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mardi 26 janvier 2010

Emprunter un bibliothécaire, c'est possible !


Lancer des idées, faire des propositions, c'est bien. Tenter de les mettre en oeuvre, c'est mieux !
Il y a presque un an, j'ai lancé l'idée d'acclimater par chez nous le prêt de bibliothécaires. Aujourd'hui, et pour une expérimentation d'un semestre, nous proposons sur notre campus d'emprunter un bibliothécaire.

Les conditions de l'expérience sont les suivantes :

  • Le service est réservé au personnel universitaire du campus
  • Les possibilités d’emprunt sont de 1 bibliothécaire par trimestre pour une durée de 2h renouvelable 1h immédiatement après.
  • L'emprunt peut se faire sur place à la bibliothèque ou dans un bureau ou un laboratoire du campus Croix-Rouge.
  • Les bibliothécaires concernés sont les quatre conservateurs de la section, tous volontaires.
  • Les personnes intéressées rempliront un formulaire avant l'emprunt, pour évaluer la demande et déterminer quel bibliothécaire y répondra, et après, pour contribuer à l'évaluation de l'expérimentation.

La limitation au personnel universitaire - les enseignants sont le principal public visé - existe pour s'assurer d'être en mesure de répondre rapidement aux éventuelles demandes. La période, janvier à juin, a été choisie car c'est celle où nous sommes le moins pris par les sessions de formation à la recherche documentaire.

Pour ce qui me concerne, l'enjeu principal de l'expérimentation est de voir si une demande pour ce type de service existe ou non parmi le public visé.
Si c'est non, on retentera peut-être le coup en 2011 en visant cette fois-ci les doctorants et autres étudiants avancés.
Si c'est oui, espérons que le bilan de l'expérience permettra alors de vaincre les réticences d'un bon nombre de nos collègues.
En effet, si la proposition a fait l'unanimité sans soulever de problème particulier au sein de l'équipe de direction du SCD, elle a suscité une forte opposition au sein de la section. Pas tant sur la prestation de service proposée que sur l'analogie faite avec le prêt de documents pour la définir et la dénommer. Bien qu'ils ne soient pas amenés à participer directement au service, plusieurs collègues ont exprimé leur crainte d'être assimilés par extension à des objets et de voir ainsi se renforcer le manque de considération qu'ont certains enseignants pour les bibliothécaires. Ils craignent également que cette dénomination, par son manque de sérieux, dégrade l'image de marque de la bibliothèque. Pour ma part, en optimiste qui tente de rester lucide, je suis persuadé que mettre en avant nos compétences et nous rendre utile en rendant un réel service ne peut qu'améliorer nos relations avec les usagers...

mardi 5 janvier 2010

Une bonne année 2010 ?


Je vous la souhaite bien évidemment bonne à tous, cette année 2010, mais si, égoïstement, je la regarde arriver du point de vue du budget de notre SCD, je sais d'ores et déjà qu'elle ne sera pas bonne, voire même catastrophique.
Certes, la situation financière de notre université n'est pas brillante, globalement. Dans sa lettre de cadrage budgétaire, notre président rappelle que les deux précédents budgets ont été équilibrés via le recours à un prélèvement sur fonds de réserve (1,5 M € en 2008 et 0,75 M€ en 2009), un procédé auquel l'université ne souhaite plus recourir, d'autant moins que, dans le cadre du passage aux compétences élargies, il est réservé à l'investissement .
Ce même document précise que "La dotation de fonctionnement du service de documentation sera reconduite." Reconduite, sans tenir compte de l'inflation, ce n'est pas si mal, certes, mais évidemment ce n'est pas aussi simple. Car la structure du budget du SCD a largement évolué, ainsi que le périmètre de son activité.
Ainsi, depuis 2009, les 90 000 € de compensation pour la dispense de paiement des droits de bibliothèque des étudiants boursiers ne sont plus reversés au SCD, ou ont été intégrés à sa DGF sans qu'elle soit augmentée, ce qui revient au même.
De même, la lettre de cadrage budgétaire précise que "Le transfert des bibliothèques décentralisées vers les bibliothèques universitaires sera poursuivi afin de réduire une partie du surcoût que la structuration actuelle engendre." Réduction des surcoûts au sens large pour l'université, certes, mais pour le SCD, cela signifie bien, indépendamment des économies d'échelle, la prise en charge de coûts suplémentaires à budget constant. Cela est particulièrement vrai pour le réseau des bibliothèques de l'IUFM, intégré budgétairement au SCD en 2009, pour lequel le budget transféré n'a évidemment pas pris en compte la nécessaire mise à niveau de l'offre documentaire et de services amorcée dès l'an dernier.
Donc, pour résumer, on n'a pas plus d'argent pour faire plus de choses. Et si on s'intéresse à notre budget documentaire, qu'est-ce que ça donne ?
Et bien, sur un total de 1,3 M€ (J'arrondis tous ces chiffres), on a deux grosses masses financières qui augmentent mécaniquement car il s'agit d'abonnements :
  • Les périodiques imprimés (0,57 M€) qui repartent à la hausse (+ 3%) après une légère baisse en 2009 due à une vigoureuse campagne de désabonnements.
  • La documentation électronique (bases de données et périodiques : 0,54 M€) dont le coût fait un bond vertigineux de +34 %, malgré des décisions de désabonnements prises en 2009 et pour 2010.
    A ce sujet, l'attitude du secteur Recherche de l'université, représenté par son conseil scientifique, est édifiante. Alors qu'il contribuait jusqu'en 2007 pour un montant de 30 000 € au coût de la documentation électronique, il n'a pas versé cette somme en 2008 et a prétendu en 2009 qu'elle avait été intégrée à la subvention versée au SCD au titre du Plan Licence (prévu pour acquérir de la documentation de premier cycle !?!). Ce qui ne dispense évidemment pas bien sûr les enseignants-chercheurs qui en subissent les conséquences de se plaindre amèrement du moindre désabonnement à une ressource électronique.
Si vous avez bien suivi, vous aurez compris qu'il reste moins de 0,2 M€ (190 000 € en fait) pour ce qui, en ces temps de disette, constitue une malheureuse variable d'ajustement, les crédits pour l'achat de monographies.
Concrètement, pour notre section Droit-Lettres-Sciences Eco, les crédits inscrits au budget primitif pour l'achat de monographies se voient réduits de presque 50%, passant de 200 000 à 100 000 €. Les financements divers sollicités et obtenus en 2009 avaient porté ce budget à 250 000 €. Même si nos efforts pour sont redoublés en ce sens en 2010, il parait impossible de pallier cette baisse conséquente.
Pour ma part, je n'ai pas un lien affectif particulier avec les crédits de l'établissement qui m'emploie ni avec les collections qu'ils permettent d'acquérir. Ce qui me pose problème, ce sont les conséquences que les choix budgétaires qui ont été faits vont avoir sur la qualité du service fourni aux étudiants et leur contexte de travail.

Qu'on se comprenne bien. Si l'université a une double mission, de recherche et de formation, je considère que celle de formation initiale ou continue est primordiale. Or, voilà une université pluridisciplinaire, dont l'activité principale est la formation initiale en premier cycle universitaire, qui connait un fort taux d'échec ou d'abandon de ses étudiants, et qui fait des choix budgétaires tels qu'ils nient la volonté affichée encore récemment de faire des bibliothèques universitaires les partenaires de la réussite étudiante. Pour notre campus, l'évolution du budget des monographies correspond à une baisse de 12 € par étudiant !

Etant donné que l'exécutif de l'université ne semble ni entendre ni comprendre les arguments de ses bibliothécaires, il ne nous reste à espérer qu'une chose : que les étudiants se rendent compte assez tôt en cette année 2010 que le budget tel qu'il a été voté implique une réduction de moitié du nombre de nouveaux manuels et autres documents de référence, comme les codes juridiques, et qu'ils interviennent à temps pour redresser la barre lors d'une prochaine décision budgétaire modificative. A nous de les alerter...