Pages

vendredi 25 avril 2008

EXCLUSIF : Les premières hypothèses scientifiques pour expliquer l'épidémie de wi-fite dans les bibliothèques parisiennes


Vous le savez, la presse s'en est fait largement l'écho depuis quelques mois (et encore récemment ici), les bibliothèques parisiennes sont victimes depuis quelques mois d'une épidémie de wi-fite aiguë, se traduisant par des migraines insoutenables affectant spécifiquement des membres du personnel des bibliothèques touchées par l'épidémie.
Les premiers foyers d'infection sont apparus dans six bibliothèques du réseau de la Ville de Paris à l'automne dernier. Depuis, l'épidémie, dont les agents infectieux semblent particulièrement virulents, se diffuse à une vitesse croissante et elle a touché récemment l'un des bastions les mieux protégés de la culture française, la Bibliothèque Nationale de France. Les premiers symptômes apparaîtraient même désormais dans des bibliothèques universitaires de la Capitale, dont la prestigieuse Bibliothèque Sainte-Geneviève.
L'heure est grave. Il s'agit désormais de contenir l'épidémie aux foyers déjà déclarés, dans l'attente d'une thérapeutique encore à trouver, et d'éviter à tout prix une contamination de la lointaine province, voire une épidémie à l'échelle européenne et mondiale.
En complément des rapports et évaluations confiés officiellement à l'Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS) et à l'Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET), nous sommes en mesure de vous révéler en exclusivité les premières conclusions de l'étude épidémiologique menée en secret à Paris depuis le début de l'année 2008 par une équipe scientifique française dirigée par le Professeur Marc Uhni et le neveu du Docteur Rameau.
Tout d'abord, les scientifiques ont été amenés à écarter d'emblée une nocivité des ondes wi-fi elles-mêmes. Certes, il est important que les différentes études sanitaires actuellement menées, notamment par les organismes précités, sur l'éventuelle nocivité des rayonnements émis par l'accès aux réseaux sans fil mais, si cette nocivité était en cause dans l'épidémie de wi-fite, elle aurait été observée également en-dehors des bibliothèques, sur des sujets exposés pendant de longues périodes à des bornes wi-fi, que ce soit en entreprise ou dans des zones d'habitation de moyenne ou forte densité. Or, tous les réseaux d'alerte épidémiologique confirment que l'épidémie de wi-fite ne touche exclusivement que les personnels des bibliothèques parisiennes. La cause de l'épidémie est donc à trouver au sein de ces établissements.
Dans un rapport d'étape que nous avons pu nous procurer, les professeurs Unhni et Rameau émettent l'hypothèse que la wi-fite serait en fait un effet secondaire ayant un effet masquant d'un mal plus profond, un syndrome complexe et non encore défini touchant à divers aspects systémiques des bibliothèques impliquant les fonctions managériales et les humeurs sociales.
Une fois ce constat posé, les chercheurs ont poursuivi leur étude pour essayer de comprendre pourquoi l'effet secondaire allergique lié à ce syndrome porte spécifiquement sur le service de fourniture de connexion internet en wi-fi en libre-accès dans les bibliothèques.
Sans préjuger des derniers entretiens actuellement menés dans le cadre d'une étude épidémiologique randomisée en double cohorte, il apparaitrait que, très logiquement, la maladie s'est portée sur un point particulièrement sensible, un service qui permet à un public, souvent différent du public traditionnel des bibliothèques, d'utiliser un service technologique innovant, librement, sans la médiation des professionels des bibliothèques. Qui plus est, ce service permet d'accéder à une quantité d'information astronomique, dont la presque intégralité n'a ni été sélectionnée ni validée par aucun bibliothécaire. Sans parler des fonctions de communication et de pur divertissement que rend possible l'utilisation de la micro-informatique et des technologies de communication...
L'importance des conclusions de cette étude pourrait décider l'Association des Bibliothécaires Français puis l'IFLA à bousculer le programme de leurs congrès annuels prévus respectivement en juin à Reims et en août à Québec pour que messieurs Uhni et Rameau y présentent les résultats définitifs de leurs travaux.

13 commentaires:

nicomo a dit…

CQFD, Herr Dr Brochard, M.D., Ph.D.

assessmentlibrarian a dit…

C'est tout simplement effrayant. Je pensais naïvement que les bornes wifi cachaient des caméras permettant de contrôler si les usagers avaient une pratique légitime de la bibliothèque. Je m'en vais de ce pas réclamer à mon directeur un moratoire sur l'usage des ondes dans la BU (wifi, téléphones portables, micro-ondes de notre cuisine).

detoutsurrien a dit…

Ouf....
Si l'épidémie est contenue à la région parisienne, je vais pouvoir enlever mon casque Aluminium/Fonte qui me protégeait des miasmes wifiques.
Merci la Science !

Le nombril de Belle Beille a dit…

Un bibliothécaire dans une université du Nord-est, c'est un pair bien-pensant ou pas ? Je croyais que ce genre de discours leur était réservé ! Faudrait voir à ne pas leur piquer tous leurs sujets d'ironie méprisante quand même...

Pour répondre à assessmentlibrarian, je propose qu'on débranche les bornes mais que l'on dise que le service est toujours proposé. - Ben ça marche pas, ça doit venir de votre ordinateur...hi!hi!hi!

AM a dit…

Ouf effectivement, on a failli réfléchir!
C'est quand même plus sympa de papoter de tout sur rien en se grattant le nombril de la belle-beille! Couper le Wi-Fi, vous savez combien ça fait perdre de points dans Libqual+++?

Merci Herr Dr, on a eu si peur!

le nombril de belle beille a dit…

Pardon au Dr Brochard de squatter son site pour répondre à am mais je ne sais pas où le faire... Je ne suis pas le fameux Docteur Pengloss dont il m'attribue la paternité des propos tenus sur le site du Taiseux bavard. Je se suis pas non plus l'auteur de biblio2007, ni du discours de Dakar, ni des chansons de Carla... je ne suis pas celui qu'il croit...
Autrement pour Libqual++++, euh, on vient de recevoir le rapport... on va peut-être éviter de rajouter de la zone rouge !

AM a dit…

Au nombril : rassurez-vous, je ne pense pas que vous êtes celui que vous pensez que je pense que vous êtes...

Et au passage, je ne suis pas non plus le am qui a posté sur votre blog (mais je suis bien celui qui a posté sur celui du taiseux), comme quoi...

Pour les résultats de Libqual++++, je vais guetter les news de l'assessmentlibrarian

JC Brochard a dit…

Sur l'éventuelle nocivité du wi-fi, à signaler un message de Michael Bush sur la liste Biblio-Fr qui propose une revue de la littérature scientifique (la vraie, rien à voir avec ce billet) disponible sur ce sujet.

AM a dit…

La revue de Michael est tout à fait incomplète (forcément) mais la démarche d'étayer son opinion par des références est tout à fait louable.

Yvonnic a dit…

La notion de principe de précaution est apparue pour la première fois à la fin des années soixante en Allemagne. Les pouvoirs publics ont ainsi adopté le Vorsorgeprinzip, qui les autorisait à prendre toutes « mesures nécessaires et raisonnables » pour faire face à des risques éventuels, même sans disposer des connaissances scientifiques nécessaires pour en établir l’existence.

Le principe de précaution, dans la formulation de sa définition, se prête à interprétation et soulève un certain nombre de questions :
sur l’acceptabilité du risque : le choix ne se résume pas entre l’action risquée ou l’inaction précautionneuse, mais entre deux risques : celui lié à l’action, mais aussi celui lié à l’inaction (pénaliser l’innovation, créer des distorsions de concurrence, etc.) ;
sur l’évaluation du risque : le domaine du principe de précaution est marqué par l’incertitude scientifique. Il faut donc définir des critères d’évaluation du risque de dommage ;
sur les personnes ou institutions concernées : le principe de précaution doit-il s’appliquer à toutes les catégories d’acteurs, pouvoirs publics, opérateurs économiques ou personnes privées ?
sur le champ d’application de ce principe : ce principe défini pour l’environnement doit-il être étendu par exemple en matière de santé ?
sur la durée des mesures envisagées : les mesures prises peuvent être provisoires ou définitives.
Dans le premier cas, le principe de précaution pourrait s’accompagner d’un devoir de recherche pour améliorer les connaissances et permettre de réexaminer les mesures prises. Dans le second, il justifierait une interdiction définitive d’un projet.

Mais dans le langage ordinaire, le principe de précaution a un autre sens, c'est un devoir d'abstention : celui de ne pas agir si l'action risque de causer un dommage grave et irréversible à l'environnement.

Comment légitimer à la fois les "avancées" constituées par les techniques, porteuses de risques, et celles représentées par le principe de précaution ?

On voit dans les blogs apparaître le plus souvent une aversion pour le risque. Cette posture désigne en micro-économie le comportement normal du consommateur ou du producteur : il est légitime d'avoir une aversion pour le risque ; c'est-à-dire, entre deux stratégies qui présentent la même espérance de gain (qui rapportent en moyenne le même bénéfice), de choisir celle qui présente la moindre dispersion (la moins risquée). Ou encore, d'accepter une espérance de gain un peu moindre en échange d'une sécurité accrue. Les théoriciens des jeux insistent même sur le poids, dans la décision, du "pire cas de figure" : on choisit souvent la stratégie qui, dans le pire des cas, ne vous coûte pas trop - même si ce pire des cas est assez improbable, et même si cette stratégie conduit en moyenne à des gains faibles.

Dans le langage courant, seul peut prendre des risques celui qui a une solution de repli en cas d'échec.

Le "principe de précaution" serait, dans cette approche, le choix de la version la plus dure de l'"aversion pour le risque" (consistant à baser sa stratégie sur le pire cas de figure), choix légitimé par l'absence de solution de repli.

Le principe de précaution est probablement un des concepts les plus novateurs depuis que la notion de progès technologique, héritée de la Révolution industrielle a fait long feu.

Il est assez affligeant de constater que l'une des composantes des élites de la nation, clairement missionnée pour apporter une information éclairante dans le "débat citoyen", puisse faire si peu de cas de cette notion . Cela se passe sur des blogs privés, il est vrai, ce qui ne préjuge pas de leur action publique, je le reconnais. Mais le débat ne consiste-t-il à se renvoyer à la figure des articles de portée scientifique, au contenu mal maîtrisés par la profession (et pas seulement par la profession), ou davantage à rester dans le débat de fond , où nous sommes plus utiles et déontologiquement à notre place ? Quelle utilité de "faire scientifique" ? Citons des sources mais ne prenons pas fait et cause pour ou contre elles.

Amicalement

APURSETAP a dit…

Pas bien de se moquer des personnes électrosensibles...certains en ont fait de même lorsque les gens se plaignaient de symptômes lors des essais nucléaires, de l'exposition à l'amiante, suite à l'usage du tabac ou encore de l'alcool...on plaisantait sur le Sida...on ironisait sur la leucémie et les lignes à Haute Tension...on ne croyait pas que...et pourtant...

Alors, merci de ne pas prendre tout à la légère !

OED pour Apursetap

http://wifi.blog4ever.com/blog/lirarticle-18457-53198.html

JC Brochard a dit…

Il faut absolument faire des recherches sérieuses sur l'éventuelle nocivité des ondes wifi mais, comme ces ondes se balladent partout, s'il y a nocivité elle ne peut être circonscrite aux bibliothèques, de même que le nuage de Tchernobyl ne s'est jamais arrêté aux frontières françaises.
Donc, si le problème a pris une telle ampleur a pris une telle ampleur dans les bibliothèques, c'est pour une autre raison que l'éventuelle nocivité des ondes.
Voilà résumé en deux phrases le propos que je voulais faire passer dans ce billet !

APURSETAP a dit…

Texte avec corrections...

Cher monsieur,

Je reconnais bien volontiers que l'embrasement de cette histoire dans les bibliothèques peut cacher quelque chose que vous connaissez mieux que moi, puisque je ne travaille pas dans ce genre d'établissement. Effectivement au départ, un membre d'une association parisienne fréquentant une bibliothèque a donné de l'information à quelques personnes se plaignant de divers maux, et de ce fait les émissions d'ondes WIFI se sont retrouvées en première ligne, comme étant le déclencheur des symptômes décrits par les agents des bibliothèques.
Seulement au delà des "éventuelles querelles intestines" au sein de votre corporation qui pourraient vous faire penser que...il faut savoir que les ondes du Wifi créent de véritables problèmes de santé à un certain pourcentage de la population, hors bibliothèques. J'en suis l'exemple même. Artiste et écrivain, en dehors de tout système hiérarchique, loin des manipulations de syndicats, totalement indépendant, et sain de corps et d'esprit, je ne supporte pas le Wifi, ni les ondes électromagnétiques en général.

Voici ma réponse à votre demande d'études sérieuses.
Depuis 10 ans je ne cesse de répéter cette phrase à l'encontre des scientifiques : "Les études scientifiques, c’est bien, la logique par l’observation du passé, c’est mieux. Car, vous, scientifiques, êtes des gens qui comptez sur le temps qui passe pour prouver, alors que nous, nous nous servons du temps passé pour réfléchir !"

Et en fait, depuis une année, j'en ai tellement ras le bol de répondre sur des forums et autres blogs, qu'un livre mettra un terme à ce que je pense sur le sujet, (livre qui sera téléchargeable gratuitement) et qui sera ma réponse à toutes les questions, interrogations et affirmations à venir qui finalement sont toujours les mêmes. Comme le fait de dire qu'il faut faire des recherches sérieuses sur l'éventuelle nocivité...
Ceci n'est déjà plus d'actualité...Oui, les ondes électromagnétiques pulsées engendrent des problèmes chez certaines personnes, qu'elles viennent du Wifi, des DECT, des fours à micro-ondes, des portables.
C'est comme la pollution atmosphérique, mais qui est arrivée lentement contrairement à la technologie sans fil. Que ce soit avec une voiture, un camion, un cyclomoteur, une tondeuse à gazon, une tronçonneuse, si vous respirez en trop grande quantité et de trop près le monoxyde de carbonne vous crevez rapidement. Tout en sachant qu'un pourcentage de gens décède des suites de la pollution atmosphérique; les ondes, c'est le même principe. A la seule différence, que l'on ne peut plus y échapper du tout en allant chercher le repos à la campagne, car les antennes relais sont sur tout le territoire, wifi compris !

OED pour Apursetap

LinkWithin

Related Posts with Thumbnails