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samedi 6 mars 2010

Franco et les métadonnées : 66 façons de le nommer, et plus


Il y a quelques semaines, mon ami et presque voisin Pol Dodu cherchait des informations sur un disque du chanteur Franco qu'il souhaitait chroniquer.  Il galérait pas mal et m'a demandé de l'aide.
Effectivement, ce n'était pas simple, sachant que, rien que sur le recto de la pochette, on trouvait au moins trois titres potentiels, "Mandola", "Keba na matraque" (un slogan, en fait) et "Le quart de siècle", ce dernier, titre collectif d'une série de disques, étant accolé à la fois au nom de l'artiste, agrémenté pour l'occasion du qualificatif "de mi amor", et à celui de son orchestre, qui contient des abbréviations.
Pas simple, d'autant plus que, contrairement à l'usage, le nom de l'artiste et le titre du disque ne sont pas repris sur les étiquettes centrales du disque. Sur la tranche, on retrouve simplement "Le quart de siècle de Franco de mi amor et le T.P. O.K. Jazz".

Quelques semaines plus tôt, Koranteng Ofosu-Amaah avait été confronté à un cas pratique à peu près similaire, comme il l'a raconté de manière distrayante et instructive sur sur son blog Koranteng's Toli : pris en pleine nuit de l'envie de réécouter un titre précis de Franco, il a galéré dans sa propre bibliothèque multimédia sans le trouver avant de prolonger sa recherche en ligne avec tout autant de difficultés.
Au bout d'un moment, il s'est amusé à répertorier les différentes orthographes utilisées par les 9000 auditeurs de Franco sur la version américaine de Last.fm. Il est arrivé à un total de 66, à comparer avec un autre groupe dont l'orthographe pose problème, Guns N' Roses, dont les un million et demi d'auditeurs n'ont utilisé "que" 56 variantes.
Dans cet exercice d'étude de folksonomie appliquée, Koranteg liste ensuite quelques-unes des causes de ces variations, de la casse aux abbréviations en passant par la ponctuation, le "et" et l'éperluette, le passage de l'anglais au français et le goût des africains pour la multiplication des titres honorifiques. Notons d'ailleurs au passage que "Franco de mi amor" n'apparait pas dans la liste, alors que ce fut apparemment l'un de ses premiers sobriquets.
Pour ceux qui vont de toute façon courir le vérifier, notez que la Bibliothèque nationale de France a retenu comme autorités Franco (1938-1989) d'un côté et OK jazz de l'autre, mais le nombre de formes rejetées confirme bien que la question n'est pas simple.
Ceux qui voudraient lire le billet original, 66 ways to Franco, tranquillement en écoutant la musique du Grand Maitre Franco Luambo Makiadi & Le Tout Puissant Orchestre OK Jazz peuvent le faire après avoir visité par exemple Franco et TPOK Jazz Restored.

2 commentaires:

Koranteng a dit…

Salut mon frere...

ça m'étonne un peu qu'on puisse séparer Franco de OK Jazz comme le fait la biliothèque nationale. Je pense que le grand maitre se disait jumeaux siamois avec son orchestre...

Peut être que t'aimerait lire un autre billet dans le même sens: Frisson de folksonomie.

mediamus a dit…

Bonjour,
Article intéressant sur un sujet épineux (quelque soit le genre musical, moins sans doute pour la variété) traité également avec humour sur Viva Musica en 5 chroniques :
http://viva-musica.blogspot.com/search/label/metadonn%C3%A9es
L'auteur Frédéric Neff interviendra aux prochaines rencontres des bibliothécaires musicaux à Aix lors d'une table ronde le 1er avril :
http://www.acim.asso.fr/spip.php?article303

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