
Bon, le titre de ce billet est peut-être accrocheur, mais il n'est pas des plus rigoureux. Je n'entends pas parler ici stricto sensu de la loi sur la responsabilité des universités et de ses conséquences sur le fonctionnement des SCD. Mon but est simplement de témoigner d'expérience sur l'évolution de la situation d'un SCD au sein de son université au cours de l'année universitaire en cours. Je n'entends pas non plus rentrer dans le détail de certaines des situations évoquées, qu'il ne m'appartient pas de divulguer. En tout cas, il est clair que certaines questions évoquées au cours de la discussion et au moment de l'adoption de la LRU ont désormais des effets concrets sur le fonctionnement de notre SCD, rarement positifs malheureusement. Passons-les en revue.
La représentativité du SCD au sein des instances de l'UniversitéLà où, réglementairement, la direction de notre SCD participait de façon consultative au conseil d'administration, au conseil scientifique et au conseil des études et de la vie universitaire, le SCD n'est plus désormais invité à assister qu'à ce dernier conseil.
Pire, notre directrice n'est plus convoquée pour les réunions administratives réunissant les responsables des composantes et les directeurs de services centraux, au prétexte je suppose qu'un service commun n'est pas un service central.
Cette régression n'a rien de symbolique. Participer de plein droit à une réunion de direction, ou de façon consultative à la réunion d'un conseil, c'est rencontrer les premiers partenaires du SCD (représentants élus du personnel et des étudiants, collègues des services administratifs), c'est donc être au courant des projets et de l'actualité de l'université, c'est être en mesure de rappeler l'action du SCD autant que de besoin et de faire des propositions adéquates en fonction des objectifs fixés et des projets engagés.
La gestion autonome du budget par l'universitéNous avons eu à faire face à deux coups durs pour la fin de la gestion 2008 et l'élaboration du budget 2009. Tout d'abord, le service Recherche n'a pas reversé au SCD la quote-part prévue sur les abonnements aux ressources électroniques, contrairement aux engagements pris de longue date, dont le budget voté du SCD tenait compte. L'arbitrage de la Présidence sur ce point n'est pas allé au-delà de la promesse d'un versement de cette contribution en 2009, versement toujours aussi difficile à obtenir à l'heure où j'écris.
Par ailleurs, l'Université a décidé à partir de 2009 de ne plus attribuer au SCD les sommes versées par l'Etat correspondant à la compensation des dispenses de droits d'inscription à la bibliothèque pour les étudiants boursiers. Le conseil de la documentation a exprimé son désaccord en votant pour un budget ne tenant pas compte de cette mesure. La seule réponse de l'Université aux élus de ce conseil a consisté à maintenir sa décision initiale.
Du point de vue du SCD, il y a quand même des aspects positifs à l'autonomie de gestion budgétaire laissée à l'équipe de direction de l'Université. Par exemple, l'ensemble des projets proposés par le SCD au titre du Plan Licence a été approuvé par le conseil d'administration, avec le vif soutien du vice-président concerné. Il n'en reste pas moins que, dès cette année, notre budget s'est retrouvé significativement en baisse (plus de 100 000 €).
La gestion du personnel du SCD prise en main par la PrésidenceS'il dirige toujours son service, depuis la parution du décret
2009-207 du 19 février 2009 un directeur de SCD ne dirige plus explicitement son personnel par délégation du Président. Pour nous, cela a eu des conséquences presque immédiates puisque, lorsqu'il s'est agi ce printemps de prévoir la constitution d'un pôle centralisé pour la fonction comptable dans le cadre des réorganisations liées à l'adoption prochaine d'un nouveau logiciel de gestion, la décision (pas encore finalisée à ce jour) portant sur le nombre de postes reversés par le SCD à ce pôle et sur l'identité des agents s'est faite sans consultation réelle de la direction du SCD ni accord des personnes concernées, ce qui est une double première chez nous.
Je constate après coup, et ça ne peut pas être un hasard, que ces faits relevés tout au long de l'année s'articulent exactement suivant
les trois points de modification du décret de 1985 portant création des SCD, tels que commentés il y a quelques temps par Olivier Tacheau, même si on sait par ailleurs que les choses ne se déroulent pas de la même façon dans toutes les universités.
Au vu de ces faits, les représentants élus du personnel du SCD au sein des différentes instances de l'Université ont adressé une lettre ouverte au Président, co-signée par une bonne partie du personnel.
Certes, un mouvement social d'ampleur est actuellement en cours, qui mobilise sûrement les énergies de l'équipe de direction, mais l'absence de réponse à cette lettre près d'un mois après son envoi est une preuve supplémentaire du manque de considération que le personnel du SCD peut être amené à ressentir.
Car nous vivons actuellement un paradoxe. On ne pourra pas longtemps d'un côté
mettre en avant les réalisations du SCD et la qualité des actions menées et de l'autre réduire ses moyens de fonctionnement et mépriser ses équipes.
Cette attitude ne va pas manquer d'influer à terme sur l'ambiance et la qualité du travail au sein du SCD. Ces dernières années, nos collègues ont eu à maintes reprises l'occasion de montrer leur bonne volonté et leur capacité à être un moteur du changement, par exemple à l'occasion de la fusion des sections et de l'ouverture de la nouvelle bibliothèque Droit-Lettres, de la mise en place de nouveaux services, de l'extension des horaires d'ouverture, du développement de la formation des usagers. Aurons-nous encore longtemps la capacité d'évoluer et d'innover si nous ne sommes d'évidence ni reconnus ni soutenus au sein de notre propre Université ?