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lundi 21 septembre 2009

Après le congrès de l'ADBU

L'ADBU à la bibliothèque Robert de Sorbon de Reims. Photo : Jean-Charles Houpier.
Le 39e congrès de l'ADBU s'est tenu à Reims en fin de semaine dernière.
Nous avons été contents d'avoir l'occasion de présenter notre bibliothèque à ceux des collègues qui ne la connaissaient pas encore. Une visite sympathique et riche d'échanges, même si je regrette pour ma part de n'avoir pas, comme je l'ai déjà fait par le passé, écorné le temps de visite des locaux pour prendre le temps de présenter certains outils et services invisibles lors de la visite car utilisant l'informatique.
Je n'ai assisté qu'à une partie des travaux du congrès, centrés sur l'économie de l'information scientifique et technique. Parmi celles auxquelles j'ai assisté, je retiens particulièrement deux interventions.
Celle de John Wilbanks d'abord, vice-président de Science Commons, impressionnant d'enthousiasme militant et de professionnalisme, qui a fait l'aller-retour de Boston pour présenter les différents projets de Science Commons qui visent à faciliter l'accès à l'information scientifique avec actuellement trois grands axes de travail : faciliter la ré-utilisation des résultats de la recherche scientifique en les "ouvrant" et en les qualifiant efficacement, développer des outils de recherche "en un clic" et permettre l'intégration de sources d'informations scientifiques fragmentées.

John Wilbanks a expliqué avoir accepté cette invitation à s'exprimer parce qu'il est convaincu de l'importance du rôle des bibliothécaires pour mener à bien de tels projets et il espérait faire avancer la réflexion sur ces questions en France et en Europe. La graine qu'il a plantée germera peut-être, mais sur le coup son intervention (en anglais) semble avoir laissé la majorité de l'auditoire sans réaction.

Le lendemain, c'est Lionel Collet, président de l'Université Lyon 1, qui s'exprimait en tant que président de la Conférence des Présidents d'Université. Sur le sujet des négociations avec les éditeurs pour l'acquisition des ressources électroniques, il a exprimé très fortement la volonté de la CPU de s'impliquer fortement, annonçant que Jean-Pierre Finance, président de Nancy 1 et son prédécesseur à la tête de la CPU, va, en plus des responsabilités qu'il vient de prendre au sein de l'ABES, s'impliquer fortement au sein du consortium Couperin et même, l'échelon national n'étant peut-être plus suffisamment pertinent pour ces négociations, porter le débat à l'échelle européenne au sein de l'EUA, l'association des universités européennes dont il est actuellement le seul membre français.

La dernière info du week-end n'est pas directement liée au congrès de l'ADBU, mais elle m'a été transmise par Jean-Charles Houpier, qui était présent à Reims (et qui a pris la photo ci-dessus). Et c'est stimulant : le jour où l'ADBU entamait son congrès, l'Université de Liège faisait sa rentrée académique. A cette occasion, le Recteur de l'Université Bernard Rentier prononçait son discours de rentrée et profitait de l'occasion pour honorer neuf personnalités faites docteurs honoris causa de l'université, sept passeurs de musique, parmi lesquels Robert Wyatt, Dick Annegarn, Archie Shepp, Arvo Pärt, et deux créateurs du world wide web, Tim Berners-Lee et Robert Cailliau. L'association des deux me plait, et le concert qui a clos la soirée a effectivement dû être exceptionnel. Ça fait envie et, si ça parait très éloigné des préoccupations des BU et de l'IST, quelque part je suis persuadé que ça ne l'est pas du tout !

lundi 14 septembre 2009

Prêt électronique de livres : l'expérience déprimante


Depuis mars 2006, notre SCD propose un prêt électronique de livres , expérimenté à l'origine dans le cadre d’un projet national piloté par la Direction de la Technologie (sous-direction TICE) du Ministère de l’Education nationale. Nous mettons à disposition des lecteurs un catalogue de près d'un millier de titres via la "librairie numérique" Numilog. Les lecteurs peuvent emprunter 2 ouvrages pour une durée de 7 jours.
A mon arrivée l'an dernier, je me suis réjoui d'apprendre que nous étions en mesure de diversifier notre offre avec une telle collection, incluse dans notre palette de services à distance.
J'ai assez vite déchanté, et avec un an de recul je dresse un bilan plutôt négatif.
Tout d'abord, j'ai été effaré quand je me suis rendu compte que le système mis en place était entièrement calqué sur le prêt de documents physiques : la bibliothèque est dotée de rayonnages virtuels en ligne contenant des exemplaires de livres électroniques qu'elle a acquis. Si un de ces livres est emprunté, il n'est plus disponible pour les autres lecteurs, exactement comme c'est le cas pour des documents physiques !
Je suis le premier à taper sur les éditeurs de revues électroniques, dont la politique tarifaire s'assimile souvent à la pratique des bandits de grand chemin, le couteau sous la gorge, " la bourse ou la vie" et tutti quanti, mais au moins le système mis en place est généralement fonctionnel et efficace : je peux sans trop me tromper affirmer à un groupe d'étudiants en Droit que, lorsqu'ils sortent d'amphi avec une recherche de jurisprudence à faire, ils n'en sont plus à se battre pour consulter le seul exemplaire papier d'une revue qui contient un commentaire d'une décision, mais ils peuvent tranquillement, de la BU ou de chez eux la plupart du temps, consulter l'article concerné en version électronique, tous ensemble ou presque.
Là non, le seul "plus produit" de Numilog par rapport à un livre imprimé c'est que l'emprunt se faire à distance. Sauf que l'ergonomie n'est pas au rendez-vous. Lorsque le service a été lancé, on pouvait consulter les livres empruntés avec le logiciel Acrobat Reader, ce qui ne posait pas de problème particulier puisque ce logiciel est déjà présent sur une très large majorité des ordinateurs. Depuis environ un an, afin je suppose de mieux gérer les "DRM" qui permettent de contrôler la durée du prêt et d'éviter le piratage des fichiers, Numilog demande à ses utilisateurs d'installer sur le poste un autre logiciel d'Adobe, Digital Editions.
J'ai eu une fois ou deux l'occasion, au téléphone, d'aider un lecteur à installer Digital Editions. Le moins que je puisse dire c'est que ça n'a pas été simple, et que j'ai poussé un grand ouf quand au bout d'une demie-heure la personne avait réussi à emprunter son document !
Mais l'autre problème que pose Adobe Digital Editions, c'est qu'il n'est pas installé sur nos postes publics, que les lecteurs n'ont pas les droits pour l'installer, et que de toute façon s'ils pouvaient le faire, ils ne pourraient consulter le document emprunté que sur la machine sur laquelle ils ont fait leur emprunt, par définition utilisée par de nombreuses personnes tout au long de la semaine. Bien sûr, ce service vise avant tout le prêt à distance, mais il y a quand même quelques références que nous avons uniquement en électronique et c'est quand même un comble de ne pas pouvoir proposer leur consultation sur place.
Si nous avons persévéré dans l'expérience Numilog encore cette année, c'est parce que, pour les livres entrés au catalogue plus récemment, deux modes de consultation sont possibles : l'emprunt avec Digital Editions, avec toutes les difficultés que je viens d'évoquer, ou la consultation en ligne, qui permet de consulter le livre dans son intégralité, sans formalité(uniquement en s'identifiant si on est à l'extérieur du campus) et sans quitter son navigateur.
Autant que je sache, il n'y a pas de limitation du nombre de consultations simultanées d'un livre, c'est donc un mode de lecture bien plus satisfaisant que l'emprunt proposé. Sauf que je me suis rendu compte avec horreur récemment que, l'analogie avec le document papier étant poussée jusqu'au bout, un livre électronique n'est consultable dans les rayons de notre bibliothèque virtuelle que si et seulement si il n'a pas été emprunté !
On en viendrait presque à déconseiller aux lecteurs d'emprunter ces livres pour qu'ils profitent au plus grand nombre et, en l'état actuel des choses, si j'avais à donner mon avis, j'opterais pour un retour en arrière plutôt que de persister à proposer un service non satisfaisant, en attendant qu'une formule d'abonnement calquée sur ce qui se fait pour les revues soit disponible.
Quand à mon lecteur qui n'avait pas d'ordinateur personnel et qui souhaitait consulter le livre Une approche de la problématique de l'identité : le Maghreb arabe contemporain de Mohamed Salah Hermassi (2004), la meilleure solution que j'ai eu à lui proposer, paradoxe des paradoxes, c'est de consulter les larges extrait du livre disponibles sur Google Books !!!