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samedi 17 mai 2008

La gabegie des catalogues de bibliothèque

Bibliothèque de Laon. Crédit photo : L'Union.
Il est toujours intéressant d'avoir un point de vue extérieur sur notre profession, même si la posture de Candide adoptée par les élus de l'opposition de la ville de Laon et par le journaliste de L'Union dans l'article Ce «cher» logiciel de bibliothèque est bien évidemment exagérée.
Un "progiciel professionnel" à plus de 100 000 € hors taxes ? Sans même y inclure le remplacement du matériel informatique ? Est-ce vraiment nécessaire ? Même moins de dix ans après une première informatisation ?
Je ne connais rien de la situation locale à Laon, mais il est intéressant de constater que le projet de réinformatisation exposé très brièvement dans cet article est assez représentatif des problèmes qui se posent à de petites collectivités, comme celui déjà évoqué ici il y a quelques mois à Epernay : Le système existant (Book +) a cessé d'être développé trop peu de temps après son installation ? Tiens, j'ai vécu ça ! Le nouveau logiciel a déjà fait ses preuves dans bon nombre de communes en France ? Sûrement, est-ce pour autant qu'il rendra un maximum de services aux lecteurs (au-delà de l'accès au catalogue en ligne ou de la réservation de documents non disponibles depuis son domicile) ? Sera-t-il au moins compatible avec Windows Vista ?
Au-delà du cas de Laon, ce que ne mentionne pas cet article, pour la bonne raison que je pense qu'il faut travailler un peu de temps en bibliothèque pour vraiment s'en rendre compte, c'est que le coût d'un catalogue de bibliothèque ne se réduit pas, loin de là, au coût d'achat et de maintenance du progiciel et du matériel informatique. Ce qui coûte, et qui constitue une dépense quotidienne très rarement quantifiée, c'est le temps que passe (j'allais écrire "perd") chaque jour le personnel de la bibliothèque à constituer ce catalogue.
Bâtir un catalogue dans une bibliothèque, cela revient un peu à construire à l'échelle une tour Eiffel en allumettes, avec les ascenseurs qui fonctionnent s'il vous plait ! Un travail de précision et d'équilibriste, chaque document étant une allumette.
Avant d'intégrer les bibliothèques, venant du monde de la documentation, je pensais naïvement que la dérivation de notices depuis un réservoir tel qu'Electre, le SUDOC ou la BNF constituait la panacée pour réduire au maximum le temps consacré à la constitution du catalogue. Je me suis vite rendu compte que je me trompais lourdement. La plupart du temps, et c'est grosso modo le cas actuellement à Nancy où je travaille, les bibliothèques récupèrent l'ISBD de la notice des documents qu'elles cataloguent, mais reconstruisent en local toutes les relations entre les documents, les fichiers d'autorité auteurs, sujets et collections notamment. En important les notices, les bibliothèques se font livrer une boîte d'allumettes, mais on se doute bien que pour arriver à fabriquer la tour Eiffel cela nécessite un investissement des plus conséquents, en main d'oeuvre principalement.
S'il n'y avait pas de solutions moins coûteuses envisageables, cet état de fait ne serait que déplorable. Mais comme il en existe, il en devient insupportable.
La solution passe bien évidemment par le catalogue collectif. Mais le véritable catalogue collectif, pas celui, le SUDOC dans notre cas, dont on se sert comme un simple réservoir de notices pour les faire retomber dans son catalogue local et construire son catalogue chacun dans son coin en retravaillant toutes les autorités.
Quand notre OPAC est en panne, ce qui est arrivé souvent à l'automne 2006 et au début de 2007, je me connecte au SUDOC en recherche avancée, et je filtre ma recherche sur notre centre de ressources. J'obtiens sans souci les réponses recherchés, cote comprise, pour ceux de nos documents qui figurent dans le SUDOC, et cela m'a bien souvent aidé pour répondre à une demande alors que notre catalogue était planté.
Certes, l'interface actuelle du SUDOC n'est pas des plus ergonomiques, et il n'y a pas de possibilité de limiter de façon transparente pour l'utilisateur la recherche à une bibliothèque donnée, mais le SUDOC est client pour son informatique de l'OCLC, et comme Nicolas Morin l'avait expliqué il y a un an, Worldcat propose désormais un service dénommé Worldcat Local, qui permet justement d'implémenter une interface spécifique à un établissement. Et bientôt, comme l'indique mon collègue Jean-Charles Houpier, les notices du SUDOC devraient être versées dans le Worldcat global, qui est d'ores et déjà très convivial, s'affiche en français quand vous vous connectez de France et propose avec chaque résultat de recherche la liste des bibliothèques les plus proches où trouver les documents.
Aucun besoin donc que chaque bibliothèque construise chacune dans son coin son ensemble documentaire instable. Nos SIGB ont d'autres fonctions très utiles, le module de circulation et le module d'acquisitions par exemple, mais, outre qu'un produit comme Worldcat Local est interopérable avec la majeure partie des SIGB, ces modules sont ceux qui sont informatiquement les plus simples à mettre en oeuvre et à faire fonctionner. Après tout, un module de circulation est une application informatique qui gère un stock de documents (identifiés chacun par un code-barre) et permet de savoir où se trouve le document, sur une étagère de la bibliothèque (= un code-barre) ou chez un lecteur (= un code-barre), et les logiciels de gestion de stock, ce n'est pas ce qui manque.
Pour en revenir aux collectivités qui ont à faire face au coût exagéré de l'informatisation d'une bibliothèque, on ne va pas souhaiter de mal à nos collègues, mais si dans chaque région on commençait à voir des projets refusés pour des raisons budgétaires ou plus généralement politiques, peut-être que cela permettrait d'accélérer enfin le mouvement pour la création d'un véritable catalogue collectif national. On pourrait joyeusement écraser au pied nos tours en allumettes bancales et en construire une plus grande et plus fonctionnelle tous ensemble !

13 commentaires:

Claude Poissenot a dit…

Merci pour cette réflexion libre et tellement juste ! C'est tellement regrettable de ne pas avoir de catalogues (mais aussi d'acquisitions et de modalités de prêts) partagés au niveau d'une agglomération ou d'un Département ! Le service à l'usager implique que le bibliothécaire maitrise l'outil informatique plutôt qu'il n'en soit l'esclave...
Il reste à savoir comment avancer sur cette voie...

Bibliobsession a dit…

très juste, et un bon moyen de trouver un équilibre entre investissement raisonné et ouvert et personnalisation des fonctions pour une bibliothèque c'est l'Open Source...grâce à la libération des données...quant à la récupération des notices, Thierry Giappiconi en réfléchissant plus que les autres, l'a mis en place il y a plus de 10 ans; et bien avant le web 2.0 dommage qu'il n'ai pas plus été écouté dans les détails...(sur la question des autorités notamment)

Anonyme a dit…

Bon d'accord vous etes enerve mais etes vous vraiment sur de ce que vous avancez ? Cette phrase particulierement : "La plupart du temps, et c'est grosso modo le cas actuellement à Nancy où je travaille, les bibliothèques récupèrent l'ISBD de la notice des documents qu'elles cataloguent, mais reconstruisent en local toutes les relations entre les documents, les fichiers d'autorité auteurs, sujets et collections notamment." Si c'etait le cas, la constitution d'un catalogue local serait bien penible. Dans ma BU a Lyon, je me contente de recuperer les notices du Sudoc (biblio et autorites) et les liens entre les differentes notices se font de maniere automatique. Il me semble que la plupart des bibliotheques ont le meme type de fonctionnement. Bon d'accord, ce n'est peut etre qu'une generalisation abusive a partir d'un cas particulier.

Pierre

JC Brochard a dit…

Pierre,
"Colère" n'est pas un terme approprié pour décrire mon sentiment sur ce sujet, mais c'est vrai que j'ai là-dessus des opinions assez tranchées (Je me demande, pour une ville comme Laon, ce que ça représente 115 000 € par rapport à leur budget annuel d'acquisition...).
Sur le fait que c'est une hérésie, d'un point de vue financier et documentaire, que chaque bibliothèque investisse localement dans son propre catalogue, je maintiens, sans exagération volontaire, même si ça parait provocant pour pas mal de collègues.
Pour la récupération des notices du SUDOC, j'ai peut-être généralisé un peu vite à partir du cas de ma BU, qui est bien tel que je le décris, même si ça va sûrement changer bientôt. Quand même, de ma petite expérience et de mes discussions avec des collègues, je retiens que nombre de "catalogueurs" trouvent souvent une bonne raison de retravailler les autorités des notices récupérées, ce qui ôte une bonne partie du gain à retirer de la participation à un catalogue collectif...

Hervé a dit…

Bonjour,
Je ne suis pas bibliothécaire, mais aspire à le devenir (je passe le concours d'ATQ les 28 et 29 mai), aussi ma contribution réclame-t-elle une indulgence et tolérance proportionnelles à mon inévitable manque de professionnalisme...
Je suis le premier à me féliciter du téléchargement de notices ! La catalogage n'a jamais été ma matière favorite au DUT, et je suis conscient du temps que cela peut libérer pour des activités autrement plus passionnantes du métier de bibliothécaire, en particulier celles en lien avec le public. Mais pour ce qui est de l'indexation, j'aurais tendance à comprendre et partager la démarche des bibliothécaires de Nancy qui vise à "personnaliser" la notice téléchargée aux caractéristiques de leur catalogue. Pour l'indexation matière en particulier. Car les langages documentaires sont ils les mêmes d'une bibliothèque à l'autre ? Les spécificités des publics en particulier n'entrent-ils pas en compte dans la précision de l'indexation pour tel ou tel fonds plus développé dans une bibliothèque que dans une autre ? Si je reconnais l'intérêt que peut représenter un catalogue tel que Worldcat, l'idée du "décrochement local" (comme France 3 dans les régions, si je puis me permettre cette image un peu tirée par les cheveux je le reconnais...) n'est-elle pas garante du respect des spécificités des fonds, et surtout des publics de chaque bibliothèque ? Par ailleurs, j'ai le sentiment que ce travail d'indexation est le moment privilégié de prise de connaissance du document acquis, de l'appropriation par le bibliothécaire du contenu de sa collection, dont découle alors une médiation plus efficace (je connais ma collection donc je conseille mieux) avec l'usager ? Quel autre moment permet cette appropriation ?
En tant que professionnels en exercice, vous avez sans doute déjà répondu à ces questions. Ma projection dans mon futur métier s'y arrête, se bloque devant des points qui me paraissent fondamentaux et pour lesquels, c'est le moins que l'on puisse dire, les avis sont partagés...

JC Brochard a dit…

Hervé,
Vos remarques sont tout à fait pertinentes et correspondent à des arguments que j'ai déjà entendus lors de discussions avec des collègues.
Je me dépêche d'essayer d'y répondre, point par point, avant les épreuves du concours.
- La spécificité : ce qui est spécifique, par exemple dans mon cas à une bibliothèque universitaire de médecine, c'est le fonds qu'elle met à disposition de son public (et les services aussi, mais là on sort du catalogue). Je ne pense pas que, globalement, le public soit très différent d'une BU de médecine à une autre (juste une variante suivant les matières enseignées sur le campus desservi).
Théoriquement, le langage documentaire d'indexation n'est pas spécifique : c'est bien pour ça qu'on utilise un langage normalisé, Rameau ou MESH dans notre cas ! (dans les faits, ce qui varie d'une bibliothèque à une autre, voire d'un catalogueur à l'autre, c'est l'utilisation qui est faite de ce langage : degré de précision des termes choisis, restriction à un certain nombre de termes, voire même, version du langage d'indexation). Le catalogue collectif a l'avantage d'unifier tout cela.
- Pour ce qui est de l'importance de l'indexation, une double révolution a eu lieu, d'abord quand on est passé du catalogue papier au catalogue informatisé, puis quand on est passé du catalogue en accès local à l'information accessible en réseau (internet).
Avant, l'indexation matière était essentielle. Pour une recherche sur un sujet donné, le principal accès à l'information disponible se faisait via le catalogue matière de la bibliothèque. Aujourd'hui, non seulement l'utilisateur va très souvent d'abord faire une recherche très large au préalable pour identifier des documents existants (Google, Amazon, catalogues collectifs, bases de données) et ne va ensuite utiliser le catalogue de bibliothèque que pour vérifier s'il est disponible localement, mais en plus la plupart des recherches dans les catalogues peuvent se faire simultanément sur les mots sujet, mais aussi sur les mots du titre, le résumé, toute la notice, voire même sur des étiquettes (tags) apposés par des lecteurs.
- Sur l'indexation qui permet de bien connaître son fonds : Par rapport à la réalité de la pratique du métier, vous n'avez pas tort. C'est vrai que si on passe du temps à indexer un document, on le connait bien, et on est mieux à même de conseiller et renseigner le public. Mais l'arrivée d'un nouveau document va concerner, mettons au plus 3 personnes dans une grande bibliothèque (l'acquéreur, le catalogueur, le coordinateur du catalogue). Et, à moins de tout cataloguer et de travailler dans la bibliothèque depuis son ouverture, impossible de connaître tout le fonds pour un catalogueur donné !
Heureusement, il y a mille façons plus "intéressantes" de connaître son fonds que le catalogage. A commencer par se ballader dans les rayons de sa bibliothèque ! C'est un aspect des choses sur lequel nous travaillons depuis quelques temps à Nancy, car nous déplorons que certains collègues se désintéressent du fonds une fois les documents mis en rayon (pour les catalogueurs) ou ne s'y intéressent pas du tout (les autres). Les responsables de fonds sélectionnent des documents pour les présenter sur des étagères, ils en sélectionnent un chaque mois pour le blog des nouveautés, et nous tentons de mettre en place des séances de présentation de certaines collections par le collègue qui en est responsable à tous les collègues chargés d'accueillir le public.
S'intéresser a posteriori à l'utilisation qui est faite du fonds (statistiques, questions aux lecteurs qui empruntent ou consultent des documents) est également un bon moyen de connaître son fonds, et aussi d'améliorer ses acquisitions !

Voilà, je précise encore que je n'exprime là que mon opinion, probablement iconoclaste pour de nombreux collègues. Mais je persiste à penser que les bibliothèques peuvent désormais envisager de fonctionner sans un catalogue local coûteux. Mais ça fait bien sûr peur aux bibliothécaires,qui semblent parfois autant voire plus attachés à leur catalogue qu'à leurs collections ! Un comble...!

En tout cas, bon courage pour le concours...

Hervé a dit…

Merci pour cette réponse très complète.
Je comprends mieux votre propos de départ. Dans ma vision du métier de bibliothécaire en FPT, je voyais l'indexation comme un élément important de mon cœur de métier, faisant partie même de cette médiation. Je partais du principe que, dans une bibliothèque, des décisions collectives étaient prises sur le langage documentaire, pour tenir compte des spécificités, encore une fois, des fonds et les publics.
C'était oublier les usagers (et je m'en veux beaucoup !...) et les pratiques d'interrogation du catalogue. Effectivement, le champ sujet de la page "recherche avancée" de l'OPAC ne représente que peu d'intérêt dans la méthodologie de recherche que vous décrivez. Quant à la connaissance du fonds par le bibliothécaire, c'est une de mes préoccupations et j'espère que la bibliothèque qui m'emploiera (si...) aura la même vigilance que la vôtre sur les temps d'échanges et d'appropriation des collections, qui même (surtout en fait) dans une démarche orientée public me semble indispensable.

Dominique Lahary a dit…

La tour Eiffel reconstituée après récupération d'une boite d'allumette ! C'est hélas en lbibliothèque publique aussi une pratique encore très largement répandue.

On récupère mais on passe autant de temps sinon plus à polisser la decsrption ou maintenir localement les autorités.

L'indexation locale ? Non, même cela n'a plus guère d'intérêt.

J'ai un kit de "propagande anticatalogage" que je promène où on me le demande (et si je suis disponible), chacun peut s'en servir s'il veut :

http://mediat.upmf-grenoble.fr/textes_colloques/D.%20Lahary.finducatalogage%20.pdf

http://www.livre-franchecomte.com/bulletin/bulletin.html#catalogage

JC Brochard a dit…

Dominique,
Merci pour les liens vers ces documents.
Je ne les ai pas consultés pour rédiger mon billet, mais j'avais dû le faire au moment de leur diffusion et ils ont dû contribuer fortement à la formation de mon opinion sur le sujet !
Le diaporama, particulièrement, est mortel !
Pour le 2e document, il me semble que ce lien fonctionne mieux.

Chaps a dit…

Face à ces conclusions sans appel, il est intéressant de voir que l'opinion inverse a aussi ses partisans (=un bel avenir pour le catalogage).

Voir la présentation de Pierre Gavin, bibliothécaire suisse - expert reconnu des SIGB et format de données.
http://www.pierregavin.ch/exposes

La présentation parle des Opacs NG mais la fin parle du catalogage.

Alors certes, cela s'appelera meta-données, ce sera peut-être MODS ou DublinCore, mais sans doute MARC21 encore longtemps (ou Unimarc pour vous) mais cela reste de la catalo. Selon des règles nouvelles sans doute (si le débat sur RDA ne finit pas en bain de sang aux USA).

Je cite la présentation:
"Le catalogage a un bel avenir: « catalogage »
ou « saisie de métadonnées », la description des ressources est indispensable.
Il faut défendre la nécessité d’un catalogage de qualité, qui est un investissement à long terme.
Il faut enseigner le catalogage, pour assurer la relève."

J'ajouterai que Google Books a bien meilleur mine depuis quelques jours, est-ce dû à l'accord avec OCLC Worldcat ? Google aurait enfin accès à des données structurées qui leur permet de présenter une information plus cohérente...?

Ce qui est sûr c'est qu'il faut diminuer les actions répétées individuellement et localement, chacun dans son coin mais le monde de l'information a plus que jamais besoin de données structurées, fiables et précises (et échangeables).

Je suis plus sceptique sur l'avenir des mots-clés qui seront sans doute balayés par les analyses sémantiques automatiques (mots-clés attribués par algorythme, sur base d'un thésaurus ou pas et construction d'un résumé automatiquement) ou sur l'indexation full-text de TOC ou 4ième de couv (quand l'OCR aurait fait des progrès...).

Tous ces changements posent aussi la question de l'infrastructure et du personnel de bib. On dépense 30 à 50% de nos budgets acq en électronique mais nous n'avons pas 10% d'informaticiens dans nos rangs pour exploiter les données et améliorer les systèmes...

JC Brochard a dit…

Chaps,
Je suis bien d'accord pour dire que la fonction de catalogage au sens large a de l'avenir, et qu'évidemment les bibliothécaires ont une carte importante à jouer professionnellement dans ce domaine.
Mon propos visait bien, comme ceux de Dominique Lahary, le coût énorme induit par l'essaimage de catalogues locaux dans des milliers d'établissements...

Anonyme a dit…

Bonjour,

je suis débutant dans la profession, et je ne comprends pas bien les points suivants :

1) est-il possible de panacher automatiquement les notices bnf (sans résumé, apparemment), et les notices electre (avec un fragment type 4e plat pour allécher le chaland), pour avoir finalement des notices précises et conviviales. Le site de la bibli de Fresnes (que dirige M. Giappiconi) m'a semblé bien "sec".

2) pourquoi l'indexation locale est-elle à proscrire ? N'est-ce pas une façon de multiplier les points d'accès ? Sans compter que si on garde des résumés conviviaux non contrôlables, une recherche plein texte tous champs peut retourner n'importe quoi.

3) les articles de MM. Giappiconi et Lahary m'ont largement convaincu depuis longtemps. Mais concrètement, comment les choses se passent ? j'ai entendu dire qu'il était possible que les acquéreurs entrent leurs choix dans le SIGB-acquisition, et qu'il était possible que les notices marchandes (decitre, électre) soient chargées en attendant la disponibilité des notices bnf lesquelles peuvent être chargées automatiquement aussitôt disponibles.

Bref, je vous en prie : pour que la gabegie cesse, exposez aux bones volontés comment concrètement faire, pas à pas !


Merci à vous et bonne journée.

JC Brochard a dit…

Anonyme,
Je vais essayer de répondre à vos questions, mais je suis tout sauf un expert du catalogage, que je n'ai jamais pratiqué en bibliothèque (et que j'espère ne jamais avoir à pratiquer). Pour plus de précisions, le mieux serait d'en parler autour de vous là où vous travaillez ou avec des collègues qui travaillent dans d'autres bibliothèques.
1) Intégrer automatiquement un résumé Electre à une notice BNF, ce doit être possible, mais pas sans une programmation spécifique. Et je ne suis pas sûr que le contrat de fourniture de notices d'Electre permette d'intégrer ces résumés dans un catalogue public.
2) Si un document est bien indexé dans un catalogue national, retravailler cette indexation au niveau local n'apporte strictement rien et constitue une perte de temps. Sur des documents concernant strictement un fonds local, des précisions peuvent être utiles, mais sinon, sur ce point, regardez encore le diaporama de Dominique Lahary cité plus haut.
La recherche plein texte tous champs peut certes créer du bruit, mais certainement pas retourner n'importe quoi comme résultat, que les résumés soient dus aux éditeurs, aux bibliothécaires ou aux usagers.
3) Effectivement, c'est comme ça que ça se passe.L'acquéreur crée une "notice d'acquisition" dans le SIGB, qui peut être fournie par Electre ou Decitre par exemple, notice qui est "écrasée" par la suite, par une notice BNF ou une notice SUDOC.

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