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vendredi 27 février 2009

La bibliothèque citoyenne


Je relaie une information diffusée sur le blog du Bulletin des Bibliothèques de France et reprise sur le site de l'ENSSIB à propos du débat organisé par le BBF dans le cadre de la Journée des professionnels du Salon du Livre, le lundi 16 mars à 13h30.
En effet, un débat intitulé Les bibliothèques actrices de la citoyenneté : leur rôle dans l’intégration, la formation et l’insertion, c'est un sujet qui colle au plus près des centres d'intérêt de ce blog ! Cette thématique sera également développée dans le dossier du n° 2 de 2009 du Bulletin des Bibliothèques de France, à paraître fin mars.
Il sera question du rôle citoyen et social des bibliothèques, de leur offre de service en direction des populations immigrées non francophones, des jeunes préparant leur insertion professionnelle, des adultes en réinsertion.
Au-delà des actions particulières pour des publics spécifiques, il faut simplement toujours garder en tête que c'est par nature que les bibliothèques publiques ont un rôle citoyen.

C'est une coïncidence, mais la table-ronde de l'ENSSIB elle-même, organisée ce même lundi 16 mars à 17h30, porte également sur un sujet qui m'intéresse, les Bibliothèques Municipales à Vocation Régionale. Elle s'intitule Bibliothèques Municipales à Vocation Régionale, où en est-on ? et, lors de mon séjour à l'ENSSIB, j'ai justement eu l'occasion de plancher sur l'avenir des missions régionales des BMVR quelques années après leur inauguration à travers l'exemple de la Champagne-Ardenne.

Bibliothèques municipales à vocation régionale, où en est-on ?
Les bibliothèques actrices de la citoyenneté : leur rôle dans l’intégration, la formation et l’insertion

lundi 9 février 2009

Le prêt de bibliothécaires, quand est-ce qu'on s'y met ?


La première fois que j'ai parlé à mes collègues de proposer au public d'emprunter un bibliothécaire, que ce soit à l'ENSSIB, à Nancy ou à Reims, ils ont d'abord cru que je galégeais. Il y avait certes sûrement un peu de provocation dans mon propos, mais sur le fond je pense que c'est un service qu'il faut sérieusement envisager de mettre en place. D'ailleurs, ça doit commencer à rentrer dans les esprits puisque Jean-Charles en a mentionné le besoin en plaisantant dans un entretien à la presse.
Reste que je pense vraiment que c'est une piste à creuser.
Si l'on considère comme moi que le rôle d'une bibliothèque publique est au sens large de fournir un accès à l'information, en constituant des collections, en les mettant à la disposition du public et en fournissant un ensemble de services pour rendre possible et faciliter cet accès. Si l'on considère également que les bibliothécaires sont des professionnels de l'information, parfaitement à même de la traquer, de la traiter, de l'évaluer, de la mettre en forme et de la diffuser, alors on est en droit de regretter que trop souvent les bibliothécaires mettent en avant uniquement leurs collections, confinent leur propre rôle à la gestion de ces collections et oublient trop souvent que leurs compétences professionnelles pourraient directement être utiles à leur public dans sa recherche d'information. En résumé, un bon conseil est parfois bien plus efficace qu'un bon livre...!
Bien sûr, je force le trait. Il y a au moins deux activités dans lesquelles les compétences informationnelles des bibliothécaires sont utilisées directement au profit du public : les services de référence et la formation des usagers, même si, dans les deux cas, l'impact de ces services peut être limité par une restriction aux collections de la bibliothèque ou à l'explication d'une démarche.
Il me semble bien que l'intérêt de la mise en place d'un prêt de bibliothécaire serait double :
on mettrait en avant les compétences des bibliothécaires à la disposition des usagers tout en renversant la communication auprès du public en mettant en avant la fourniture d'un service d'information. Le prêt de document, les usagers savent ce que c'est et ils associent très fortement cette activité aux bibliothèques. Le prêt de bibliothécaire, c'est une offre qui risquerait de leur parler beaucoup plus qu'un service de renseignement ou une offre de formation.
Mais comment ça pourrait se passer un prêt de bibliothécaire et à quoi ça pourrait bien servir ?
On l'a compris, un prêt de bibliothécaire, ce serait la mise à la disposition d'un usager, pendant un temps donné, d'un bibliothécaire avec tout son bagage de connaissances pures, de techniques de recherche et de gestion de l'information, de connaissance des nouvelles technologies.
Un prêt de bibliothécaire ce serait, dans un cadre fixé par une charte, une liberté donnée à l'usager pour fixer le programme d'un entretien documentaire : faire une recherche, trier des informations, les mettre en forme, savoir utiliser un logiciel, faire le point des connaissances sur un sujet, créer un blog, s'inscrire à un service d'information, faire des démarches en ligne...
Même si, évidemment, un très grand nombre de bibliothèques françaises propose des entretiens de référence sur rendez-vous ou des séances de formations individuelles, je n'ai pas trouvé par une recherche empirique de service dont la communication tournerait autour de l'idée "d'emprunter un bibliothécaire".
Ce type de service existe pourtant de par le monde, notamment en Finlande, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, avec deux types d'option :
  • le prêt sur place pour le public au sens large de la bibliothèque
  • le prêt à domicile (au bureau ou dans le laboratoire) réservé au personnel des universités pour les BU
Quelle que soit l'option choisie, on a bien compris qu'il s'agit avant tout d'une démarche de service et d'une communication efficace, qui a toutes les chances de toucher son public. Alors, on se lance quand ?

Quelques liens à ce sujet :
A propos du service de la bibliothèque publique de San Francisco, chez Le bibliothécaire errant et dans le Marlene's corner.
En Finlande, les offres des bibliothèques de Bibban, Vantaa, et Espoo pour tous les usagers.
Au Royaume-Uni, les offres des bibliothèques de l'Institute of Education de Londres et de l'Université de Worcester, réservées au personnel.

PS : Avec l'illustration ci-dessus, j'ai forcé le côté provoc en grossissant le trait du parallèle entre le bibliothécaire et le document. Quand on sait la difficulté de beaucoup de nos collègues à accepter d'être identifié par le public, on imagine que, même les accros du catalogage ne sont pas prêts d'accepter de créer une notice à leur nom ! N'empêche, l'affichage des compétences des bibliothécaires à la disposition du public est un sujet connexe que j'ai prévu d'aborder ici de longue date...

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