissant, je me dis qu'à Paris, qui n'est pourtant pas la ville la plus rock'n'roll du monde, on a presque tous les ingrédients pour créer cette bibliothèque, sauf qu'ils sont éparpillés dans différents lieux sous la responsabilité d'institutions variées : le dépôt légal du disque et les collections de la Bibliothèque nationale de France (attention, pas au département de la Musique, sacrilège, pour les disques il faut s'adresser à l'audiovisuel alors que la British Library n'a pas peur du gros mot pop music), la Médiathèque musicale de Paris, la Médiathèque de la Cité de la Musique, voire même le Hall de la Chanson.
    Mais qui sait, un tel projet commencera peut-être à émerger à temps pour le 50e anniversaire de la sortie des premiers disques des Beatles ou des Rolling Stones. Il reste un peu de marge...

    lundi 9 février 2009

    Le prêt de bibliothécaires, quand est-ce qu'on s'y met ?


    La première fois que j'ai parlé à mes collègues de proposer au public d'emprunter un bibliothécaire, que ce soit à l'ENSSIB, à Nancy ou à Reims, ils ont d'abord cru que je galégeais. Il y avait certes sûrement un peu de provocation dans mon propos, mais sur le fond je pense que c'est un service qu'il faut sérieusement envisager de mettre en place. D'ailleurs, ça doit commencer à rentrer dans les esprits puisque Jean-Charles en a mentionné le besoin en plaisantant dans un entretien à la presse.
    Reste que je pense vraiment que c'est une piste à creuser.
    Si l'on considère comme moi que le rôle d'une bibliothèque publique est au sens large de fournir un accès à l'information, en constituant des collections, en les mettant à la disposition du public et en fournissant un ensemble de services pour rendre possible et faciliter cet accès. Si l'on considère également que les bibliothécaires sont des professionnels de l'information, parfaitement à même de la traquer, de la traiter, de l'évaluer, de la mettre en forme et de la diffuser, alors on est en droit de regretter que trop souvent les bibliothécaires mettent en avant uniquement leurs collections, confinent leur propre rôle à la gestion de ces collections et oublient trop souvent que leurs compétences professionnelles pourraient directement être utiles à leur public dans sa recherche d'information. En résumé, un bon conseil est parfois bien plus efficace qu'un bon livre...!
    Bien sûr, je force le trait. Il y a au moins deux activités dans lesquelles les compétences informationnelles des bibliothécaires sont utilisées directement au profit du public : les services de référence et la formation des usagers, même si, dans les deux cas, l'impact de ces services peut être limité par une restriction aux collections de la bibliothèque ou à l'explication d'une démarche.
    Il me semble bien que l'intérêt de la mise en place d'un prêt de bibliothécaire serait double :
    on mettrait en avant les compétences des bibliothécaires à la disposition des usagers tout en renversant la communication auprès du public en mettant en avant la fourniture d'un service d'information. Le prêt de document, les usagers savent ce que c'est et ils associent très fortement cette activité aux bibliothèques. Le prêt de bibliothécaire, c'est une offre qui risquerait de leur parler beaucoup plus qu'un service de renseignement ou une offre de formation.
    Mais comment ça pourrait se passer un prêt de bibliothécaire et à quoi ça pourrait bien servir ?
    On l'a compris, un prêt de bibliothécaire, ce serait la mise à la disposition d'un usager, pendant un temps donné, d'un bibliothécaire avec tout son bagage de connaissances pures, de techniques de recherche et de gestion de l'information, de connaissance des nouvelles technologies.
    Un prêt de bibliothécaire ce serait, dans un cadre fixé par une charte, une liberté donnée à l'usager pour fixer le programme d'un entretien documentaire : faire une recherche, trier des informations, les mettre en forme, savoir utiliser un logiciel, faire le point des connaissances sur un sujet, créer un blog, s'inscrire à un service d'information, faire des démarches en ligne...
    Même si, évidemment, un très grand nombre de bibliothèques françaises propose des entretiens de référence sur rendez-vous ou des séances de formations individuelles, je n'ai pas trouvé par une recherche empirique de service dont la communication tournerait autour de l'idée "d'emprunter un bibliothécaire".
    Ce type de service existe pourtant de par le monde, notamment en Finlande, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, avec deux types d'option :
    • le prêt sur place pour le public au sens large de la bibliothèque
    • le prêt à domicile (au bureau ou dans le laboratoire) réservé au personnel des universités pour les BU
    Quelle que soit l'option choisie, on a bien compris qu'il s'agit avant tout d'une démarche de service et d'une communication efficace, qui a toutes les chances de toucher son public. Alors, on se lance quand ?

    Quelques liens à ce sujet :
    A propos du service de la bibliothèque publique de San Francisco, chez Le bibliothécaire errant et dans le Marlene's corner.
    En Finlande, les offres des bibliothèques de Bibban, Vantaa, et Espoo pour tous les usagers.
    Au Royaume-Uni, les offres des bibliothèques de l'Institute of Education de Londres et de l'Université de Worcester, réservées au personnel.

    PS : Avec l'illustration ci-dessus, j'ai forcé le côté provoc en grossissant le trait du parallèle entre le bibliothécaire et le document. Quand on sait la difficulté de beaucoup de nos collègues à accepter d'être identifié par le public, on imagine que, même les accros du catalogage ne sont pas prêts d'accepter de créer une notice à leur nom ! N'empêche, l'affichage des compétences des bibliothécaires à la disposition du public est un sujet connexe que j'ai prévu d'aborder ici de longue date...

    vendredi 23 janvier 2009

    Ma bibliothèque s'appelle Robert !


    On connait les blogs de bibliothécaires, dont celui que vous êtes en train de lire est un exemple parmi d'autres.
    On connait les blogs de bibliothèques qui s'adressent à leur public, rassemblés notamment sur Touti Frouti.
    Mais à ma connaissance, je crois que c'est la première fois qu'une bibliothèque en tant que telle se lance dans l'écriture d'un blog destiné à son public. Cette bibliothèque, c'est celle de la section Droit-Lettres-Sciences économiques et sociales de l'Université de Reims Champagne-Ardenne, celle qui m'emploie.
    Il est probable que, du fait qu'elle a été baptisée du nom d'une personne, Robert de Sorbon, la bibliothèque s'est crue autorisée à pousser l'anthropomorphisme jusqu'à prendre la parole. En tout cas, elle ne manque pas d'ambition puisqu'elle vient de lancer Le Quotidien de Robert, dans lequel elle compte publier un billet par jour pour parler de son propre quotidien.
    Il faut dire que, entre son fonctionnement, ses services, ses collections et les animations qu'elle propose elle ne manque pas de matière pour alimenter son blog.
    Le Quotidien de Robert est diffusé sur internet, bien sûr, mais, là où d'autres ont un réseau d'écrans de télévision, la bibliothèque rémoise dispose elle d'un média très efficace, presque une chaîne de télévision locale privée très regardée : la page d'accueil des navigateurs internet des 150 postes informatiques publics qu'elle propose à son public, sur lesquels des centaines de lecteurs se connectent chaque jour.

    lundi 12 janvier 2009

    Faut-il en rire, ou en pleurer ?


    Signalée par Veille BM, la mise en ligne par la BNF de deux didacticiels en flash sur l'utilisation de son catalogue général BN-Opale Plus sur un site dédié, http://didacat.bnf.fr.

    Faut-il s'en réjouir ?
    La BNF utilise des techniques "modernes" pour expliquer de façon compréhensible par le plus grand nombre comment utiliser son catalogue...

    Faut-il en pleurer ?
    Six minutes pour expliquer comment faire une recherche "simple" par auteur ou par titre dans BN-Opale Plus...

    Pour ma part, tant que la BNF ne proposera pas sur son catalogue une véritable recherche simple permettant d'aborder le catalogue par une requête portant sur un ensemble de champs significatifs (auteur, titre, sujet, éditeur, résumé,...), je crois que je continuerai à avoir les larmes aux yeux... ou à rire jaune !

    jeudi 6 novembre 2008

    La bibliothèque au coeur des services publics


    A lire chez Bakelith, à propos de la campagne d'affichage de la Bibliothèque Francophone de Limoges.

    mardi 19 août 2008

    Le Bureau de Renseignement, de l'accueil à la formation


    Je ne serai pas là pour participer à la mise en oeuvre du projet, mais avant de fermer la bibliothèque pour les vacances nous avons bouclé tous les préparatifs pour réorganiser l'accueil documentaire à la rentrée.
    De quoi s'agit-il ? De longue date, l'ensemble des personnels de bibliothèque de catégorie A et B se relaie pour assurer cet accueil documentaire. Dans les années 90, cela se passait en salle de bibliographie et, lorsque les premières consultations (payantes) à distance de bases de données ont été possibles, ce sont les bibliothécaires qui traduisaient les requêtes en mots-clés et sortaient les résultats pour les lecteurs.
    Depuis quelques années, l'accueil documentaire se faisait à la banque d'accueil du rez-de-chaussée. En 2007-2008, sept à dix personnes assuraient cet accueil, de 11h à 19h du lundi au vendredi et de 9h à 12h le samedi. Que faisait-on pendant cet accueil ? On répondait à toute demande concernant les collections de la bibliothèque, les services, la recherche documentaire, l'accès à la documentation électronique ; on communiquait les articles et thèses commandés en PEB et on assurait l'accueil téléphonique.
    Nous avons décidé de modifier l'organisation de cet accueil documentaire du fait principalement de l'évolution des pratiques de nos usagers. Visites en baisse, demandes de communication de documents en magasin en forte baisse : avoir deux personnes de permanence à la banque d'accueil (un magasinier et la personne de permanence pour l'accueil documentaire) se justifiait de moins en moins, d'autant plus que, alors que globalement les tâches traditionnelles de magasinage sont en forte baisse, la personne en charge de l'accueil documentaire contribuait à accentuer cette baisse d'activité en prenant part à l'ensemble des tâches d'accueil, y compris celles assurées normalement par les magasiniers (prêt/retour de documents, prêt d'ordinateurs ou de salles,...).
    Par ailleurs, la configuration de l'accueil ne permettait pas facilement d'aller au-delà d'un simple renseignement ponctuel : quand on expliquait à un lecteur comment configurer l'accès à distance, quand on lui présentait notre catalogue, le SUDOC ou qu'on donnait quelques astuces pour utiliser les principales bases de données, notre interlocuteur était dans le bruit et le passage, plié en deux par-dessus la banque d'accueil, sans possibilité pratique de prendre des notes.
    Le schéma qui a été retenu consiste à dissocier physiquement l'accueil documentaire de l'accueil général en créant un "Bureau de renseignement" dans le hall du rez-de-chaussée, à quelques mètres de l'accueil général et à proximité des salles de lecture.
    Que fera-ton dans ce bureau ? La même chose que précédemment pour l'accueil documentaire, mais le public pourra s'assoir côte à côte avec le bibliothécaire face à un ordinateur, ce qui permettra, si le lecteur le souhaite et si le temps le permet, de prolonger l'entretien documentaire en cas de besoin. L'un des buts principaux de la manoeuvre étant de pallier la méconnaissance que notre public a des outils et des services que nous mettons à sa disposition, méconnaissance due notamment au fait que nous ne dispensons quasiment aucune formation à la recherche documentaire dans le cursus principal de médecine, en profitant des rares moments où nous sommes en contact direct avec le lecteur pour lui donner en quelques minutes une sorte de formation-action qui pourra éventuellement être prolongée, pour les étudiants de 3e cycle notamment, par une prise de rendez-vous pour une formation individuelle.
    Une autre nouveauté : le renseignement en ligne entre dans le droit commun : ce n'est plus une équipe spécifique qui l'aura en charge mais l'équipe du bureau de renseignement, qui répondra pendant ses périodes de permanence aux questions en suspens une fois l'accueil physique et l'accueil téléphonique assurés.
    Ce changement implique certains risques que nous avons clairement identifiés, le principal étant de perdre des occasions de renseigner certaines personnes du fait de ne plus être présent à l'accueil général. Nous avons essayé d'anticiper ce risque en travaillant avec l'équipe de magasiniers sur les questions qui nécessitent de faire appel au bureau de renseignement et sur la façon d'inviter le public à l'utiliser. Par ailleurs, il a été décrété que le bureau de renseignement serait ouvert (une porte sur le hall, une autre sur une salle de lecture) et surtout que le bibliothécaire de permanence serait mobile : il pourra intervenir dans les salles, sur les différents ordinateurs et à l'accueil général également. La signalétique et l'information du public (via les écrans, avec la "plaque" ci-dessus et des tracts, dont celui ci-dessous, qui est d'ores et déjà intégré par la Faculté de Médecine au dossier de tous les étudiants qui s'inscrivent en thèse) joueront également un grand rôle pour le bon fonctionnement de cette organisation.
    L'autre aspect que nous avons pris en compte, c'est celui de la formation du personnel chargé d'assurer les permanences du bureau de renseignement, afin d'assurer une qualité de service minimale à tout moment de la semaine. Des sessions de formation sur les outils de l'accueil sont déjà organisées tous les six mois depuis quelques temps. Celle de juin a porté exclusivement sur le fonctionnement du bureau de renseignement. Par ailleurs, les collègues pourront bénéficier en interne de formation individuelle pour assurer cette tâche et seront encouragés s'ils le souhaitent à suivre des sessions de formation continue en externe.
    L'accent est mis également sur l'importance de l'information professionnelle et de l'auto-formation : le fonds professionnel sera désormais stocké dans le bureau de renseignement et les collègues sont invités à utiliser les moments de creux de leurs périodes de permanence pour se tenir au courant de l'actualité professionnelle et de l'évolution des outils documentaires grâce aux outils de veille qui leur ont été présentés et qui seront disponibles sur le poste professionnel du bureau de renseignement.
    Un bilan d'étape du dispositif est prévu en fin d'année civile, après un trimestre de fonctionnement à plein régime.

    mercredi 30 avril 2008

    Une offre de lecture publique complètement illisible


    La navigation sur le site internet de la ville de Nancy a été modifiée depuis la dernière fois que je l'ai visité il y a quelques mois.
    Dorénavant, lorsque l'on clique en page d'accueil sur l'onglet "Culturelle", on n'arrive plus sur une page intermédiaire présentant les principaux établissements culturels municipaux, mais directement sur la page de la Bibliothèque municipale :

    On pourrait se féliciter que l'offre de la ville en matière de lecture publique soit ainsi favorisée et fortement mise en valeur.
    Sauf que, sauf que, quand on commence à lire les informations figurant cette page, on en vient vite à se poser des questions : "un fonds encyclopédique et spécialisé"..., " Elle propose des ouvrages généraux, un fonds de documents sur la Lorraine, des manuscrits"..., "L'essentiel des ouvrages n'étant pas en libre accès (...) Ils seront disponibles à la banque de prêt dans un délai de 20 minutes."...
    Je ne sais pas à quoi peut penser un néo-nancéen qui souhaiterait se renseigner pour s'inscrire à la bibliothèque, mais moi, au bout de quelques temps, je me dis que ce que je suis en train de lire correspond à la présentation d'une bibliothèque patrimoniale d'étude, pas de la bibliothèque municipale généraliste que je m'attendais à trouver sous ce vocable.
    Et effectivement, si on promène ses yeux sur la page, on finit par repérer dans le menu de gauche un autre lien qui mène lui vers la page de la Médiathèque municipale ! :

    Là, tout de suite, on comprend qu'on a affaire à un autre type d'établissement : "Ouverte à tous, la médiathèque offre en libre accès, sur quatre étages, plus de 100 000 documents : revues, romans, documentaires, bandes dessinées, documents sonores, DVD, cédéroms pour les enfants et les adultes ainsi que des accès Internet."

    Nancy est loin d'être la seule ville de France où les fonctions de bibliothèque de lecture publique et de bibliothèque patrimoniale sont fortement différenciées et assurées dans des locaux différents, mais il me semble qu'il y a deux choses qui rendent particulièrement illisible et incompréhensible l'offre de lecture publique telle qu'elle est présentée sur le site de la ville :
    • L'utilisation pour dénommer les deux établissements de vocables ("bibliothèque municipale" et "médiathèque municipale") qui, en 2008, sont des quasi-synonymes, pour de nombreuses collectivités, pour une bonne partie des professionnels des bibliothèques et surtout pour le grand public.

    • La présentation des deux établissements d'une façon aussi ostensiblement étanche. C'est un peu comme si le Ministère de la Culture avait une Direction du Livre et une Direction de la Lecture ! (mais, c'est un autre sujet, le problème ne se pose pas à ce gouvernement qui compte se passer complètement de sa Direction du Livre et de la Lecture...)
    Le plus étonnant dans tout ça, c'est que cette présentation n'est en tout cas probablement pas due à une quelconque rivalité entre les deux établissements, ni à une bataille d'égos entre leurs responsables : la Bibliothèque Municipale et la Médiathèque Municipale de Nancy ont un seul et même directeur !!

    mercredi 27 février 2008

    Copinage


    Pour fêter les 30 ans de la new wave, mon bon copain et presque voisin Pol Dodu donnera une "conférence musicale" le vendredi 14 mars à 19 h à la médiathèque d'Epernay.
    Si vous voulez tout savoir sur l'année 1978 de la new wave, une période créativement faste qui a vu apparaître sur le devant de la scène dans l'immédiat après-punk des groupes comme Magazine, Devo, The Cure ou Pere Ubu, rendez-vous à Epernay ce soir-là. J'y serai.
    Plus d'infos ici.

    vendredi 8 février 2008

    My bibliothèque speaks santé !


    Nous venons de lancer un nouveau produit documentaire ponctuel intitulé My bibliothèque speaks santé !.
    L'idée était de faire un produit d'information pour les enseignants, chercheurs et étudiants afin de leur faire connaître notre offre en matière de livres en anglais, pour laquelle notre budget est en augmentation (près de 30 000 € en 2007), mais qui semble méconnue et sous-utilisée (notre catalogue actuel ne permet pas de feuilletage thématique et n'offre pas de critère de recherche sur la langue des documents !).
    L'idée d'une plaquette avec des résumés en français des livres en anglais que nous avions eue au départ n'était pas mauvaise, mais beaucoup trop consommatrice de temps, nous nous sommes donc rabattus sur ce My bibliothèque speaks santé !, un produit documentaire des plus classiques, soit la liste des plus de 300 livres en anglais édités en 2006 ou 2007 qui figurent dans nos collections.

    C'est de la diffusion du document que nous espérons quelques retombées : il est disponible sur le site du SCD, mais nous avons aussi sollicité les responsables des sites internet des facultés de médecine et de pharmacie pour qu'ils en fassent la promotion sur leur propre site (l'info est en ligne sur la première page du site de la fac de médecine).
    La parution est également annoncée dans la lettre d'information électronique commune aux trois universités nancéennes et le sera prochainement dans le bulletin imprimé de la faculté de médecine.
    Nous avons également transmis cette information au centre de documentation du CHU avec lequel nous avons des contacts.
    L'idée est évidemment de relancer les prêts de ces documents.
    Nous ferons un point dans quelques mois. Si, comme je l'anticipe, nous constatons peu d'effet, il faudra en tirer des conséquences, sur l'intérêt de ce produit documentaire d'abord, mais surtout sur notre politique d'acquisition : si ces livres en anglais destinés avant tout aux étudiants de 3e cycle et aux professionnels ne sont pas consultés, l'argent que nous leur consacrons pourrait utilement être redéployé, par exemple pour l'achat de documentation pour les nombreux étudiants de 1er et 2e cycle, qui eux continuent à fréquenter et à utiliser la bibliothèque.

    lundi 14 janvier 2008

    Pas lu : Les bibliothèques après le tournant internet


    Non, je n'ai pas lu cette étude du CREDOC dont l'alléchant titre complet est Les bibliothèques municipales en France après le tournant Internet et dont le sommaire semble également intéressant.
    Il s'agit des résultats d'une étude qui porte sur l'année 2005 et qui m'aurait d'autant plus intéressé qu'une récente enquête américaine semble indiquer que la majorité des 18-30 ans fréquente les bibliothèques pour y profiter de l'accès à internet.
    Oui, mais voilà, ce livre rend compte d'une enquête commandée par une administration, la direction du livre et de la lecture du ministère de la culture, à un organisme financé au moins en partie par des fonds publics, le CREDOC. Hors, quand il s'est agi de diffuser les résultats de cette enquête, les commanditaires n'ont pas opté pour la bibliothèque des rapports publics de La Documentation Française, ils n'ont pas choisi non plus de la diffuser sur le site du CREDOC ou sur celui du Département des études, prospective et statistiques du ministère de la culture. Non, il a été fait appel aux Editions de la bibliothèque publique d'information qui commercialisent ce livre au prix de 26 €.
    Alors, autant cette étude m'intéresse, autant je ne suis pas prêt à débourser pour la consulter le moindre euro, ni même le moindre centime. D'autant plus que ce type de document est éminemment périssable.
    En tant que professionnel, en tant qu'agent public et surtout en tant que citoyen, j'estime que, si le ministère de la culture est certes libre de commercialiser comme il l'entend une édition imprimée d'une étude de ce genre, il devrait parallèlement en diffuser gratuitement en ligne une version numérisée.
    C'est exactement l'option choisie par... le CREDOC (!) pour ses Cahiers de Recherche, notamment celui sur La place d'internet dans les sorties culturelles et de loisirs, qui est en vente à 22 € en version imprimée mais qui peut aussi être téléchargé gratuitement. On peut aussi consulter en ligne sur le site du DEPS l'étude récente d'Olivier Donnat intitulée Pratiques culturelles et usage d'internet.
    Quant à cette étude du CREDOC sur les bibliothèques municipales, je vais devoir patienter pour la lire car ce document est en commande dans notre SCD mais n'est pas encore disponible. C'est là une aberration supplémentaire, car je suis prêt à parier que l'immense majorité des acquéreurs de l'édition sur fonds publics de cette enquête réalisée sur fonds publics sont... des organismes publics !!!

    On peut lire sur le blog Desperate Librarian Housewife un compte-rendu d'une présentation de l'enquête fait par Sophie.
    L'ENSSIB annonce un séminaire de travail portant le titre de cette enquête pour le 14 février 2008.