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mercredi 25 novembre 2009

Un changement d'époque


En circulant dans les espaces publics de la bibliothèque, je me suis fait plusieurs fois la remarque depuis la dernière rentrée universitaire que le nombre d'ordinateurs portables utilisés par les étudiants à la bibliothèque était en forte progression.
Pour en avoir le coeur net, hier après-midi mardi 24 novembre, jour de fréquentation marquée mais pas exceptionnel (un peu plus de 3500 entrées), j'ai fait le tour de la bibliothèque à 15h.

Voici le résultat de ce comptage ponctuel :

  • 104 ordinateurs personnels de toutes tailles (y compris un nombre non négligeable de netbooks) étaient en utilisation dans les grandes salles, mais aussi dans les salles de travail en groupe et dans la salle d'actualité.


  • 61 des 110 ordinateurs légers de la bibliothèque (navigation sur internet, visionnage et impression des documents mais pas d'outils de bureautique) étaient en cours d'utilisation, soit un taux d'occupation de 55 %.


  • 39 des 42 ordinateurs de bureau de la bibliothèque effectivement disponibles pour le public (d'autres sont réservés en ce moment aux formations), proposant les outils standards de bureautique, étaient en cours d'utilisation, soit un taux d'occupation de 92 %.
On constate donc que les usagers "doublent" le parc informatique pourtant conséquent mis à leur disposition, sans que celui-ci soit pour autant négligé (Il était utilisé globalement à 65 %).
Cela en dit long sur l'évolution des pratiques numériques des étudiants, sachant que nous sommes sur un campus de droit, lettres, économie et sciences sociales et humaines.
Ces appareils sont moins facilement repérables, mais je suis sûr que l'usage des smartphones est également en train de se développer, y compris pour se connecter à internet.

Quelle leçon tirer de ces constatations (que je renouvellerai de temps en temps, mais un premier essai la semaine précédente avait donné un nombre équivalent, 109, d'ordinateurs personnels utilisés dans la bibliothèque) ? Peut-être tout simplement que la possibilité d'utiliser l'informatique communicante fait bien partie des services de base que doit fournir une bibliothèque. Cela comprend la mise à disposition de postes informatiques, mais aussi la possibilité de brancher ses propres appareils et de se connecter à Internet.

Concernant les branchements électriques, je pense qu'au moment de la rédaction du cahier des charges dans la première moitié des années 2000 et de l'ouverture de la bibliothèque en 2006, les collègues pensaient avoir vu très large en faisant installer 8 prises électriques pour le public sur la moitié des tables de 12 places de nos grandes salles. On va peut-être prochainement constater que ce n'était pas suffisant : les tables avec prises sont les premières occupées, et quand on voit des batteries de 5 à 7 portables branchés sur une même table on se dit qu'on risque d'atteindre rapidement un seuil de saturation.

Par contre, ce qui n'est pas saturé, presque à mon étonnement, c'est le réseau wi-fi de l'université. Le nombre de bornes installées dans la bibliothèque n'est pas exceptionnel (4 je crois), et bien entendu tous les usagers qui utilisent un ordinateur ne sont pas constamment en train d'utiliser Internet, mais quand même, il est bon de constater qu'aucun problème d'accès au réseau ne vient à nos oreilles, même quand celui-ci est très sollicité.

L'autocollant qui indique depuis peu les endroits où des prises électriques sont cachées sous les trappes des tables en salle.

dimanche 15 novembre 2009

L'indexation sujet dans les catalogues, fierté et honte des bibliothécaires


Nous sommes actuellement en pleine période de formation des premières années de licence : visite de la bibliothèque, présentation de l'offre documentaire et de services, utilisation du catalogue et de ressources en ligne.
Pour le catalogue, nous préconisons une méthode qui me parait tout à fait efficace et sensée et que je préconise depuis longtemps : dans la majorité des cas, se contenter pour commencer d'une recherche simple puis, lorsqu'on a trouvé un document correspondant visiblement à ce que l'on recherche, cliquer sur le mot sujet correspondant pour obtenir la liste de tous les documents dûment identifiés par la bibliothèque comme traitant précisément du même sujet.
Très bien, sauf que ça ne marche pas.
Depuis plus de trois ans, j'ai pu le constater, à chaque fois que j'ai fait des contrôles soit pour répondre à la demande d'un usager, soit dans le cadre de mes propres recherches : 9 fois sur 10 au moins, on constate des incohérences dans l'indexation sujet. Je ne parle pas ici de la part de subjectivité inhérente à la pratique de l'indexation, ni même de la difficulté de choisir le niveau de l'indexation, du général au particulier. Non, ce que je constate dans les catalogues que j'ai utilisés, à Nancy ou à Reims, ce sont de vraies incohérences : des éditions différentes d'un même document qui ont à peine un sujet en commun ou des façons différentes de décrire un même sujet.
Prenons un exemple. L'autre jour, je voulais vérifier si le livre Accueillir les publics de Marielle de Miribel que mes collègues m'avaient transmis avait été mis sur ma carte. Par distraction et par atavisme, j'ai tapé comme mots clés "accueillir orienter" dans notre catalogue, ce qui m'a bien sûr renvoyé à la notice du livre de référence de Bertrand Calenge, Accueillir, orienter, informer.
Plutôt que de faire une autre recherche, j'ai voulu faire mon test habituel : rebondir sur un mot-clé sujet pour retrouver l'autre livre. Peine perdue : les deux livres n'ont aucun descripteur sujet en commun, alors qu'il n'y a pas besoin de se creuser longtemps pour savoir que leurs thématiques sont très proches. Mais là, on trouve en sujets pour le Calenge "Bibliothèque et lecteurs" et "Bibliothèques - Utilisation" et pour le Miribel "Bibliothèques - Accueil et orientation des publics", "Bibliothèques - Services aux publics" et "Bibliothèques - Publics".
L'indexation des deux éditions du livre de Bertrand Calenge, en 1996 et 1999, se recoupe en partie, mais en partie seulement.
Alors à quoi est-ce dû ? Notre catalogue n'est pas plus mauvais qu'un autre, nous jouons à fond le jeu du SUDOC... En fait, je pense que tous les catalogues connaissent ce genre de problème, surtout au fil du temps, car le catalogue, emblème de la bibliothèque, est aussi un témoin de son histoire et, avec ses différentes strates, un témoin archéologique de la l'histoire de l'établissement.
Quoi qu'on fasse, un catalogue ne sera jamais parfait et une indexation sujet ne sera jamais parfaitement cohérente à l'échelle d'une collection de plusieurs centaines de milliers de documents catalogués sur des dizaines d'années (On connait tous pourtant des collègues qui ne s'en sont pas encore rendus compte et perdent leur temps et se rendent malades à essayer de "nettoyer" leur catalogue chéri. Je ne sais pas vous, mais moi j'appelle ça la cataloguite aigue).
Pour ma part, ce qui m'inquiète, c'est que notre catalogue tel qu'il fonctionne actuellement avec son rebond sur les mots clés sujet ne rend pas un bon service aux usagers. Pire, il les induit en erreur : on lui laisse croire qu'en choisissant de cliquer sur un sujet il va obtenir la liste de tous ceux qu'on lui propose sur ce sujet précis, ce qui est rarement le cas.
Que faire alors ? Abandonner tout bonnement l'indexation sujet ? Sûrement pas. Il me semble que les bibliothécaires sont en plein dans leur rôle en indiquant ou en validant les sujets traités par un document donné en fonction des usagers potentiels de la bibliothèque.
Non, ce qu'il faut, c'est modifier nos OPAC. Cette histoire de liens pré-établis entre des autorités normalisées, ça ne marche pas. Ce qui fonctionne, et ce qui existe déjà, même si c'est pour des outils encore novateurs peu répandus, c'est la possibilité d'un rebond sur un sujet - ou sur tout autre type de donnée descriptive - à partir de facettes qui ne sont pas pré-établies d'avance mais dont la liste est établie à partir des résultats mêmes de la requête, piochés dans la zone sujet, mais aussi dans les autres zones significatives comme le titre ou les notes. Ainsi, on peut affiner intuitivement une première requête en étant certain de ne pas rater de résultats répondant à la question posée. Mais en attendant notre réinformatisation, prévue à moyen terme, j'ai le temps de continuer à m'énerver en contrôlant les résultats de mes requêtes catalogue...

dimanche 1 novembre 2009

Projet de ville numérique : Elle est où la bibliothèque ?


En plus de faire le bilan de son action au bout d'un an, en mettant en avant l'image de la BU, la ville de Reims s'est lancée à l'échelle de l'agglomération dans un exercice de prospective destiné à élaborer un projet pour Reims 2020. Trois équipes d'urbanistes planchent sur ce projet, qui comprend une phase de concertation publique avec notamment l'organisation de rencontres-débats.
Quatre de ces rencontres-débats se sont tenues en juin-juillet à la médiathèque centrale de Reims et il est bien dommage que la prochaine, prévue le 13 novembre, ait lieu ailleurs.
En effet, le thème de ce prochain rendez-vous est La ville numérique : comment favoriser un accès démocratisé de chaque citoyen en apportant de nouveaux services ?.
Sur l'invitation, ce titre est complété par l'argumentaire suivant :
"Internet, wifi, haut débit : aujourd'hui ne pas accéder aux TIC est un véritable handicap social. Comment la métropole de demain peut-elle assurer à chaque citoyen un accès à ces outils du quotidien ? Comment faire avancer la démocratisation de l'accès à ce nouveau type de service urbain ? Comment lutter contre la "fracture numérique" ?".
Certes, en réponse à ces interrogations il faut aborder la question des infrastructures et de nombreux aspects sociaux et économiques. Mais pour ma part, quand je lis ça, il ne me vient qu'une chose à l'esprit : le réseau de bibliothèques est là pour ça, à condition qu'il puisse s'adapter à temps à ces défis.
Je vois là, tracé en creux, le projet d'une bibliothèque des années 2010, la bibliothèque citoyenne point d'accès à la société de l'information, celle que j'évoquais en anticipation des municipales de 2020.
Ce qui m'inquiète un peu, c'est que la liste des intervenants pressentis n'indique aucunement que les organisateurs ont eux aussi pensé aux bibliothèques en le préparant...
De toute façon, au-delà de l'exemple spécifique de Reims, les premiers à convaincre sont peut-être les bibliothécaires eux-mêmes.
Oui, une bibliothèque c'est un lieu, des livres, des revues, de l'audiovisuel avec plein de services autour. Mais je vois mal aujourd'hui comment un projet de création de bibliothèque pourrait ne pas mettre en avant une offre numérique avec plein d'ordinateurs pour le public et du personnel pour l'accompagner et le former. Il est bien temps de rattraper l'erreur du tournant des années 2000, qui a vu les bibliothèques confier majoritairement ces missions à des agents non titulaires (en emploi-jeune le plus souvent) affectés à des "espaces" pas toujours intégrés au fonctionnement "normal" de la bibliothèque.
Ces missions sont désormais au coeur du rôle des bibliothécaires. A eux de de s'organiser et de se former en conséquence, si nécessaire, pour les assurer. Sinon, gageons que d'autre services publics sauront les supplanter.

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